15e dimanche ap. Pentecôte (28 août 2016)

Homélie du 15e dimanche après la Pentecôte (28 août 2016) (en format audio ici)

Les mensonges de l’islam (1)

 

Dans Ecclesia in Europa 57, St. Jean-Paul II écrivait : "Il est nécessaire de donner aux Chrétiens qui vivent au contact quotidien des musulmans une connaissance objective de l'Islam afin qu'ils sachent s'y confronter".

En raison de la très grave situation créée par l’islam conquérant en Occident en général et en France en particulier, il importe de connaître cette fausse religion pour essayer d’évangéliser les musulmans qui méritent de connaître la vérité qui, seule, rend libre (Jn 8, 32). Dans ce but, St. Thomas montre qu’il faut d’abord commencer à s’éloigner de l’erreur d’une religion démoniaque avant d’embrasser la Vérité qu’est le Christ, présent dans l’Église catholique. Depuis quelques années, de considérables progrès ont été réalisés par de vrais islamologues, pas ceux qui pullulent dans les réunions interreligieuses, mais les vrais scientifiques qui veulent la vérité même si elle dérange. Je m’inspire ici des travaux du P. Édouad-Marie Gallez, fsj, dans son ouvrage Le malentendu islamo-chrétien, Paris, Salvator, 2012 (chapitre 6) qui reprend certains des éléments de sa magistrale thèse doctorale : Le Messie et son prophète, 2 vol., coll. Studia arabica 1-2 (dir. Marie-Thérèse Urvoy), éditions de Paris, 2005.

  1. Une histoire falsifiée. Les véritables débuts de l’islam
    1. La vraie vie de Mahomet, mercenaire de l’hérésie judéo-nazaréenne

La réalité de l’histoire de Mahomet est celle d’ un ex-caravanier originaire des environs de Lattaquié (= Laodicea ad mare), au Caravansérail des Quoréchites[1]. L’islam, comme le montre d’ailleurs l’analyse de la langue arabe coranique, est donc originaire du Nord de la Syrie près de la frontière turque et n’a rien à voir avec La Mecque. Cette ville n’existait probablement pas avant la moitié du VIIe siècle[2]. En tout cas, il n’y mit jamais les pieds. Il n’en reste pas moins qu’il voulut imposer en 622 à Médine aux Juifs la Torah dans toute sa rigueur (interdiction du vin, lapidation pour adultère). Il insistait sur les droits des fils d’Abraham sur la Terre Sainte[3]. Mais il n’agit pas ainsi pour le compte des vrais Juifs (ceux d’aujourd’hui, successeurs du seul courant juif ayant survécu, celui des pharisiens) mais des hérétiques nazaréens auxquels Mahomet s’était rallié et servait de mercenaire[4]. Il diffusa cette foi dans sa tribu des Qoréchites puis à Médine lorsqu’il fuit la Syrie pour s’y réfugier[5].

Les Nazaréens ou Ébionites sont une hérésie des Judéo-Chrétiens attendant le retour du Messie qu’ils croient imminents au début du VIIe siècle et qu’ils envisagent uniquement comme un messianisme politique. Jésus n’est pas comme pour nous le Sauveur, Fils unique de Dieu ayant pris chair humaine). Au lieu de l’espérance chrétienne qui attend que Jésus se manifeste universellement dans Sa Gloire, étant vu de tous ceux qui vivront à ce moment-là (Mt 24, 27, Lc 21, 27, Mc 13, 26, Ac 1, 11), les Nazaréens l’ont transformé en redescente précise dans un endroit, repris par la tradition primitive islamique a toujours placé le retour du Messie-Jésus au Jardin des Oliviers. Il fallait cette conquête militaire de la Terre Sainte pour que pût revenir le Messie, associé à Jésus[6]. Ceux qui s’opposent sont les ennemis de Dieu[7].

Les musulmans se croient élus par Dieu pour faire advenir Son règne sur terre, par la force contre les impies que nous serions[8]. Les Omeyyades ont falsifié la date de mort de Mahomet, anticipée de 2 ans (à 632) pour empêcher de l’associer à la conquête de la Terre Sainte qui commence alors en 634 et auquel il participa (Jérusalem tombant en 637). Une première tentative de Mahomet avait eu lieu en 629-630 mais s’était soldée par le défaite contre les Byzantins de Mou’ra près du Jourdain[9]. La véritable hégire était de chercher des Alliés pour mener la conquête et permettre au nouveau peuple de Moïse (et de Jésus) le retour vers « la Terre » (Sainte)[10]. Ce n’est rien d’autre que reprendre ce que les Nazaréens appelèrent leur Exode (comme leurs ancêtres qui s’y rendaient sous Moïse et y pénétrèrent sous Josué) et qui s’appliquait à leur entrée en Terre Sainte permise par le calife Omar[11] mais le Coran le relocalisa l’événement en Arabie (« Jour du discernement » en sourate 8, 41) en l’identifiant à la bataille de Badr.

Face à l’imposture eschatologique des Judéo-Nazaréens du retour terrestre du Messie-Jésus qui n’advient pas à partir de 638 alors que toutes les conditions se trouvaient réalisées par la conquête de la Terre Sainte, le Coran, qui s’élabora postérieurement, le reporta à une époque ultime indéfinie[12]. Toutefois, le Coran utilise 4 fois l’expression « le Messie-Jésus » et 7 autres occurrences l’évoque de manière royale similaire. La sourate 4 (An-nisâ’) évoque l’enlèvement au Ciel de Jésus, situé au moment de la prétendue substitution d’un fantôme sur la Croix à Sa place (versets 157-158). Mais un passage, sans doute entre les versets 171a et 172, a été supprimé par la suite, qui indiquait ce que ferait ce Messie après son retour[13]. Qu’il soit toutefois bien clair que le Messie pour les musulmans ne ressemble pas plus que pour les Ébionites à ce qu’est réellement Jésus, notre Sauveur.

Ce sont les califes omeyyades qui ont déplacé le lieu du retour du Messie à Damas, sur le minaret de leur mosquée construite sur l’emplacement du vrai tombeau de St. Jean-Baptiste, pour légitimer leur usurpation. Il fallait juste camoufler les véritables lieux d’origine de l’islam d’avant l’Hégire. Raison pour laquelle ils inventèrent le passage grotesque du voyage nocturne sur la jument ailée Buraq à Jérusalem (il y a tout de même 3.000 km en aller-retour nocturne à faire entre La Mecque et Jérusalem !) pour resacraliser cette ville qui avait perdu avec l’invention de la version mecquoise tout son intérêt, pourtant évident pour des Nazaréens.

  1. Le vrai Coran en son élaboration par manipulations successives

Les liens entre le Coran et les Nazaréens sont tout juste évoqués dans les personnages de Waraqa ibn Nawfal, antérieur à Mahomet et appelé « Nazaréen » et Zayd, ayant suivi un enseignement « juif » (en fait nazaréen) à Médine (dont le nom ancien est Yathrib)[14]. L’assimilation du terme « nasârâ » à Chrétien[15] n’est pas tenable dans 10 occurrences sur 15, s’expliquant par des interpolations postérieures dans l’élaboration du texte coranique[16]. Dans les 5 autres, même les Saoudiens traduisent bien par Nazaréens.

Les califes de Médine puis de Damas ont utilisé à partir de 684 cette assimilation de nazaréens à Chrétiens en parallèle avec le pseudo-prophétisme de Mahomet lorsqu’il fut ressorti par des opposants chiites iraniens. Il fallait tenir que le Coran plutôt qu’enraciné dans une hérésie judéo-chrétienne nazaréenne était apparu ex nihilo, dans un milieu prétendument vierge de toute trace juive ou chrétienne (invention du polythéisme des habitants de La Mecque) et dans un endroit plus typiquement et purement arabe.

Le Coran est donc un texte inventé par l’homme, dans la 2nde partie du règne d’Omar (‘Umar : 634-644), soit vers 638-639[17]. Il est originellement un lectionnaire nazaréen (racine : qr’ = clamer, du syriaque qerônô’) remanié en retouches successives et autodafé des exemplaires contradictoires par le pouvoir des Omeyyades, à partir du calife ‘Abd al Malik (685-705). Ce même pouvoir qui n’hésite pas à affirmer que le califat est supérieur au rasûl (messager) qu’est Mahomet.

Dans la première version (attestée par ce qu’en rapporte St. Jean Damascène ou de Damas vers 735), ce serait dans son sommeil que Mahomet aurait reçu la pseudo-révélation du Coran. Après on a prétendu que l’archange Gabriel l’aurait dicté car il était question d’un homme qui dictait (sourate 25, 4-5).

Mahomet[18] n’est que très peu mentionné dans le Coran, ce qui devrait surprendre pour l’avoir soi-disant retranscrit fidèlement sous la dictée de l’archange Gabriel. En tout, 4 occurrences (plus 1 sous la forme ahmad) seulement pour celui qui est censé être le dernier et plus grand des prophètes[19]. Qui plus est des interpolations tardives visant à la manipulation des textes.

Mahomet est un surnom (Muhammad) pour un homme appelé Kusaï ou Qutham[20]. La traduction pour « loué » (racine hmd) est abusive et relève de la propagande islamique (en réalité, ce serait sabaha) mais plutôt « désiré (par Dieu, car passif) », celui qui est attendu comme le Messie, précisément. Ce titre lui a été donné par les Nazaréens car il était leur allié et devait faire à leurs yeux advenir le règne messianique de Jésus. L’idée en imposant la traduction de « loué » est d’essayer de faire coïncider ce surnom avec le Paraclet. En arabe, sans les voyelles, on ne voit pas la différence entre périklétos (« renommé » donc « loué ») et paraklétos[21]. Ce nom de Paraclet (Jn 14) est donné par Jésus à l’Esprit-Saint qu’Il annonce, mais les musulmans osent prétendre ainsi que Jésus annonçait en réalité la venue de Mahomet ! En trichant sans cesse avec les textes, on peut faire dire n’importe quoi.

Les textes furent en effet réinterprétés pour justifier les glissements. Ainsi de la question des 2 Marie. Les Saoudiens ont la solution : Mariam a vécu 1.200 ans ![22] En effet, le Coran identifie par 3 fois[23] Marie (Mariam), mère de Jésus à Mariam, sœur d’Aaron et Moïse. En réalité, c’est une manière de dire que la mère de Jésus serait une nouvelle Mariam du temps de l’Exode car un ancien midrash (interprétation par les Juifs) attribue à l’intercession de la sœur de Moïse le surgissement de l’eau du rocher lorsque le peuple hébreu errait dans le désert après le passage de la Mer Rouge. De la même manière, la mère de Jésus a donné au nouveau peuple (des baptisés) pérégrinant dans le désert de ce monde la nouvelle eau vive qu’est son Fils[24]. On voit bien par cette interprétation qu’on est loin d’un cadre ex nihilo païen polythéiste de La Mecque mais bien à un substrat judéo-chrétien syrien, malheureusement hérétique.

Par ailleurs les musulmans, qui refusent la Très Sainte Trinité, nous appellent, nous Chrétiens, associationnites à partir de la sourate 5, verset 116 : « Vous ai-je dit de me mettre, moi et ma mère, comme dieux à côté de Dieu ? ». Certains d’entre eux croient même naïvement qu’on croirait à une Trinité composée de Dieu le Père, de Jésus et de la Vierge Marie. En fait, l’expression « mère de Jésus » était employée pour désigner l’Esprit-Saint chez les Assyro-Chaldéens[25]. Là encore, comment un tel lien serait-il possible si le Coran était né à La Mecque ?

Conclusion

Il est bien triste que les catholiques qui prétendent dialoguer au nom de l’Église avec les musulmans reprennent à leur compte toutes les affabulations de leurs « partenaires » sans le moindre esprit critique comme si c’était le rôle de l’Église de s’associer au mensonge islamique (accepté sans problème moral pour des « impies » = taqiya) pour légitimer une idéologie politico-religieuse mortifère, méprisant l’antique expérience de nos frères persécutés, les Chrétiens d’Orient. Seule l’exposé de la Vérité peut servir de base à un dialogue fructueux, si bien sûr des fatwa ne sont pas prononcées contre ceux qui osent sortir du politiquement correct car encore faudrait-il que tous, Chrétiens et musulmans, soient réellement intéressés par la Vérité, qui s’enracine dans l’histoire.

Pour poursuivre : http://lemessieetsonprophete.com

 


[1] p. 150, note 2 et p. 166 dont la note 1 indique de nombreuses attestations d’ordre topographique.

[2] p. 150, note 2. Elle n’est attestée qu’après la mort du faux prophète Mahomet et renvoie à des villes mésopotamiennes !

[3] p. 147, note 2 citant Chronique de Sebéos, évêque arménien (datée de 660-670 pour sa 3e partie), cf. Spencer, Robert, Did Muhammad exist ?, Wilmington, Isi Books, 2012, p. 32. La Doctrina Jacobi (Patrologia orientalis 8, 1903, p. 715) (datée d’avant 640) reproduit la lettre du Juif Abraamès qui s’était rendu à Médine vers 627 : un Arabe annonce la venue du Messie et lui se demande s’il ne serait pas du coup le nouvel Élie annonçant sa venue, avant qu’un vieux sage lui explique que non (cf. Chronographie de Théophane (mort en 817), Patrologia greca 108, col. 687-690, qui reprend la chronique de Théophile d’Édesse mort en 785) pour l’an 622 : « les Juifs se sont attachés à Mahomet parce qu’ils le prenaient pour un de leurs prophètes »). Les Nazaréens et Mahomet jouaient un double langage : aux Arabes, annonce de la venue de Jésus-Messie, aux Juifs rabbiniques, ils étaient plus vagues sur son identité.

[4] p. 172

[5] p. 163.

[6] Pour la source islamique : Cf. Sourate 4, verset 157 avec le hadith : « Selon Abu Houraya, le Prophète a dit : ‘Par Celui qui tient mon âme en sa main, la descente de Jésus, fils de Marie, est imminente ; il sera pour vous un arbitre juste (…). Il mettra fin à la guerre et il prodiguera des biens tels que personne n’en voudra plus » (p. 164, note 1). La suite est très postérieurement ajoutée disant qu’arrivé sur l’esplanade des mosquées Jésus tuerait les porcs et casserait les croix. Pour la source juive : « Il (Mahomet) proclamait la venue du Messie qui allait venir » (Doctrina Jacobi, V, 16, 209).

[7] p. 170-171.

[8] p. 161 : « Imposer une société universelle qui serait conforme aux décrets divins reste un moteur identitaire essentiel de l’islam ». « Vouloir imposer la volonté de Dieu sur la terre (…) se cristallise dans la charia ».

[9] p. 162 et note 3, cf. Crone, Patricia, Cook, Michael, Hagarism. The Making of the islamic World, Cambridge University Press, 1977, p. 24. Cf. p. 174, note 4 qui vocalise l’arabe suivant la version de Régis Blachère et rétablit le sens actif et pas passif, absurde : « Les Romains (nom donné aux Byzantins, par eux-mêmes et leurs ennemis) ont vaincu au plus proche de la Terre (Sainte). (Mais) eux, après leur victoire, seront vaincus dans quelques années. À Dieu appartient le Sort dans le passé comme dans le futur. Alors les Croyants se réjouiront du secours de Dieu » (sourate 30, Ar-Rûm).

[10] p. 165, note 2 citant la sourate 5, 21 « Entrez dans la Terre que Dieu vous a prescrite » (et sans hésiter au contraire des Juifs autrefois, cf. Nb 13, 25 ; 14, 25, sourate 5, 20-26. Cf. sourates 7, 128 ; 19, 40 ; 21, 105.

[11] Surnommé « fâruq » = farouk, le Sauveur, dans Les Secrets de Rabbi Simon ben Yohay, p. 5, 154 ; notes 19, 23.

[12] p. 175.

[13] p. 149, note 1 : Gallez, E-M, Lamsiah, Simon, « Suspicions of Ideological Manipulation and Codicology : A Provisionnal Synthetic Approach », in Frühe islamgeschichte und der Koran, Symposion März 2012.

[14] P. 151-153.

[15] P. 144 et 152 : les Chrétiens n’ont jamais employé pour se désigner le terme de nazaréens mais « al masihîyun » (dérivé du mot Messie).

[16] La falsification introduisait des incohérences internes au Coran mais c’était préférable que de retracer l’histoire de cette hérésie. Ex : sourate 5, verset 51 : « Ô les croyants, ne prenez pas pour amis les juifs et les ‘nazaréens’ » et verset 82 : « En vérité, nous sommes ‘nazaréens’ ».

[17] p. 162, note 2.

[18] Il n’est pas nécessaire d’aller jusqu’à nier son existence comme certains le font devant le flou profond entretenu par les sources musulmanes sur leur faux prophète et vrai hérétique, p. 146.

[19] P. 146, note 2 : sourates 3, 144 ; 33, 40 ; 47, 2 ; 48, 29. Pour ahmad : sourate 61, verset 6.

[20] p. 146, note 1.

[21] p. 147, note 1.

[22] p. 159.

[23] Sourates 3, versets 35-36 ; 19, 28 ; 66, 12.

[24] p. 158-159 et note 1. Pour les Juifs, ce rocher frappé par Moïse s’était transformé en puits qui suivait miraculeusement les Juifs dans leurs pérégrinations. Cf. 1 Co 10, 3-4. L’identification par les Chrétiens fut vite abandonnée car Mariam avait été fautive, au contraire de la Très Sainte Vierge. Mais les nazaréens l’ont conservée et elle est passée ainsi à l’islam.

[25] p. 160.