4e dim Épiphanie (29 janvier 2017)

Homélie du 4e dimanche après l’Épiphanie (29 janvier 2017)

Cliquez ici pour l’écouter en format mp4

 

La tempête apaisée

L’évangile évoque le passage de la tempête apaisée (Mt 8, 23-27). J’aimerais vous proposer une lecture spirituelle de mon cru sur cet épisode.

  1. « Voici le bois de la Croix sur lequel est suspendu le salut du monde »

C’est par ce verset que commence l’adoration solennelle du bois de la Croix le Vendredi Saint et ce qui retient mon attention aujourd’hui, c’est avant tout le lien entre le bois et le salut, c’est à dire le moyen d’échapper à la menace de la mort. En effet, la tempête apaisée, présente finalement quelques hommes sur une embarcation de bois menacés par la mort. Ce thème du bois salvifique pour l’humanité parcourt toute la Bible.

  1. Noé sauvé par le bois de l’arche, sauve l’humanité de l’anéantissement

À commencer par le déluge où Noé n’est sauvé, avec huit personnes, que par le bois de l’arche. L’humanité est perdue par le péché et Dieu doit la recréer à partir d’un seul homme ou plutôt d’un seul couple : « Le Seigneur vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre, et que toutes les pensées de son cœur se portaient uniquement vers le mal à longueur de journée. Le Seigneur Se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre ; Il s’irrita en Son cœur et Il dit : ‘Je vais effacer de la surface du sol les hommes que j’ai créés – et non seulement les hommes mais aussi les bestiaux, les bestioles et les oiseaux du ciel – car je me repens de les avoir faits’ » (Gn 6, 5-7).

St. Pierre fait lui-même l’exégèse de ce passage : « Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau » (1 P 3, 20). Il convient d’avoir une lecture sacramentelle de ces événements historiques, comme le fit d’ailleurs le prince des apôtres dans le verset suivant : « C’était une figure du baptême qui vous sauve maintenant : le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ » (1 P 3, 21). Les huit personnes n’évoquent-elles pas les sept sacrements et l’Église qui les administre, étant elle-même parfois considérée comme un huitième sacrement ?

L’eau et la mort évoquent le fait d’être ensevelis avec le Christ pour ressusciter avec Lui (Co 2, 12 : « Dans le baptême, vous avez été mis au tombeau avec lui et vous êtes ressuscités avec lui par la foi en la force de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts », cf. Rm 6, 4). Mais n’est pas figuré le seul signe de l’eau. À l’arche, Noé, 40 jours après avoir accosté au Mont Ararat, lâche après le corbeau une colombe, qui, au 3e essai d’oiseau comme pour les 3 jours de la mort, (le corbeau et deux fois la colombe : Gn 8, 7-11), revient avec le rameau d’olivier. L’olivier produisant l’huile, ce sont donc les sacrements où les huiles saintes sont utilisées qui sont figurés (baptême, confirmation, ordre, extrême-onction).

  1. Moïse sauvé par son panier de bois sauve les Juifs de l’esclavage

Mais l’eau et le bois évoquent aussi Moïse dans son panier. « Lorsqu’il lui fut impossible de le tenir caché plus longtemps, elle prit une corbeille de jonc, qu’elle enduisit de bitume et de goudron. Elle y plaça l’enfant, et déposa la corbeille au bord du Nil, au milieu des roseaux » (Ex 2, 3). Le Nil était tout à la fois le fleuve nourricier d’Égypte mais aussi un fleuve menaçant par ses crues au point que Nasser dut faire ériger le barrage d’Assouan (1960-1970). Déjà la plaie du Nil changé en sang évoque ce double aspect : lieu de vie/lieu de mort. Le nom même de Moïse est révélateur. « Elle lui donna le nom de Moïse, en disant : ‘ Je l’ai tiré des eaux’ » (Ex 2, 10) : מֹשֶׁה : MSH, Mosheh ou Moshé de MSYTHW, Mechitihou.

Comme Jésus, Moïse commande, par l’entremise de Dieu, aux eaux et aux vents : tant pour la première plaie (Ex 7, 14-25), que lors du passage de la Mer Rouge (Pessah signifie ce passage) avec toute l’ambivalence : la mer tue les Égyptiens et leur sert de tombeau mais laisse passer les Hébreux : « Moïse étendit le bras sur la mer. Le Seigneur chassa la mer toute la nuit par un fort vent d’est ; il mit la mer à sec, et les eaux se fendirent. Les fils d’Israël entrèrent au milieu de la mer à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche. Les Égyptiens les poursuivirent ; tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses guerriers entrèrent derrière eux jusqu’au milieu de la mer (…) Le Seigneur dit à Moïse : ‘Étends le bras sur la mer : que les eaux reviennent sur les Égyptiens, leurs chars et leurs guerriers !’. Moïse étendit le bras sur la mer. Au point du jour, la mer reprit sa place ; dans leur fuite, les Égyptiens s’y heurtèrent, et le Seigneur les précipita au milieu de la mer. Les eaux refluèrent et recouvrirent les chars et les guerriers, toute l’armée de Pharaon qui était entrée dans la mer à la poursuite d’Israël. Il n’en resta pas un seul » (Ex 14, 21-23, 26-29)

Moïse sauve son peuple et le chemin qui le conduit au salut va passer par l’obéissance à la Loi qu’il reçoit juste après être passé de l’autre côté de la Mer Rouge. Ces 10 commandements sont gravés sur des tables de pierre conservées dans l’arche d’alliance.

  1. Josué conduit le peuple élu en Terre Promise par le bois de l’arche d’alliance

N’oublions pas non plus un troisième épisode marquant : l’arche d’alliance qui traverse les eaux du Jourdain pour entrer dans la Terre de la Promesse. Josué, le successeur de Moïse, c’est littéralement le même prénom que Jésus, à savoir « Dieu sauve » (Yeshouah).

« Or, le Jourdain coule à pleins bords pendant toute la saison des moissons. Dès que les prêtres qui portaient l’arche furent arrivés au Jourdain, et que leurs pieds touchèrent l’eau, les eaux s’arrêtèrent en amont et se dressèrent comme une seule masse sur une grande distance, à partir d’Adame, ville voisine de Sartane ; et en aval, les eaux achevèrent de s’écouler vers la mer de l’Araba, la mer Morte. Le peuple traversa à la hauteur de Jéricho. Les prêtres qui portaient l’arche de l’Alliance du Seigneur restèrent immobiles, sur la terre sèche, au milieu du Jourdain. Alors tout Israël traversa à pied sec, jusqu’à ce que toute la nation eût fini de passer le Jourdain » (Jos 3, 15-17).

L’arche d’alliance a donc un pouvoir similaire à celui de Moïse, même si le fleuve du Jourdain est tout de même moins impressionnant à traverser à pied sec que la Mer Rouge. Mais tant pour sortir d’Égypte que pour entrer en Israël, le processus est similaire et la démarche est donc répétée. C’est ainsi que se manifeste la puissance de Dieu pour Ses élus et contre Ses ennemis : « À ceci, vous reconnaîtrez que le Dieu vivant est au milieu de vous, et qu’il vous mettra en possession du pays des Cananéens, des Hittites, des Hivvites, des Perizzites, des Guirgashites, des Amorites et des Jébuséens » (Jos 3, 10).

  1. La nécessité d’abandonner nos vies à la Providence divine
    1. Le frêle esquif de nos vies ballotté par les tempêtes

« Que diable allait-il faire dans cette galère ? » (Les fourberies de Scapin II, 7). Comme Géronte ne pourrions-nous pas en dire autant mais en l’appliquant à nos vies ? N’avons-nous pas parfois l’impression d’être des galériens, de porter tout le poids du monde, de suer sang et eau pour tâcher de progresser spirituellement, socialement, intellectuellement pour rien ? La tempête est en réalité une grande agitation, secousse (σεισμὸς μέγας = seismos megas), mouvement (motus magnus). Motus signifie aussi bien les mouvements des passions, les émotions. Nous pouvons être secoués par nos émotions.

Et pire que l’adversité, cette tempête n’est pas qu’extérieure mais aussi intérieure : la mort rôde autour de nous mais la mort du péché est en nous aussi. La mort, c’est la séparation du corps et de l’âme. Mais la mort spirituelle, c’est la même chose : quand notre âme vagabonde sans cesse loin du corps, pour s’attacher à mille choses, à tous les tracas de la vie de sorte qu’ils nous empêchent de vivre avec nous-mêmes, d’être d’abord présents à nous-mêmes pour être présents aux autres ensuite. Mais la mort spirituelle peut aussi être celle du corps mystique dont nous sommes membres qu’est l’Église.

  1. La fragile barque de l’Église

Il est d’usage de comparer l’Église à une barque. On n’appelle pas pour rien nef, c’est-à-dire bateau, les parties principales des églises encadrées par des colonnes et collatéraux. Une fresque du Giotto, surnommée la Navicella[1], impressionna Ste. Catherine de Sienne (1347-1380), qui dut, le 29 janvier 1380, porter tout le poids des misères de l’Église de son temps, le Grand Schisme d’Occident (1378-1417) qui vit s’affronter 2 voire 3 papes.

Le poids de la navicella pesait tellement sur ses épaules qu’elle en vacilla comme le montre sa statue, voisine du château St. Ange. Certes, le passage se réfère plutôt à l’autre tempête apaisée en Mt 14, 24-33 mais constitue un peu un mixte des deux. Mt 14 insiste plus sur la foi vacillante de Pierre qui doute et auquel Jésus doit tendre la main pour le sortir des eaux sur lesquelles il marchait et où il s’enfonçait. Mt 8 évoque plutôt la foi de tous les apôtres inquiets d’être submergés. On pourrait appliquer à l’Église le « Fluctuat nec mergitur » (il est battu par les flots mais ne sombre pas) de la devise parisienne.

De mes propres oreilles, j’ai entendu le cardinal Ratzinger lors de la messe d’entrée en conclave qui aboutit à son élection, comparer l’Église à une barque prenant l’eau de toute part. Pourtant, la situation est encore pire aujourd’hui ! Les rats pourraient vouloir quitter le navire mais il faut rester, prier et souffrir avec et pour l’Église qui donnerait pourtant parfois l’impression de se saborder elle-même tant les solutions existent et paraissent évidentes mais ne sont pas mises en œuvre. St. Augustin disait : « Reste donc dans ce vaisseau, et prie Dieu »[2].

Comment ne pas penser au songe de St. Jean Bosco de la fin mai 1862 où il vit le pape mener un combat naval apocalyptique à la tête de la nef de l’Église contre laquelle se déchaînaient les forces des ténèbres[3]. Et les deux piliers auxquels amarrer solidement la nef de l’Église sont l’Eucharistie et la Vierge Immaculée, qui forment avec le Pape les 3 blancheurs.

  1. La foi agit sur Jésus

Dans les deux épisodes de Mt 8 et 14, la foi est évoquée : elle réveille mais au sens de ressuscite Jésus, c’est-à-dire Celui qui en réalité, tient la barre du gouvernail de l’Église. En effet, c’est le même terme pour dire réveiller, se lever, ressusciter (ἤγειραν, ἐγερθεὶς). La foi « ressuscite Jésus » aussi modeste soit-elle (ὀλιγόπιστοι), au sens de le mettre en branle, de ne pas le laisser insensible, si bien qu’Il manifeste Sa puissance car c’est Le reconnaître comme Dieu.

L’Impératrice Zita avait un jour comparé sa vie à un bouchon chahuté sur les eaux : on est ballotté, sans savoir où l’on va, on a aucune prise sur rien[4]. Mais elle en profitait pour réaffirmer Sa foi et plus concrètement, s’abandonnait à la Divine Providence. La tranquillité qui survient (v. 26) évoque la paix qui est, selon St. Augustin, la tranquillité de l’ordre (« Pax omnium rerum, tranquillitas ordinis »[5]).

Conclusion

Mais cette tranquillité, cette paix, sont-elles de ce monde ? Rien n’est moins sûr ! Nous devons prier pour l’Église, sa hiérarchie, pour qu’ils restent fidèles. Les apôtres eux-mêmes croient un temps que Jésus serait un fantôme (Mt 14, 26). Aux dires de St. Augustin, les hommes, mais parfois aussi des prélats, sont tentés par l’hérésie du refus des conséquences de l’Incarnation : finalement le protestantisme et tous ses avatars.

L’Eucharistie est le corps du Christ, la Vierge est celle qui est mère parce qu’elle a donné Son corps au Fils de Dieu. Le prêtre est Celui qui incarne à toutes les époques et sous toutes les latitudes le corps de Jésus. Les 7 sacrements sont les signes visibles, corporels de l’action invisible de Dieu. Les saints, leurs reliques sont ceux qui ont vécu dans leur corps l’union à Dieu, parfois jusqu’à l’effusion de sang. Au milieu d’une tempête qui ne semble jamais vouloir s’apaiser, ils sont nos piliers, auxquels jeter l’ancre de notre espérance (He 6, 19-20).

 

[1] Elle figurait sur la façade de la première basilique vaticane, la constantinienne. Elle a été déplacée et reproduite en mosaïque, dans le narthex en face du portail de Filarete ou portail central. Mais la fabrique de St. Pierre en possède une copie sur toile de Francesco Beretta (1628).

[2] St. Augustin, Sermon LXXV sur Mt. 14, 337-340.

[3] Don Bosco vit la mer, et là, rangée en bataille, des vaisseaux innombrables remplis d'armes de toutes sortes. Cette immense armada s'apprête à livrer un assaut sans merci à un grand et majestueux vaisseaux, lequel commande à toute une flottille massée contre ses flancs. Et la bataille navale s'engage. Or, le vent s'est levé et la tempête se déchaîne. La mer démontée favorise les assaillants. Soudain, voici qu'apparaissent, dominant les flots en furie, deux colonnes. L'une, la plus grande, porte sur son faîte une lumineuse hostie, et sur le fût, cette inscription : SALUT DES CROYANTS. L'autre où sont gravés ces mots : SECOURS DES CHRÉTIENS, est surmontée d'une statue de la Vierge Immaculée, ayant un chapelet passé à son bras. Le socle des colonnes est garni d'ancres, de crochets et de chaînes. L'assaut tourne à l'avantage des agresseurs. C'est alors qu'apparaît à la proue du grand vaisseau l'homme qui en assume le commandement. Et c'est le Pape. D'où il devient désormais fort clair qu'il s'agit de la Nef de l'Église. Le commandant suprême du grand Vaisseau (le Pape) convoque à son bord les capitaines des vaisseaux auxiliaires (les Évêques) afin de délibérer des décisions à prendre. La tempête, un instant apaisée, se ranima plus violente, obligeant chacun des capitaines à regagner son navire. Une accalmie se fit sur la mer et l'hostilité des ennemis parut fléchir. La grande Nef reprit sa route. Le pilote suprême en profite pour appeler de nouveau les autres pilotes à son bord. Mais voici, soudain, que la tempête une fois encore se déchaîne, plus violente que jamais. Mais les colonnes sont toujours là, dressées immobiles sur la mer en furie. Et le Pape, tenant ferme la barre, s'efforce de maintenir la Nef entre elles deux. Or, le Navire est assailli de toutes parts et de toutes les manières. Les vaisseaux ennemis vomissent le feu de toutes les gueules de leurs canons, ou foncent sur lui, le frappant de leurs étraves cuirassées. Pourtant, quelque acharnement qu'ils mettent en leurs assauts, et quelques très grands dommages qu'ils infligent, les efforts des ennemis ne peuvent venir à bout de la grande Nef. D'un formidable coup de sa proue, un vaisseau des assaillants ouvre une large blessure dans le flanc de la Nef de l'Église. Mais un souffle mystérieux, venu des Colonnes, referma la brèche par où allait s'engouffrer la mer. La confusion se met alors dans la flotte ennemie. Dans le vacarme énorme du combat, ses propres vaisseaux se heurtent entre eux, se brisent et coulent. L'ennemi entreprend alors sur les ponts un corps à corps furieux ; les mains et les poings se tordent dans la mêlée, pendant que pleuvent blasphèmes et malédictions. Tout à coup le Pape est frappé. Il tombe, ses sujets le relèvent ; mais un deuxième coup l'abat ; il est frappé à mort. Un cri de victoire retentit. Sur les vaisseaux ennemis on exulte et on danse. La mort du Pape est à peine connue que le successeur est élu. Les adversaires perdent courage. Le nouveau Pontife passe à travers tous les obstacles et conduit le Vaisseau entre les deux Colonnes, où il amarre solidement la proue à la Colonne de l'Hostie et la poupe à celle de la Vierge. Alors, panique générale, désordre indescriptible. Tous les ennemis se dispersent. Leurs navires se heurtent et se brisent. Ceux qui coulent tâchent de faire couler les autres. Quelques vaisseaux qui avaient lutté vaillamment, pour le pape viennent, eux aussi, s'attacher aux colonnes. D'autres qui, loin du danger, avaient attendu prudemment la victoire, suivent leur exemple. «Sur la mer règne maintenant un grand calme ».

[4] « Je ne sais même plus si je repartirai en octobre : il y a des questions de famille qui surgissent en ce moment. Je devrais revenir à Paris pour quelques jours à la fin de ce mois. Enfin la Providence fait les plans au lieu de moi, et je suis une fois de plus le Stölpsel [bouchon] qui nage sur l’eau, sans bien savoir où le voyage le mène » in Lettre du 17-19 juillet 1953, Clairefontaine à ses sœurs moniales, Arch. Ste. Cécile Solesmes.

[5] In Bibliothèque Augustinienne 37, p. 740-741 : « « La paix du corps, c'est l'agencement harmonieux de ses parties, La paix de l'âme sans raison, c'est le repos bien réglé de ses appétits, La paix de l'âme raisonnable, c'est l'accord bien ordonné de la pensée et de l'action. La paix de l'âme et du corps, c'est la vie et la santé bien ordonnées de l'être animé. La paix de l'homme mortel avec Dieu, c'est l'obéissance bien ordonnée dans la foi sous la loi éternelle, La paix des hommes, c'est leur concorde bien ordonnée. La paix de la maison, c'est la concorde bien ordonnée de ses habitants dans le commandement et l'obéissance. La paix de la cité, c'est la concorde bien ordonnée des citoyens dans le commandement et l'obéissance. La paix de la cité céleste, c'est la communauté parfaitement ordonnée et parfaitement harmonieuse dans la jouissance de Dieu et dans la jouissance mutuelle en Dieu. La paix de toutes choses, c'est la tranquillité de l'ordre. L'ordre, c'est la disposition des êtres égaux et inégaux, désignant à chacun la place qui lui convient ».