9e dim ap Pentecôte (17 juillet 2016)

Homélie du 9e dimanche après la Pentecôte (17 juillet 2016)

La déploration sur Jérusalem et le châtiment divin face au refus de Dieu

Jésus pleure à la fois la ville sainte qui refuse de Le reconnaître mais fait aussi office de juge. Même s’il est aujourd’hui de bon ton de considérer que l’Église ne se serait pas substituée à Israël comme le nouveau peuple élu, force est de constater que traditionnellement, elle avait toujours affirmé l’inverse jusqu’à Nostra Ætate[1].

Quoi qu’il en soit, et sans tomber dans un antisémitisme religieux (contre le peuple « déicide »), nul ne peut nier la réalité historique de la réalisation de la prophétie de Jésus-Christ qu’Il est le premier à déplorer d’ailleurs. Le peuple juif a subi la destruction de la Ville Sainte une seconde fois après Nabuchodonosor (587). Méditons avec Dom Guéranger dans l’Année liturgique sur cet événement et son interprétation à partir de l’évangile : « Lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant : ‘Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux. Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ; ils t’anéantiront, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait’ » (Lc 19, 41-44).

  1. Dieu appelle à la pénitence mais n’est pas entendu
    1. Les avertissements d’avant l’an 66

Au fond, ce qui dérange le plus chez les croyants, c’est que Dieu puisse se lasser de n’être pas écouté et passer à autre chose et qu’Il puisse punir ceux qui ne lui obéissent pas. Pourtant, l’Ancienne Alliance n’est qu’une suite de promesses aussitôt reniées par les Hébreux : un juge intervient pour sauver de la part de Dieu le peuple d’Israël mais ensuite il n’est plus suivi[2].

Jésus savait bien sûr qu’il serait trahi par Son propre peuple élu. Il savait aussi que la ville sainte paierait cher[3]. Si Jésus mourut en l’an 30, les Juifs purent encore attendre 40 ans avant de subir le châtiment qu’ils appelaient eux-mêmes bien impudemment : « Tout le peuple répondit : ‘Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants !’ » (Mt 27, 25). L’un des principaux témoins historiques s’appelle Flavius Josèphe. Il a rédigé De la Guerre des Juifs (de Bello judaico). Bien que juif citant qui plus est un païen romain, il considère que c’est dû à l’intervention divine si la ville fut finalement prise et rasée en 70 par Titus. « Titus, entrant dans la ville, en admira surtout les fortifications et les tours que les tyrans, dans leur folie, avaient abandonnées (…) ‘C'est bien avec Dieu, dit-il, que nous avons combattu ; c'est Dieu qui chassa les Juifs de ces forteresses, car que peuvent contre ces tours les mains des hommes ou les machines ?’ »[4].

Moïse avait prévu aussi la punition si le peuple élu ne conservait pas l’Alliance[5]. L’avertissement avait été donné une première fois par le siège opéré par le légat de Syrie, Caius Cestius Gallus, en 66 sous les murs de Jérusalem. « Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin (…) Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, alors sachez que sa dévastation approche » (Lc 21, 9.20). Mais l’armée romaine qui aurait pu vaincre se retira sans qu’on comprit pourquoi si ce n’est que, bien malgré lui, Cestius Gallus accomplissait les décrets de la Divine Providence[6]. Cela permit aux Chrétiens de se retirer de la ville.

  1. Les débuts de la guerre juive sous Vespasien (66-67)

Le père de Titus, Flavius Vespasien, fut donc envoyé à Jérusalem par Néron dès 67 pour le remplacer. Il n’était alors qu’un obscur général mais allait devenir le nouvel empereur qui d’ailleurs était, d’après Suétone, attendu venant de Judée. Lui aussi subit un retard étonnant : il fallait que l’Évangile fut déjà solidement établi dans la nouvelle capitale de la Chrétienté, Rome, par le martyre des princes des apôtres, Pierre et Paul vers 67 (daté du 29 juin). C’est justement quelques jours plus tard, alors qu’il l’assiégeait depuis 47 jours que Vespasien put pénétrer dans Jotapat qui devait lui assurer la possession de la Galilée[7]. C’est l’un des rares survivants, Flavius Josèphe lui-même, qui décrit le combat. Ces terres du Nord du pays qui avaient reçu la visite du Fils de Dieu incarné étaient maintenant aussi les premières à en éprouver la puissance, pays qui n’avait pas accueilli Celui qui lui était envoyé (« Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays » (Lc 24, 4) et « Il est venu chez Lui, et les Siens ne L’ont pas reçu » (Jn 1, 11)).

Bien sûr, cela doit servir d’admonition pour toute personne et Nation qui bafoue les attentes de Dieu. « Oh ! Comme l’Église apprit alors, pour ne plus l’oublier, qu’aucune bénédiction, qu’aucune sainteté passée ne garantit un lieu de la souillure et de la ruine ! ». La Galilée avec ses villes avait été témoin de tant de miracles et ne s’était pas convertie et avait été maudite[8]. L’épître montre que les Hébreux, à peine libérés de la terre d’esclavage en Égypte, accumulèrent les fautes mais que Dieu leur gardait une infinie patience malgré les péchés. Cela nous donne la leçon que Dieu châtie ceux qu’ils aiment afin de les faire progresser : « Quand le Seigneur aime quelqu’un, il lui donne de bonnes leçons ; il corrige tous ceux qu’il accueille comme Ses fils » (He 12, 6).

À Jéricho aussi, près du lieu où St. Jean-Baptiste avait vu le dies iræ, jour de colère, pour l’engeance de vipères des pharisiens et sadducéens : « déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu » (Mt 3, 5-12). Là de nombreux fuyards ne purent passer le Jourdain grossi en ses flots, contrairement au moment où l’arche d’Alliance était passée pour l’entrée en Terre de la Promesse[9].

Pourtant alors que toute les contrées étaient conquises hormis Jérusalem, la chute de Néron (juin 68) allait apporter un bref répit aux Juifs. Les circonstances étaient apocalyptiques : aux tremblements de terre en divers lieux, aux pestes, aux signes dans le ciel, qui s’étaient multipliés dans les dernières années du tyran[10], s’ajoutèrent alors les soulèvements de nation à nation, de royaume à royaume (Lc 21, 10-11) avec l’année des 4 empereurs (l’an 69) : Galba, Othon, Vitellius, Vespasien, proclamés par des armées rivales, envoyaient les légions de Bretagne et du Rhin, de l’Illyrie et du Danube, s’écraser au rendez-vous sanglant de Bédriacum (près de Crémone, Lombardie). Vainqueurs et vaincus dévastaient l’Italie. Rome était prise par des Romains, tandis qu’aux frontières dégarnies apparaissaient les Suèves, les Sarmates et les Daces.

  1. Le châtiment de Jérusalem
    1. Le châtiment des élites juives

Le passage d’évangile se rapporte stricto sensu à la Semaine Sainte, est lié aux Rameaux. L’accueil fut triomphal mais ne trompait nullement le Christ qui savait que ce serait vain : ni le geste prophétique de chasser les marchands du Temple (qui pourtant permettaient le sacrifice des Juifs, devenu odieux à Dieu le Père par son hypocrisie alors qu’Il n’attend qu’un sacrifice intérieur, un cœur brisé et broyé, c’est-à-dire contrit), ni ses enseignements au Temple ne purent déciller les yeux des impénitents. « Malheur à la rebelle, l’impure, Jérusalem, la ville tyrannique ! Elle n’a pas écouté l’appel, elle n’a pas accepté la leçon, elle n’a pas fait confiance au Seigneur, de son Dieu elle ne s’est pas approchée. Ses princes, en elle, sont des lions rugissants ; ses juges, des loups de la steppe qui n’ont rien à ronger le matin ; ses prophètes sont des vantards, des imposteurs ; ses prêtres profanent ce qui est sacré, ils violent la Loi » (Soph 3, 1-4). « Le Seigneur lui dit : ‘Passe à travers la ville, à travers Jérusalem, et marque d’une croix (un tau) au front ceux qui gémissent et qui se lamentent sur toutes les abominations qu’on y commet’. Puis j’entendis le Seigneur dire aux autres : ‘Passez derrière lui à travers la ville, et frappez. N’ayez pas un regard de pitié, n’épargnez personne : vieillards et jeunes gens, jeunes filles, enfants, femmes, tuez-les, exterminez-les. Mais tous ceux qui sont marqués au front, ne les touchez pas. Commencez l’extermination par mon sanctuaire’ » (Ez 9, 4-6). Seuls ceux qui confessent donc la croix peuvent être sauvés.

Mais ce qui est le plus troublant est que le bras de Dieu ne pesa pas prioritairement à travers les Romains de Titus. Ce sont bien les Juifs eux-mêmes qui s’entre-déchirèrent[11]. Les chefs du peuple furent la victime de zélotes ou sicaires. Jérusalem était confiée au pontife Anan[12], beau-frère de Caïphe et dernier des cinq fils du grand prêtre Anne. « Par une disposition évidente de la justice souveraine, la famille coupable entre toutes du forfait du Calvaire devenait la tête de la Nation au moment final, pour indiquer nettement le sens des vengeances de Dieu sur son peuple. Indépendamment du grand crime dont la responsabilité pesait sur sa race, Anan d’ailleurs, personnellement, avait à expier la mort de saint Jacques, martyrisé par ses ordres en l’année 62 »[13]. Le grand-prêtre fut tué par des zélotes réfugiés dans le Temple (un mixte de bandes galiléennes de Jean de Giscala, ces révoltés et les pâtres d’Idumée), excités contre toute tentative de paix avec Rome. Ils firent des dizaines des milliers de victimes, surtout parmi les classes possédantes et influentes[14]. Ceux-là même que St. Jacques avait mises en garde[15]. Même Vespasien y vit la main de Dieu alors que ses généraux le pressaient d’intervenir en profitant des dissensions internes aux Juifs. Lui attendait que la ville tombât comme un fruit mûr. Il leur rétorqua que « Dieu est meilleur général que lui-même, quand Il livre les Juifs aux Romains sans que ceux-ci fassent d'efforts, et accorde à son expédition une victoire sans péril. Ils doivent donc demeurer à l'écart des dangers, spectateurs lointains des luttes où leurs adversaires se déchirent de leurs propres mains et s'abandonnent au plus grand des maux, la guerre civile »[16].

  1. Le châtiment du peuple juif

Les Juifs se divisèrent toujours plus : entre les zélateurs (Temple intérieur), les Galiléens Jean de Giscala (1èe enceinte du Temple) qui semaient la terreur et les troupes d’un voleur d’Idumée, Simon Bargiora. Le peuple l’acclama, ce Bar Gioras comme un sauveur, le même peuple qui avait voulu, 39 ans plus tôt, qu’on lui relâchât Barrabas plutôt que Jésus (Jn 18, 40). L’abomination de la désolation régnait ainsi sur le lieu saint, comme prédit par le grand prophète Daniel (Mt 24, 15). Ils brûlaient entre eux les nombreuses réserves accumulées mais qu’ils ne parvenaient pas à prendre à leurs frères ennemis, ce qui, bien sûr, hâtait le dénouement en faveur des Romains[17]. Ils s’envoyaient pourtant l’un à l’autre les gens qu’ils jugeaient pour soi-disant conspiration : « Moins de quarante ans auparavant, dans ces mêmes rues où tous les jours les principaux du peuple juif sont ainsi traînés ignominieusement de Simon à Jean et de Jean à Simon, une autre victime devenait de même, aux applaudissements des chefs de la nation, le gage d’une réconciliation hypocrite, et se voyait renvoyée d’Hérode à Pilate sous un vêtement de dérision pour chercher sa sentence » (Lc 23, 7-12).

La Pâque de l’an 70 vit accourir une nouvelle population dans la ville promise à la désolation, si bien que même la diaspora fut concernée par la terrible punition. Titus envoya sa 10e légion siéger sur le Mont des Oliviers d’où le Christ avait pleuré sur la Ville Sainte[18]. On a beau avoir voulu faire taire le prophète de malheur, un paysan digne d’Amos[19], le bien nommé Jésus fils d’Ananias qui annonçait depuis la fête des Tabernacles de l’année 62 les malheurs de la ville, sa prophétie se réalisa : « Voix de l'Orient, voix de l'Occident, voix des quatre vents, voix contre Jérusalem et contre le Temple, voix contre les nouveaux époux et les nouvelles épouses, voix contre tout le peuple ! (…) Malheur à Jérusalem ! »[20].

Les Romains se résolurent à encercler la ville (cf. Is 29, 2-3) et accueillaient les fuyards mais ils mourraient, le corps enflé, de manger trop goulûment après après été privés si longtemps de nourriture. Ou bien ils étaient tués par leurs troupes auxiliaires arabes et syriennes qui croyaient qu’ils avaient avalé de l’or, raison pour laquelle ils les éventraient, rappelant le supplice de Judas (Ac 1, 18)[21]. Finalement, ce furent les Juifs eux-mêmes qui mirent le feu au Temple que Titus voulait pour sa part préserver, ce que Flavius Josèphe estime être le dessein de Dieu : « le Temple que Dieu, depuis longtemps, avait condamné au feu ». De manière providentielle, il note aussi que cela intervint le 29 août 70 : « À cette même date le Temple avait autrefois été brûlé par le roi de Babylone (Nabuchodonosor). Mais l'origine et la cause de l'incendie doivent être attribuées aux Juifs eux-mêmes »[22].

Le bilan fut terrible : 110.000 victimes de la folie des Juifs et 97.000 prisonniers. Les bandits Jean de Giscala et Simon Bargiora furent choisis pour orner le triomphe de Titus (l’arc de triomphe où apparaît la table des pains de proposition et la menorah du Temple de Jérusalem est toujours bien visible sur la Via Sacra du Forum républicain à Rome). Ironie du sort : « deux bandits représenteront Jérusalem dans les rues de Rome, sa rivale ! Justes représailles d’en-haut pour les larrons dont la synagogue fit l’escorte de son Roi sur la voie douloureuse, et les compagnons du Christ au Calvaire ! ».

Conclusion :

N’oublions pas qu’à la Salette aussi l’impénitence (y compris du clergé catholique) suscite les pleurs de la Mère de Dieu qui arrête le bras vengeur de Son Fils, juste juge. « Priez et faites pénitence ! » répète toujours en substance la Mère de Dieu dans ses apparitions !

 


[1] Déclaration du concile Vatican II sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes, n°4 : « S’il est vrai que l'Église est le Nouveau Peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture ».

[2] « Lorsque le Seigneur suscitait pour eux un juge, le Seigneur était avec le juge, et Il les sauvait de la main de leurs ennemis aussi longtemps que le juge était en vie ; car le Seigneur se laissait émouvoir quand ils gémissaient sous la violence de leurs oppresseurs. Mais quand le juge était mort, ils recommençaient et poussaient la corruption plus loin que leurs pères : ils suivaient d’autres dieux, les servaient et se prosternaient devant eux ; ils ne renonçaient en rien à leurs pratiques ni à leur conduite obstinée. La colère du Seigneur s’enflamma contre Israël. Il dit : ‘Puisque cette nation a transgressé mon alliance, celle que j’avais prescrite à ses pères, et qu’elle n’a pas écouté ma voix, eh bien moi, je ne déposséderai plus devant Israël aucune des nations que Josué a laissé subsister avant sa mort’. Ainsi, le Seigneur voulait mettre à l’épreuve les fils d’Israël, pour voir si, oui ou non, ils marcheraient dans ses chemins, comme l’avaient fait leurs pères » (Jg 2, 18-22).

[3] « Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, alors sachez que sa dévastation approche. Alors, ceux qui seront en Judée, qu’ils s’enfuient dans les montagnes ; ceux qui seront à l’intérieur de la ville, qu’ils s’en éloignent ; ceux qui seront à la campagne, qu’ils ne rentrent pas en ville, car ce seront des jours où justice sera faite pour que soit accomplie toute l’Écriture. Quel malheur pour les femmes qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là, car il y aura un grand désarroi dans le pays, une grande colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés en captivité dans toutes les nations ; Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens, jusqu’à ce que leur temps soit accompli (…). Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas sans que tout cela n’arrive » (Lc 21, 20-24.32). Même si personne ne peut nier que cette prophétie s’applique plutôt au retour glorieux du Christ (v. 27 : « Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire »), on peut suive une lecture classique : apocalyptique mais non eschatologique.

[4] De Bello, VI, 9, 1 (409).

[5] « Le Seigneur lancera contre toi, comme un aigle qui plane, une nation venue de loin, du bout du monde, une nation dont tu ne comprendras pas la langue » (Deut 28, 49) et l’aigle peut être assimilé à l’aigle romaine (celle des étendards). NB : l’héraldique met aigle au féminin en tant que meuble (motif sur les blasons).

[6] « Cestius donc, ne pénétrant ni le désespoir des assiégés ni les vrais sentiments du peuple, rappela soudainement ses troupes, renonça à ses espérances, sans avoir souffert aucun échec, et, contre toute attente, s'éloigna de la ville. Sa retraite inattendue rendit courage aux brigands » (de Bello judaico, l. II, 19, 7 (540)).

[7] Dom Guéranger affirme que c’était le 29 juin, mais les historiens (Niese) semblent pencher pour le 20 juillet 67 aujourd’hui.

[8] « Alors Jésus se mit à faire des reproches aux villes où avaient eu lieu la plupart de Ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas converties : ‘Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, ces villes, autrefois, se seraient converties sous le sac et la cendre. Aussi, je vous le déclare : au jour du Jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous. Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu’au ciel ? Non, tu descendras jusqu’au séjour des morts ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, cette ville serait encore là aujourd’hui. Aussi, je vous le déclare : au jour du Jugement, le pays de Sodome sera traité moins sévèrement que toi’ » (Mt 11, 20-24). Cf. de Bello III, 9 sur 6.000 révoltés tués dans le lac de Tibériade. Cf. Amos 3, 2-3.

[9] De Bello, IV, 7.

[10] Sénèque, Natur. Quœst. VI, 1 ; Tacite, Annales XIV, 27 ; XV, 22 ; Sénèque, ibid. 27 ; Tacite, ibid. XVI, 13 ; Suétone, Vie des 12 Césars, in Nerone 39 ; Tacite, Hist. V, 13 ; Josèphe, de Bello VI, 5.

[11] Contrairement à ce que les Juifs craignaient, c’était le refus de Jésus qui les conduirait à leur propre perte et non de se faire Ses disciples : « Les grands prêtres et les pharisiens réunirent donc le Conseil suprême ; ils disaient : ‘Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation’ » (Jn 11, 47-48).

[12] De Bello II, 20, 3 (562).

[13] Cf. Origène, Contre Celse, (I, 47) écrit que Flavius Josèphe « bien que ne considérant pas que Jésus fût le Christ, cherche la cause de la chute de Jérusalem et de la ruine du Temple. Il aurait dû dire que l'attentat contre Jésus avait été la cause de ces malheurs pour le peuple, parce qu'on avait mis à mort le Christ annoncé par les prophètes. Mais, comme malgré lui, il n'est pas loin de la vérité quand il affirme que ces catastrophes arrivèrent aux Juifs pour venger Jacques le Juste, le frère de Jésus appelé le Christ, parce qu'ils l'avaient tué en dépit de son éclatante justice ».

[14] De Bello IV, 5, 1-4 (314-334).

[15] « Et vous autres, maintenant, les riches ! Pleurez, lamentez-vous sur les malheurs qui vous attendent. Vos richesses sont pourries, vos vêtements sont mangés des mites, votre or et votre argent sont rouillés. Cette rouille sera un témoignage contre vous, elle dévorera votre chair comme un feu. Vous avez amassé des richesses, alors que nous sommes dans les derniers jours ! Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs, le voici qui crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur de l’univers » (Jc 5, 1-5).

[16] De Bello IV, 6, 2, (366).

[17] De Bello VI, 3, 4 (201) rapporte que Marie, fille d'Eléazar, fit rôtir son propre fils.

[18] De Bello V, 2, 3 (67).

[19] Amos 5, 16 : « C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur, le Dieu de l’univers, mon Seigneur : Sur toutes les places, on fera des lamentations, dans toutes les rues, on dira : ‘Hélas ! hélas !’. On convoquera le paysan au deuil, et aux lamentations, les pleureurs ».

[20] De Bello VI, 5, 3 (288).

[21] De Bello V, 13, 4 (548).

[22] De Bello VI, 4, 5 (249). Dom Guéranger date par erreur du 4 août 70.