5e dimanche ap. Pentecôte (19 juin 2016)

Homélie du 5e dimanche de Pentecôte (dimanche 19 juin 2016)

Le Sacré-Cœur de Jésus et le Cœur Immaculé de Marie (2)

 

Poursuivons la méditation sur le Sacré-Cœur en évoquant aussi quelque peu le Cœur Immaculé de Marie. Nous verrons les difficultés pour une reconnaissance publique et les apports théologiques plus récents.

  1. Vers une reconnaissance officielle ?
    1. La diffusion du culte public

Le confesseur jésuite de la mystique visitandine Ste. Marguerite-Marie Alacoque, St. Claude de la Colombière, se fit l’apôtre du culte public à rendre au Sacré-Cœur. La première fête fut célébrée à Paray-le-Monial en 1685, en 1686 à Moulins et Dijon, en 1688 à Langres. En 1720, lors de la grande peste de Marseille, l’évêque consacra son diocèse au Sacré-Cœur dont il établit la fête en 1721.

En 1765 Clément XIII approuva la messe et l’office pour la Pologne, puis pour les Visitandines, enfin, les années suivantes, pour tous ceux qui le demandaient. La date fut fixée au vendredi après la Fête-Dieu. Pie VI en généralisa autorisât la Messe et l’Office (1779).

Le 12 août 1856, à la demande d’évêque français, Bx. Pie IX étendit la fête à l’Église Universelle (il béatifia aussi Ste. Marguerite-Marie en 1864). En 1861, l’Apostolat de la prière est créé par les Jésuites qui contribua grandement à diffuser cette dévotion. La Belgique est le premier pays à se consacrer en tant que tel au Sacré-Cœur. En 1873, un vaste pèlerinage est conduit par plus de 100 députés (l’Ordre Moral, députés monarchistes des débuts de la IIIe République) qui firent ensuite voter la déclaration d’utilité publique pour l’érection de la basilique du Sacré-Cœur payée par souscription publique. On espère alors sauver la France, menacée d’apostasie, par un retour de l’union entre le trône et l’autel, et Rome par la même occasion, grâce au Sacré-Cœur : espoir et salut de la France[1].

En 1899 avec Annum Sacrum qui est un peu son testament spirituel, Léon XIII l’éleva au rit double de première classe et surtout il consacra le genre humain au Cœur Sacré de Jésus. Il le fit avec l’inspiration et l’encouragement de Bse. Mère Marie du Divin Cœur[2], supérieur du Bon-Pasteur d’Angers à Porto. Enfin, en 1929, Pie XI composa une nouvelle messe et un nouvel office. Pie XII consacra de manière analogue le monde au Cœur Immaculé (dévotion de Fatima) dont la fête fut fixée au 22 août.

Les papes de cette époque ont souvent rédigé une encyclique qui en parlait : Pie XI avec Miserentissimus Redemptor (8 mai 1928), Pie XII avec Haurietis Acquas (15 mai 1956). Pourtant ce même texte, sur lequel nous reviendrons en tant que plus récent texte magistériel d’ampleur, atteste qu’il y a eu un refroidissement après la 2nde guerre mondiale, voire une réticence à diffuser cette dévotion, en lien bien sûr avec l’apostasie du monde moderne.

  1. Comparaison entre Paray et Vilnius/Łagiewniki

Il existe un lien très fort entre le culte du Sacré-Cœur et la dévotion eucharistique : qu’on se souvienne que le jeudi (jour de l’institution de la Sainte-Messe) après le Vendredi du Sacré-Cœur, est fêté le Cœur Eucharistique de Jésus. Un si joli vocable ! Cette proximité entre les deux est encore manifestée par l’adoration eucharistique répandue depuis le Sacré-Cœur de Montmartre ou Paray-le-Monial par la communauté de l’Emmanuel.

Non seulement Jésus fait miséricorde en pardonnant nos péchés mais en plus Il le fait en prenant notre place car il fallait bien qu’il y eût quelqu’un qui payât la dette en bonne justice : il a donc satisfait, par expiation, prenant notre place et ainsi le culte du Sacré-Cœur associe ces deux aspects de miséricorde et réparation. À Paray, on a usage d’invoquer l’abandon confiant à la Divine Providence en répétant : « Cœur-Sacré de Jésus, j’ai confiance en Vous ».

Par Ste. Faustine Kowalska, le Sacré-Cœur est bien présent : sur l’image que lui commande le Seigneur, Il est la source des rayons blancs et rouges symbolisant les sacrements du baptême et de l’Eucharistie et donc l’Église naissant du côté du Christ comme Ève naquit du côté d’Adam (St. Ambroise). Mais à Vilnius et Cracovie-Łagiewniki, Il est redimensionné à toute la personne : « Jésus, j’ai confiance en Vous » (Jezu ufam tobie)[3]. Pour l’Abbé Pradère, « La miséricorde divine est l’inculturation pour aujourd’hui du culte du Sacré-Cœur. Le message développe ce que sainte Marguerite-Marie avait déjà reçu à Paray-le-Monial au XVIIe siècle. La Pologne a d’ailleurs été le premier pays à accueillir le message de Paray-le-Monial, contrairement à la France qui a peiné à le recevoir… ».

Paray-le-Monial renvoie davantage à la réparation face aux prémices de l’apostasie. Il faut rendre amour pour amour à la suite de saint Jean. Tandis que Cracovie appelle plus à recevoir la miséricorde pour s’en faire ensuite missionnaires à la suite de St. Thomas. En résumé, la fête du Sacré-Cœur est comme un Vendredi saint spirituel, et celle de la Divine Miséricorde, comme un dimanche de Pâques spirituel.

À travers Ste. Marguerite-Marie, l’expérience de Jean est proposée à l’Église : un repos sur le cœur du Christ (vécu mystiquement par la religieuse à la St. Jean 1673, pendant l’adoration). On devient ami du Christ pour Le consoler de la tiédeur des autres. Jean était « installé tout contre Jésus » (Jn 13, 23) au moment où le Maître vit Son agonie secrète : la trahison de Judas, figure du refus de l’amour par une humanité blessée par le péché originel. « L’amour n’est pas aimé ». Par le don de la bouchée, connotation eucharistique évidente, Jésus porte Son amour au plus profond des ténèbres du cœur de l’homme pour le sauver. Vulnérable à l’amour, Il en a le cœur blessé. Marguerite-Marie reçoit la mission d’accepter l’amour de Dieu pour ceux qui ne L’aiment pas et Le consoler au pied de la croix avec Marie.

Derrière Faustine, on retrouve la figure emblématique de saint Thomas, vexé d’avoir ‘loupé’ le Ressuscité qui n’a fait aucun reproche aux Apôtres mais les a au contraire consolés, donné son Esprit et confié le ministère de réconciliation. Thomas aurait dû croire sans voir mais il demande une preuve supplémentaire. Jésus ne peut la lui refuser. L’incrédule fait une expérience personnelle de la miséricorde et en devient le plus grand missionnaire puisqu’il évangélisa pratiquement toute l’Asie. En mourant transpercé d’un coup de lance, il fut configuré au Maître, « jumeau » du Seigneur (signification de son surnom Didyme). Le message de Faustine est plein de cette ardeur missionnaire : « Apôtre de ma miséricorde, proclame mon insondable miséricorde au monde entier ».

  1. L’enseignement d’Haurietis Aquas
    1. Un culte de latrie est dû

L’Église adore[4] le Cœur de Jésus car c’est celui du Fils de Dieu : une seule personne divine mais avec 2 natures. Son Cœur est la partie la plus noble de Sa nature humaine. Par ailleurs, il est un signe ou symbole naturel de son immense charité envers le genre humain (HA 12) qui sert de modèle aussi pour nous aimer les uns les autres.

Dans l’Ancien Testament, l’obéissance due à Dieu était d’abord en vertu d’une alliance d’amour entre Dieu et les hommes[5]. Nombreuses sont les images d’amour entre un père et ses fils ou bien entre des époux qui montrent encore mieux que la sévérité ou l’autorité de la Majesté Divine qui est Dieu. Quand bien même cet amour semble si souvent à sens unique[6]. Certaines citations (« gravé sur les paumes », « scellé sur mon cœur ») annoncent les plaies de Jésus, blessures visibles d’amour, tatouages ou plutôt scarifications imposées par l’amour. La loi nouvelle est inscrite dans le cœur de l’homme mais le seul homme qui l’eut appliquée était Celui qui n’avait pas de péché[7]. Cette nouvelle alliance est scellée non dans le sang des animaux mais du Christ et elle donne la grâce et la Vérité. Jésus veut habiter en nos cœurs par la foi (Eph 3, 17-18). « En entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps » (He 10, 5).

  1. L’Incarnation : outre l’amour spirituel, un amour humain

Jésus s’offre au Père en sacrifice suffisant pour racheter toutes les fautes du genre humain, passées, présentes et à venir. Il fallait que ce fût un homme mais un homme-Dieu, c’est-à-dire parfait qui offrît ledit sacrifice. Il aime ainsi le Père avec lequel Il partage une même volonté et la Très Sainte Trinité aime l’homme au point de faire ce sacrifice[8]. Mais cet amour n’est pas que spirituel comme c’est normal pour un pur Esprit et comme cela transparaissait dans l’Ancien Testament. Par contre, « l’amour du Cœur même de Jésus-Christ, exprime non seulement la charité divine, mais encore les sentiments d’une affection humaine » (HA 21). Il faut tirer toutes les conclusions de l’Incarnation qui le rend capable de compatir mais nous donne Sa force[9]. Simplement, contrairement à nous qui avons souvent un cœur divisé, Ses affections étaient parfaitement unies (HA 22) et soumises à Sa volonté et raison, elles-mêmes soumises à la volonté du Père. Bref, Il n’avait pas en Lui le fomes peccati ou foyer de péché lié à la chute originelle.

Approfondissons. Dans l’Ancien Testament, l’amour de Dieu pour Ses créatures est un amour spirituel, malgré de très belles images de tendresse toute paternelle (voire maternelle !). Dans le Nouveau Testament, avec le mystère de l’Incarnation, ce n’est plus seulement une affection divine mais bien humaine qui s’exprime, en passant par un cœur de chair et de sang, physiquement identique au nôtre. On peut parler d’un triple amour du Christ :

  1. l’amour divin,
  2. l’amour de la volonté humaine du Christ[10] puisque aimer est un acte de la volonté,
  3. l’amour de sensibilité (puisqu’il nous a aimé aussi par Ses affects)[11].

À l’origine, on s’attardait peut-être plus à la face de Dieu qu’à Son Cœur humain qui pourtant en exprimes les émotions (HA 26[12]). Ce Cœur dont chaque battement était comme un signe d’amour, « ausculté » par St. Jean, a cessé de battre durant les 3 jours du tombeau avant de ressusciter et battre pour chacun des hommes.

Naturellement, la dévotion aux images représentant le Sacré-Cœur est parfaitement catholique et serait hérétique qui prétendrait le contraire (HA 57[13]). « C’est pourquoi, de cette chose corporelle qu’est le Cœur de Jésus-Christ et de sa signification naturelle, nous pouvons et nous devons (…) nous élever non seulement jusqu’à la contemplation de Son amour, qui est perçu par les sens, mais encore plus haut, jusqu’à la contemplation et l’adoration de son suprême amour infus ; et enfin (…) jusqu’à la méditation et l’adoration de l’amour divin du Verbe incarné » (HA 58). Passer de l’amour physique (affections sensibles) à l’amour spirituel humain (volonté humaine) puis à l’amour spirituel divin (volonté divine).

Conclusion

En conclusion la dévotion au Sacré-Cœur constitue l’un des éléments qui doit permettre de lutter contre le refroidissement de la charité et la reconquête spirituelle (« À cause de l’ampleur du mal, la charité de la plupart des hommes se refroidira » Mt 24, 12). Il est lié au culte rendu au Cœur Eucharistique de Jésus (HA 71) et aussi au Cœur Immaculé de Marie, mystiquement unis (HA 73). Pie XII avait d’ailleurs consacré l’Église et le monde à ce cœur. Poussée par un zèle mystique, l’Impératrice Zita avait essayé d’exercer avec prudence et respect une pression diplomatique sur Pie XI auquel elle écrivit le 5 août 1923 : « Notre ardent désir à nous tous qui portons cet habit de notre Mère Céleste (le scapulaire blanc du Cœur Immaculé révélé à Madère à la Servante de Dieu la Clarisse Mère Vírginia Brites da Paixão) est de le voir investi de nombreuses indulgences de la part du Saint-Siège, de le voir par-là répandu par tout le monde, et augmenter l’Amour et la confiance de tous en ce Coeur, qui, uni à Celui de son Fils très Saint, doit sauver le monde »[14].

L’encyclique Haurietis Aquas, a été rédigée pour fêter le centenaire de l’extension par Bx. Pie IX du culte à l’Église universelle. C’était il y a 50 ans. Nous sommes donc cette année à la 150e année. Faisons-en sorte de faire nôtre cette dévotion en assistant à la messe du 1er vendredi du mois ou en consacrant par exemple nos familles au Cœur Sacré de Jésus et apposant dans nos maisons cette image pieuse, en reprenant par exemple le modèle du Serviteur de Dieu Père Mateo Crawley Boewey (1875-1960), de la congrégation des Pères de Picpus ou Congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, ami de l’Impératrice[15]. Sa devise était : « Conquérir le monde entier à la Royauté du Cœur de Jésus, famille par famille ». Il faut reconnaître le Christ comme roi du foyer familial et des activités professionnelles.

Vous trouverez le rituel que doit normalement accomplir un prêtre sur ce lien :

http://www.salve-regina.com/salve/Rituel_de_l'intronisation_du_Sacr%C3%A9-Coeur_dans_les_foyers

 

[1] Louis XVI avait fait une consécration de la France au Sacré-Cœur en juin 1792. Cela explique aussi que l’Ouest où avait évangélisé St. Louis-Marie Grignon de Montfort ou ses disciples, eût choisi ce symbole pour le soulèvement vendéen puis chouan. En 1870, à la bataille de Loigny, le Sacré-Cœur était brodé sur la bannière des volontaires de l’Ouest, ce corps franc constitué autour de zouaves pontificaux, soutenus par des séminaristes qui prirent les armes, à la demande de leur évêque (Mgr. Pie, Mgr. Freppel et Mgr. David) pour défendre la patrie sous les ordres du Gal. de Sonis. Claire Ferchaud (Sr. Claire de Jésus Crucifié (1896-1972)) avait demandé lors de son entretien avec Poincaré à ce qu’il apposât sur le drapeau français le Sacré-Cœur. Il fit plutôt bon accueil à Claire le 16 janvier 1917 mais rien de concret n’aboutit, si ce n’est que le général Foch, l’un des 15 destinataires des lettres de Claire envoya ensuite aux autorités militaires fit une consécration privée le 16 juillet 1918 des forces françaises en tant que généralissime et commandant en chef du front de l’Ouest.

[2] Au siècle, comtesse Marie Droste zu Vischering, 1863-1899.

[3] Mais parfaitement fidèle aux enseignements passés : « « Ô sang et eau qui avez jailli du cœur de Jésus comme source de miséricorde pour nous, j’ai confiance en vous ! ».

[4] Adorer est rendre un culte de latrie, au contraire de la doulie pour les saints qui ne sont que vénérés.

[5] « Tu aimeras YHWH, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces commandements que je te donne aujourd’hui seront sur ton cœur » (Deut 6, 5) (HA 14).

[6] « C’est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n’a pas compris que je venais à son secours. Je le guidais avec humanité, par des liens d’amour ; je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue ; je me penchais vers lui pour le faire manger. Mais ils ont refusé de revenir à moi : vais-je les livrer au châtiment ? » (Osée 11, 3-4). « Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas. Car je t’ai gravée sur les paumes de mes mains » (Is 49, 15-16). « Pose-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras. Car l’amour est fort comme la Mort, la passion, implacable comme l’Abîme : ses flammes sont des flammes de feu, fournaise divine » (Cant 8, 6).

[7] « Mais voici quelle sera l’Alliance que je conclurai avec la maison d’Israël (…). Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple » (Jér 31, 33) (HA 18).

[8] « Il a parfaitement concilié les devoirs et obligations du genre humain avec les droits de Dieu, a été sans contredit l’auteur de cette conciliation admirable réalisée entre la divine justice et la divine miséricorde » (HA 20).

[9] St. Ambroise : « C’est pourquoi, ayant pris une âme, Il prit aussi les affections de l’âme ; Dieu, en effet, du fait qu’il était Dieu, n’aurait pu être ému ou mourir » (HA 25) et St. Augustin : « en sorte que si l’un d’eux venait, dans les épreuves humaines, à s’attrister et à souffrir, qu’il ne s’estime pas pour cela soustrait à l’action de sa grâce ; ce ne sont pas là des péchés, mais des marques de l’infirmité humaine, et, comme le chœur s’accorde à la voix qui entonne, ainsi son corps se modèlerait sur son propre Chef ».

[10] Car le Christ a bien 2 volontés contre l’hérésie monothélite.

[11] Dieu le Père que personne n’a jamais vu (Jn 1, 18) veut se laisser voir par Son Fils (Jn 14, 9). Il se laisse transpercer dans le cœur humain de Son Fils, image de la blessure que notre péché Lui inflige mais atteint en plein cœur, de là jaillissent les fleuves de sa miséricorde. Le cœur transpercé du Christ nous révèle ainsi les entrailles de miséricorde du Père (riche en miséricorde : « dives in misericordia », Eph 2, 4).

[12] Se référant à ST I-II, 48, 4 : « D'autre part, lorsque la colère entrave la raison, comme nous l'avons dit, son ébranlement atteint jusqu'aux membres extérieurs, principalement ceux où s'exprime plus clairement l'état du coeur, comme les yeux, le visage, la langue », même si cela n’est pas très heureux puisque semblerait contraire à la doctrine des pro-passions du Christ, capable de ne jamais se laisser submerger par les passions humaines.

[13] ST II-II, 81, 3, ad 3 : « Le culte de religion ne s'adresse pas aux images considérées en elles-mêmes comme des réalités, mais les regarde sous leur aspect propre d'images qui nous conduisent à Dieu incarné. Or le mouvement qui s'adresse à l'image en tant que telle ne s'arrête pas à elle, mais tend à la réalité dont elle est l'image. C'est pourquoi le fait que l'on rend un culte religieux aux images du Christ n'introduit aucune diversité dans le motif de latrie ni dans la vertu de religion ».

[14] C. Debris, Zita. Portrait intime d’une impératrice, Le Cerf, Paris, 2013, p. 104.

[15] Il était intervenu pour l’aider à trouver un logement lorsqu’elle dut quitter sa maison de Québec le 6 octobre 1948 (Arch. Archidioc. Québec, 1 TZ, Zita de Bourbon-Parme). Ses archives romaines contiennent aussi une bouleversante lettre de l’Impératrice du 10 juin 1948 en réparation pour l’apostasie de sa nièce Anne de Roumanie. (Arch. SSCC, Rome, P. Matéo, carton 162, correspondance Autriche 2, farde 162-6 : Famille Impériale).