Fête-Dieu (18 juin 2017)

Homélie de la Fête-Dieu (dimanche 18 juin 2017)

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La Fête-Dieu

Méditons sur l’origine de cette si belle fête, qui devrait normalement être associée à des processions où marcheraient derrière le Christ les corps constitués de la Cité (comme c’est toujours le cas à Fribourg en Suisse où c’est la fête de l’État, cantonal). Elle est un riche enseignement dogmatique sur le premier et le plus sublime de tous les sacrements.

  1. Histoire de l’institution de la Fête-Dieu
    1. Sainte Julienne du Mont-Cornillon

La foi en la présence réelle de NSJC dans le Saint-Sacrement de l’autel ne fut pas toujours partagée. Bérenger de Tours (998-1088) fut condamné au concile de Tours en 1050 (puis à de nombreuses autres reprises) pour sa doctrine contre la présence réelle. En réaction, le sensus fidei, instinct donné par l’Esprit-Saint de la vérité de la foi, fit que les fidèles réclamèrent de pouvoir adorer quelques instants Jésus dans le Saint-Sacrement par l’élévation de l’hostie juste après la consécration, pratique qui fut instituée à Paris en 1200 d’où elle se diffusa à l’Église universelle.

À partir de 1209, sainte Julienne, religieuse augustine de la léproserie du Mont-Cornillon, dans la principauté ecclésiastique de Liège (d’où partit aussi l’institution de la fête de la Trinité) eut des visions mystiques représentant une lune échancrée, c’est-à-dire rayonnante de lumière, mais incomplète, une bande noire la divisant en deux parties égales. Longtemps, elle n’en comprit pas la portée, jusqu’à ce que NSJC « lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Église sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace : c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement » (Benoît XVI, audience du 17 novembre 2010). Elle s’en ouvrit à la bienheureuse Ève de Liège qui la soutint, puis composa un office avec le conseil d’éminents ecclésiastiques dont Jacques Pantaléon, archidiacre de Liège. Le prince-évêque Robert de Thourotte fit célébrer une première Fête-Dieu en 1246 mais mourut peu après sans avoir pu l’officialiser. Sainte Julienne mourut en exil hors de la principauté de Liège, à cause des persécutions que sa mission divine lui valurent. La Bse. Ève poursuivit le travail et fut aidée par Jacques Pantaléon qui devint le 29 août 1261 pape sous le nom d’Urbain IV.

  1. Le miracle de Bolsenna

En 1263, un prêtre bohême, Pierre de Prague, avait fait un pèlerinage jusqu’à la basilique Sainte-Christine de Bolsena, au sud d’Orvieto et au nord de Rome. Il passait par une crise spirituelle profonde et demandait à la sainte d’intercéder pour que sa foi se fortifiât et chassât les doutes qui le tourmentaient, en particulier à propos de la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Le miracle eucharistique advint au cours de la messe, célébrée par le prêtre en présence de nombreux fidèles. Au moment de la Consécration, alors que le prêtre avait prononcé les paroles liturgiques sur les espèces du pain et du vin, l’Hostie qu’il tenait au-dessus du calice prit une couleur rosée et des gouttes de sang tombèrent sur le corporal et sur le pavement.

Le pape Urbain IV, immédiatement informé car résidant à Orvieto distant d’un peu plus de 20 km, vint lui-même constater le miracle. Il fit transporter une grande partie des reliques qui sont toujours conservées en la cathédrale d’Orvieto et exposées à la vénération des fidèles : l’hostie, le corporal et les purificatoires de lin pour essayer le Précieux Sang. À Bolsena, on peut encore voir l’autel du miracle dans la basilique Sainte-Christine, ainsi que quatre pierres tachées de sang. Comme à Lourdes, un miracle était donc venu confirmer les intuitions des hommes d’Église.

Urbain IV institua la fête du Corpus Domini par la bulle Transiturus de hoc mundo et confia alors à St. Thomas d’Aquin la rédaction de textes liturgiques pour cette solennité qu’il fixait au jeudi après l’octave de la Pentecôte. La fête fut ensuite confirmée par le pape Clément V en 1314.

  1. Exposé dogmatique : commentaire de la séquence Lauda Sion
    1. La transsubstantiation

Le Lauda Sion proclame « Sous des espèces diverses, simples apparences et non réalités, se cachent des réalités sublimes » (Sub divérsis speciébus, signis tantum, et non rebus, latent res exímiæ). Le vocabulaire technique employé par St. Thomas d’espèces, de signes et de choses ou réalités se réfère à la doctrine catholique de l’Eucharistie. Nous distinguons en métaphysique aristotélicienne deux choses : la substance et les accidents. L’accident est ce que nous voyons apparaître sous nos sens (le phénomène dirait Husserl), la chose telle qu’elle se présente à nous par la vue, le goût, le toucher, l’ouïe, l’odorat. L’Eucharistie sous la forme de l’hostie a les accidents du pain : blancheur de la farine de froment, goût de l’azyme, texture légère, absence d’odeur très particulière.

Toutefois ce qui est sa réalité profonde, sa substance (littéralement ce qui se tient en-dessous de ces apparences : sub-stare) a changé. Avant la consécration, c’était la substance du pain, identique aux accidents. Mais après, c’est devenu la substance du corps et du sang du Christ suivant l’espèce respective du pain et du vin. La transsubstantiation évoque cette transformation radicale, définitive et totale de la substance (« C’est une vérité proposée aux chrétiens, que le pain devient la chair et le vin le sang du Christ » = Dogma datur Christiánis, quod in carnem transit panis et vinum in sánguinem).

Dogme que refusent les protestants ce qui les rend hérétiques. C’est un miracle qui par définition intervient donc « en-dehors de l’ordre naturel des choses » (præter rerum órdinem) mais est renouvelé à chaque messe sans qu’on en prenne vraiment conscience ni ne puissions tout à fait le saisir. Mais des miracles plus manifestes l’attestent. Les nombreux miracles eucharistiques (Bolsenna, Lanciano en Italie centrale, Santarém au Portugal, Seefeld in Tirol et tant d’autres) qui furent souvent étudiés scrupuleusement montrent effectivement que le corps de NSJC est bien réel : un morceau de myocarde (cœur) avec un sang de groupe AB.

  1. Un sacrement singulier

L’Eucharistie a des particularités parmi les sacrements ayant une matière sensible. Elle « contient quelque chose de sacré en elle-même, absolument, à savoir le Christ Lui-même ». L’eau du baptême n’est pas sacrée en soit mais que par relation à autre chose : elle a la puissance de sanctifier l’âme. « C’est pourquoi le sacrement de l’eucharistie est pleinement réalisé dans la consécration même de la matière, tandis que les autres sacrements ne sont pleinement réalisés que dans l’application de la matière à l’homme qu’il s’agit de sanctifier »[1].

Tout sacrement revêt trois aspects :

  • sacramentum tantum (signe seul) : le pain et le vin[2] du sacrifice de Melchisédech.
  • res et sacramentum (réalité et signe) : le corps réel du Christ (corpus Christi verum)[3]. Son sacrifice fut préfiguré par celui d’expiation, le plus grand qui existait alors.
  • res tantum (réalité seule) : le corps mystique ou l’Église[4], préfiguré par la manne.

Dans l’Eucharistie la res et sacramentum réside dans la matière du pin et du vin mais la res tantum, c’est-à-dire la grâce conférée, réside dans celui qui communie. Alors que dans le baptême, les deux résident dans le sujet, le baptisé : la res et sacramentum est dans le caractère imprimé par l’onction et la res tantum est la grâce de la rémission des péchés[5].

  1. Institution et totalité

Le docteur angélique évoque l’origine de ce sacrement qui est le plus important de tous. Jésus s’est présenté dans l’évangile selon St. Jean comme le pain vivant descendu du Ciel. Pour être sauvé (panis vivus et vitalis), on doit manger sa chair. Qui pourrait être anthropophage ? Pour ne pas nous écœurer à la vue de la chair sanglante, Il a choisi de se cacher (Christus latus) sous des espèces plus appétissantes et normales pour nous. C’est Sa présence rendue permanente et accessible à toutes les époques et à tous les lieux.

La Sainte Cène du Jeudi-Saint où le Christ a institué ce sacrement se fit en présence des douze apôtres. Nous passons ainsi de l’Ancienne à la Nouvelle Alliance (ou Testament) : ce qui était préfiguré par d’innombrables antitypes (sacrifice d’Isaac par Abraham, sacrifice de Melchisédech, manne, bouc émissaire, agneau pascal) devient réel, humain (et non plus animal comme sous-traitant de la pénitence), plus intérieur (par l’Esprit-Saint qui vivifie/sanctifie de l’intérieur).

La moindre parcelle de l’hostie, la moindre miette est le corps et le sang du Christ. La moindre goutte du Précieux Sang est le Christ total. En effet, quelqu’un qui ne communierait qu’au précieux sang à cause d’une allergie au gluten ne serait privé de rien du corps contenu aussi dans l’espèce du vin. Cela est clairement signifié par « La chair est nourriture, le sang breuvage : cependant le Christ demeure tout entier, sous l’une et l’autre espèceOn le reçoit sans le diviser, ni le briser, ni le rompre : il est reçu tout entier (…). Si l’on divise la sainte Hostie, n’hésitez pas, mais souvenez-vous qu’il est autant sous chaque parcelle que dans le tout. Du Corps divin nulle brisure : seul, le signe est rompu ; ni l’état, ni la grandeur de la réalité signifiée n’est diminuée » (Caro cibus, sanguis potus : manet tamen Christus totus sub utráque spécie. A suménte non concísus, non confráctus, non divísus : ínteger accípitur (…). Fracto demum sacraménto, ne vacílles, sed meménto, tantum esse sub fragménto, quantum toto tégitur. Nulla rei fit scissúra : signi tantum fit fractúra : qua nec status nec statúra signáti minúitur).

D’où le respect dû à la distribution de l’Eucharistie qui ne saurait se satisfaire de l’abominable habitude de la communion dans la main qui, précisément, ne permet pas d’éviter des profanations. Non seulement il faut communier à la langue car les mains ointes des prêtres devraient être les seules à pouvoir toucher le corps du Christ mais encore, un plateau de communion sert à récupérer une parcelle qui pourrait se détacher. Parfois existe aussi la pratique d’une nappe liturgique qui poursuit le même but.

  1. Effets divers

Des centaines de millions de personnes reçoivent la sainte communion chaque dimanche. Le Christ n’est bien sûr pas épuisé par cela. Son corps eucharistique peut être multiplié à l’envie : « Un seul le reçoit, mille le reçoivent : celui-là autant que ceux-ci : on s’en nourrit sans le consumer » (Sumit unus, sumunt mille : quantum isti, tantum ille : nec sumptus consúmitur). Pourtant certains devraient se rappeler l’enseignement en guise d’avertissement solennel de St. Paul dans l’épître du jour (1 Co 11, 27-29) : « quiconque mangera ce pain ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable (reus) envers le corps et le sang du Seigneur. Que l’homme s’éprouve donc lui-même, et qu’ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice. Car celui qui mange et boit indignement, mange et boit sa condamnation, ne discernant pas le corps du Seigneur ». Malheur à ceux qui galvaudent le plus grand des sacrements. Avant on se confessait très souvent et on ne communiait que très rarement (parfois qu’à Pâques) : un excès sans doute, jansénisant.

Toutefois, l’Église est tombée dans l’excès inverse : tous les assistants à la messe se permettent de communier alors même qu’ils n’approchent plus auparavant « le tribunal de la pénitence » à la confession : que croient-ils qu’il adviendra pour eux au « tribunal de Dieu »[6]. Ils auront commis un sacrilège très grave et seront écartés à gauche avec les réprouvés pour la mort éternelle, là où il y aura des pleurs et des grincements de dents : « Les bons le reçoivent, les méchants aussi : mais que leur sort est différent, c’est la vie ou c’est la mort ! Mort pour les méchants, vie pour les bons ; voyez combien du même festin, différente est l’issue » (Sumunt boni, sumunt mali sorte tamen inæquáli, vitæ vel intéritus. Mors est malis, vita bonis : vide, paris sumptiónis quam sit dispar éxitus).

En effet, l’Eucharistie doit nous incorporer au Christ, nous configurer au Fils de Dieu, faire de nous des fils adoptifs dans le Fils par essence : « faites de nous là-haut les commensaux, les cohéritiers et les compagnons des saints du ciel » (tuos ibi commensáles, coherédes et sodáles fac sanctórum cívium). Comment le péché pourrait-il subsister en présence de Dieu ? Il serait consumé par un feu dévorant. Demandons la grâce de la filiation adoptive et sachons l’accueillir humblement, reconnaissant nos fautes.

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Séquence du Lauda Sion :

 

Lauda, Sion, Salvatórem, lauda ducem et pastórem in hymnis et cánticis.

Loue, Sion, ton Sauveur, loue ton chef et ton pasteur, par des hymnes et des cantiques.

Quantum potes, tantum aude : quia maior omni laude, nec laudáre súffícis.

Autant que tu le peux, ose le chanter, car il dépasse toute louange, et tu ne suffis pas à le louer.

Laudis thema speciális, panis vivus et vitális hódie propónitur.

Le sujet spécial de louange, c’est le pain vivant et vivifiant, qui nous est proposé aujourd’hui.

Quem in sacræ mensa cenæ turbæ fratrum duodénæ datum non ambígitur.

Le pain qu’au repas de la sainte Cène, aux douze, ses frères, Jésus donna réellement.

Sit laus plena, sit sonóra, sit iucúnda, sit decóra mentis iubilátio.

Que la louange soit pleine et vivante ; qu’elle soit joyeuse et magnifique, la jubilation de l’âme.

Dies enim sollémnis agitur, in qua mensæ prima recólitur huius institútio.

Car c’est aujourd’hui la solennité, qui rappelle la première institution de la Cène.

In hac mensa novi Regis, novum Pascha novæ legis Phase vetus términat.

A cette table du nouveau Roi, la nouvelle Pâque de la nouvelle loi met fin à la Pâque antique.

Vetustátem nóvitas, umbram fugat véritas, noctem lux elíminat.

Au rite ancien succède le nouveau, la vérité chasse l’ombre, la lumière dissipe la nuit.

Quod in cœna Christus gessit, faciéndum hoc expréssit in sui memóriam.

Ce que le Christ accomplit à la Cène, il a ordonné de le faire en mémoire de lui.

Docti sacris institútis, panem, vinum in salútis consecrámus hóstiam.

Instruits par ses ordres saints, nous consacrons le pain et le vin en l’hostie du salut.

Dogma datur Christiánis, quod in carnem transit panis et vinum in sánguinem.

C’est une vérité proposée aux chrétiens, que le pain devient la chair et le vin le sang du Christ.

Quod non capis, quod non vides, animosa fírmat fides, præter rerum órdinem.

Sans comprendre et sans voir, la foi vive l’atteste contre l’ordre habituel des choses.

Sub divérsis speciébus, signis tantum, et non rebus, latent res exímiæ.

Sous des espèces diverses, simples apparences et non réalités, se cachent des réalités sublimes.

Caro cibus, sanguis potus : manet tamen Christus totus sub utráque spécie.

La chair est nourriture, le sang breuvage : cependant le Christ demeure tout entier, sous l’une et l’autre espèce.

A suménte non concísus, non confráctus, non divísus : ínteger accípitur.

On le reçoit sans le diviser, ni le briser, ni le rompre : il est reçu tout entier.

Sumit unus, sumunt mille : quantum isti, tantum ille : nec sumptus consúmitur.

Un seul le reçoit, mille le reçoivent : celui-là autant que ceux-ci : on s’en nourrit sans le consumer.

Sumunt boni, sumunt mali sorte tamen inæquáli, vitæ vel intéritus.

Les bons le reçoivent, les méchants aussi : mais que leur sort est différent, c’est la vie ou c’est la mort !

Mors est malis, vita bonis : vide, paris sumptiónis quam sit dispar éxitus.

Mort pour les méchants, vie pour les bons ; voyez combien du même festin, différente est l’issue.

Fracto demum sacraménto, ne vacílles, sed meménto, tantum esse sub fragménto, quantum toto tégitur.

Si l’on divise la sainte Hostie, n’hésitez pas, mais souvenez-vous qu’il est autant sous chaque parcelle que dans le tout.

Nulla rei fit scissúra : signi tantum fit fractúra : qua nec status nec statúra signáti minúitur.

Du Corps divin nulle brisure : seul, le signe est rompu ; ni l’état, ni la grandeur de la réalité signifiée n’est diminuée.

Ecce panis Angelórum, factus cibus viatórum : vere panis filiórum, non mitténdus cánibus.

Voici le Pain des Anges devenu l’aliment des hommes voyageurs : c’est vraiment le pain des enfants, qui ne doit pas être jeté aux chiens.

In figúris præsignátur, cum Isaac immolátur : agnus paschæ deputátur : datur manna pátribus.

D’avance il est désigné par des figures, l’immolation d’Isaac, l’Agneau pascal, la manne donnée à nos pères.

Bone pastor, panis vere, Iesu, nostri miserére : tu nos pasce, nos tuére : tu nos bona fac vidére in terra vivéntium.

Bon pasteur, pain véritable, Jésus, ayez pitié de nous : Nourrissez-nous, gardez-nous, faites-nous jouir des vrais biens, dans la terre des vivants.

Tu, qui cuncta scis et vales : qui nos pascis hic mortáles : tuos ibi commensáles, coherédes et sodáles fac sanctórum cívium. Amen. Allelúia

Vous qui savez et pouvez tout, qui nous nourrissez en cette vie mortelle : faites de nous là-haut les commensaux, les cohéritiers et les compagnons des saints du ciel, ainsi soit-il. Alléluia.

 

 

 

[1] ST III, 73, 1, ad 3.

[2] ST III, 73, 6 qui est le seul article à parler de ce dernier point.

[3] ST III, 73, 1, obj. 2.

[4] ST III, 73, 6.

[5] ST III, 73, 1, ad 3.

[6] St. Jean-Marie Vianney, sermon sur le mariage. Cf. aussi Sermon sur la communion indigne, in Les sermons du curé d’Ars, t. 4, Paris, Beauchesne, 1925.