4e dimache ap Pâques (14 mai 2017)

Homélie du 4e dimanche après Pâques (13 mai 2017)

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Les apparitions de Notre-Dame à Fátima

Le message de Fátima est très catéchétique. Nous le verrons en trois phases chronologiques.

  1. Fátima avant Fátima : les apparitions angéliques (1916)
    1. La réparation pour les péchés

Au printemps 1916 apparut un ange éblouissant de lumière à trois pastoureaux au lieu-dit le Cabeço, près de Fátima, au centre du Portugal. C’était l’ange de la Paix qui leur apprit à prier Dieu de cette manière : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime ! Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne vous aiment pas » en précisant « Priez comme cela : les Cœurs très saints de Jésus et de Marie s’émouvront à votre prière ».

À la seconde apparition, à l’été dans le jardin de Lucie à Aljustrel, l’ange gardien du Portugal précise « les saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez constamment au Très-Haut des prières et des sacrifices. De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. Attirez ainsi la paix sur Votre Patrie. Je suis son ange gardien, l’ange du Portugal. Surtout acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra ».

  1. La communion miraculeuse

À la troisième apparition, à l’automne au Cabeço, un ange apporte un calice dans lequel tombent des gouttes de sang venant d’une hostie. Les deux sont suspendus dans les airs. Il s’agenouille devant eux et fait répéter trois fois aux enfants « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Esprit-Saint, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la Terre, en réparation des outrages par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de Son Cœur Sacré et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». Une fois debout, il donne l’hostie à Lucie et fait boire le calice à Jacinthe et François, en disant : « Prenez le Corps et le Sang de Jésus-Christ horriblement outragés par les hommes ingrats ! Réparez leurs péchés et consolez votre Dieu ».

  1. Les apparitions de la Très Sainte Vierge à Fátima (13 mai au 13 octobre 1917)
    1. Les trois premières apparitions

La Mère de Dieu apparaît aux trois pastoureaux à six reprises, leur demandant le 13 mai de revenir chaque 13 du mois pendant 6 mois. Intervient un dialogue sur le fait qu’ils iront au Ciel mais pour François, il devra réciter beaucoup de chapelets. À la première apparition (13 mai 1917), elle leur précise « Je suis du Ciel » et leur demande de réciter « tous les jours le chapelet pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre ». À la seconde apparition (13 juin 1917), elle promet le salut à qui embrassera la dévotion à son Cœur Immaculé.

À la troisième apparition (13 juillet 1917), elle demande : « Sacrifiez-vous pour les pécheurs et dites souvent, mais spécialement en faisant quelques sacrifices : ‘Ô Jésus, c’est pour votre amour, pour la conversion des pécheurs et en réparation des offenses faites au Cœur Immaculé de Marie’ ». La Vierge livre les trois secrets de Fátima, révèle les maux qui vont affliger la Russie et les persécutions qui vont s’abattre sur l’Église et le Pape. Elle montre aux enfants l’enfer : « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes seront sauvées et on aura la paix. La guerre va finir. Mais si on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI en commencera une autre plus grande. Lorsque vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne, qu’Il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la faim et ses persécutions contre l’Église et le Saint-Père. Pour empêcher cette guerre, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si l’on entend mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix ; sinon, elle répandra ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira et il sera concédé au monde un certain temps de paix. Sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant guerres et persécutions contre l’Église ». La Mère de Dieu apprend aux enfants à prier et réparer en ajoutant à chaque dizaine du chapelet : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés. Préservez-nous du feu de l’enfer, attirez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin ».

  1. Les trois dernières apparitions

La quatrième apparition a lieu un autre jour et en un autre lieu qu’à la Cova da Iria : le 19 août et aux Valinhos car les enfants y étaient emprisonnés par l’administrateur de Vila Nova de Ourem. Avec la cinquième, Marie annonce la dernière apparition du 13 octobre. « Vous verrez saint Joseph avec l’Enfant-Jésus prêts à donner la paix au monde, Notre-Seigneur bénissant le peuple, et aussi Notre-Dame-du-Rosaire et Notre-Dame-des-Douleurs (elle n’aura toutefois pas le glaive en son Cœur) ».

À la sixième apparition, le 13 octobre 1917 : « Je suis Notre-Dame-du-Rosaire. Je désire en ce lieu une chapelle en mon honneur. Continuez à réciter le chapelet chaque jour (…). Il faut que les hommes se corrigent, qu’ils demandent pardon de leurs péchés, qu’ils n’offensent plus Notre-Seigneur qui est déjà trop offensé ». Un grand miracle intervient, dont sont témoins près de 70.000 personnes réunies : pendant une dizaine de minutes, le soleil danse, projetant dans toutes les directions des gerbes de lumière à la couleur changeante. Marie apparaît comme si « c’était Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Elle était habillée de blanc, avec un manteau bleu, et tenait à la main le scapulaire. Devant la paume de la main droite de la Vierge se trouvait un cœur entouré d’épines qui semblaient y être enfoncées. Nous avons compris que c’était le Cœur Immaculé de Marie, outragé par les péchés de l’humanité, qui demandait réparation ».

  1. Fátima après Fátima
    1. La mort de Jacinthe et François

François est l’avant-dernier enfant des Marto (presque 9 ans en mai 1917). Il est le plus effacé : il voit mais n’entend pas. Jacinthe voyait et entendait mais se taisait. Seule Lucie parlait à la Mère de Dieu. La Vierge lui demanda de réciter de nombreux chapelets pour être sauvé. Il est celui qui veut consoler Dieu. Interrogé sur sa carrière, il répondit : « Je veux être rien. Je veux mourir pour aller au Ciel ». Touché par la grippe espagnole, il s’offrit pour consoler Jésus, Notre-Dame puis pour les pécheurs et le Pape. Il mourut le 4 avril 1919 à presqu’onze ans.

Jacinthe (7 ans), la 8e et dernière, vécut comme une hostie pour les âmes, vivant de pénitence et sacrifice, car elle avait été marquée par la vision de l’enfer. Elle préférait par exemple offrir son déjeuner, se contentant de glands amers, pour convertir les pécheurs. La Vierge lui apparut encore plusieurs fois. Elle eut aussi des visions prophétiques sur le Saint-Père. Elle tomba malade en 1918 d’une broncho-pneumonie : elle donna à la Vierge son consentement pour souffrir afin de convertir des pécheurs. Elle alla donc à l’hôpital où elle souffrit beaucoup pour l’amour des âmes qui se perdraient autrement. Elle mourut en odeur de sainteté (littéralement !) le 20 février 1920.

En 1921, l’Église autorisa la célébration de messe à la source miraculeuse. La première chapelle, érigée en 1919, fut dynamitée par les autorités anticléricales et franc-maçonne en 1922. La construction de la basilique date de 1928. La reconnaissance formelle des apparitions intervint le 13 octobre 1930 soit exactement 13 ans après les faits. En 1931, le Portugal fut consacré au Cœur Immaculé. Il l’un des très rares pays d’Europe catholique à ne pas souffrir de la guerre dans les années 30 et 40.

  1. Les apparitions à Sœur Lucie

Le 10 décembre 1925, à Pontevedra (postulat des sœurs de Ste. Dorothée en Espagne) la Vierge demanda à Sr. Lucie de propager la dévotion au premier samedi pendant cinq mois consécutifs, que nous avons déjà expliquée. Le 15 février 1926, c’est le Christ qui reprit cette même demande. Le 13 juin 1929, à Tuy (noviciat), la Vierge indiqua qu’était venu le moment de la consécration de la Russie (à faire par le Pape en union avec tous les évêques du monde). En août 1931, la Vierge se déclara mécontente de n’avoir pas été écoutée comme pour le roi de France avec Son Fils (le 17 juin 1689 avec la consécration de la France au Sacré-Cœur demandée à Louis XIV. Un siècle après jour pour jour démarrait avec la proclamation de l’Assemblée Nationale la folie révolutionnaire).

Conclusion :

Les secrets ont fait couler beaucoup d’encre. Ils ne furent publiés qu’en 1941 pour les deux premiers (vision de l’enfer, rôle de la Russie) tandis que le troisième secret n’a été officiellement publié qu’en 2000 pour la béatification des Jacinthe et François et concerne d’après le cardinal Ratzinger pour St. Jean-Paul II, l’attentat du 13 mai 1981. L’année suivante, jour pour jour, « l’homme en blanc » visé par les balles d’un sbire des services secrets communistes (le KGB via les services de la Bulgarie et la RDA), vint rendre grâce pour avoir été sauvé en faisant insérer la balle de l’attentat. Entretemps, Sr. Lucie changea de congrégation et entra au Carmel de Coimbra en 1948 où elle mourut en février 2005. Elle n’a cessé de proclamer que le Ciel n’était pas satisfait que la consécration de la Russie ne fût pas faite comme elle l’avait demandée (pas le monde entier mais la seule Russie, par le Pape, solennellement, et en union avec les évêques du monde entier). Pourquoi tant tarder ? Les souffrances de ce monde n’ont-elles pas suffi ?