2e Carême (08/03 - foi face au virus)

Homélie du 2nd dimanche de Carême (8 mars 2020)

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La foi à l’épreuve d’un virus

 Bien que refusant normalement de réagir à l’actualité, je ferai aujourd’hui une exception car j’ai été interpellé par plusieurs fidèles demandant ce qu’il convenait de faire dans la situation présente « d’épidémie ». Je ne peux me dérober au devoir du pasteur d’éclairer mes ouailles. J’exprime là une opinion personnelle, un jugement prudentiel mais fouillé que j’espère certes spirituel et fondé rationnellement sur le bon sens et la foi mais elle n’engage que moi.

 I)              Peut-on priver quelqu’un de communion ?

a.     L’incompétence de l’État en matière religieuse

 Certaines autorités de l’Église ont une nouvelle fois couru après les directives de l’État pourtant inapte à juger des matières proprement religieuses. L’Église est juridiquement une société parfaite (= ne manquant de rien pour conduire ses fidèles au salut) n’a pas à se mettre à la traîne des personnes incompétentes en matière de culte pour savoir ce qu’il conviendrait de faire pour des Chrétiens en cas d’épidémie. Une nouvelle fois, comme pour les procès de pédophilie, on s’en remet à César alors que l’Église devrait décider par elle-même, souverainement. Pour le journaliste Laurent Dandrieu : « Dans les temps où l’on avait la foi, en cas d’épidémie on emplissait les églises pour prier Dieu de nous en préserver. Aujourd’hui, on se calfeutre chez soi en espérant être assez chanceux pour s’en tirer. Et l’Église elle-même collabore à cette écœurante laïcisation ». Le plus grave est quand les évêques font fermer des églises que même l’État ne leur a pas demandé de fermer dans tout un diocèse.

 Le simple bon sens constate que les ordres sont rapidement suivis de contrordres, sans rationalité. L’Ambassade de France à Rome a prétendu par exemple confiner des prêtres de la communauté Saint-Louis des Français dont un membre fut atteint. L’interdiction fut levée quelques jours après. L’État français interdit des voyages scolaires puis les autorisa, faisant perdre aux lycées des sommes importantes pour rembourser les familles. Les règles sont ubuesques puisque des églises voire des marchés sont fermés mais pas les hypermarchés qui a plus de clients que nous de fidèles. Les frontières, les aéroports ne sont soumis à aucune mesure particulière, mélangeant des voyageurs provenant du monde entier, le métro reste ouvert.

 La communion dans la main est une insulte faite au bon sens, alors même que cet organe transmet le plus de virus, bien plus encore que la bouche. Les actuelles campagnes de sensibilisation insistent en effet sur la nécessité de se les laver régulièrement.

 b.     Ramener les choses à leur juste niveau

 Contre l’habituelle lâcheté épiscopale, S. Exc. Mgr Pascal Roland, évêque de Belley-Ars, se distingua en dénonçant une « épidémie de peur » :

« Pour ma part, je me refuse de céder à la panique collective et de m’assujettir au principe de précaution qui semble mouvoir les institutions civiles.

Je n’entends donc pas édicter de consignes particulières pour mon diocèse : les chrétiens vont-ils cesser de se rassembler pour prier ? Vont-ils renoncer à fréquenter et à secourir leurs semblables ? Hormis les mesures de prudence élémentaire que chacun prend spontanément pour ne pas contaminer les autres lorsqu’il est malade, il n’est pas opportun d’en rajouter.

Nous devrions plutôt nous souvenir que dans des situations bien plus graves, celles des grandes pestes, et alors que les moyens sanitaires n’étaient pas ceux d’aujourd’hui, les populations chrétiennes se sont illustrées par des démarches de prière collective, ainsi que par le secours aux malades, l’assistance aux mourants et la sépulture des défunts. Bref, les disciples du Christ ne se sont ni détournés de Dieu ni dérobés au semblable. Bien au contraire !

La panique collective à laquelle nous assistons aujourd’hui n’est-elle pas révélatrice de notre rapport faussé à la réalité de la mort ? Ne manifeste-elle pas les effets anxiogènes de la perte de Dieu ? Nous voulons nous cacher que nous sommes mortels et, nous étant fermés à la dimension spirituelle de notre être, nous perdons pied (…)

En tous cas nous vivons dans le mensonge. Pourquoi focaliser soudainement notre attention sur le seul coronavirus ? Pourquoi nous cacher que chaque année, en France, la banale grippe saisonnière fait entre 2 à 6 millions de malades et provoque environ 8.000 décès ? Nous semblons avoir également évacué de notre mémoire collective le fait que l’alcool est responsable de 41.000 décès par an, tandis qu’on estime à 73.000 ceux qui sont attribués au tabac !

Loin de moi donc, l’idée de prescrire la fermeture des églises, la suppression de messes, l’abandon du geste de paix lors de l’Eucharistie, l’imposition de tel ou tel mode de communion réputé plus hygiénique (ceci dit, chacun pourra toujours faire comme il voudra !), car une église n’est pas un lieu à risque, mais un lieu de salut. C’est un espace où l’on accueille celui qui est la Vie, Jésus-Christ, et où par lui, avec lui et en lui, on apprend ensemble à être des vivants. Une église doit demeurer ce qu’elle est : un lieu d’espérance ! ».

 c.     L’usage ecclésiastique

 Aucun évêque n’a autorité dans l’Église pour suspendre les règles de droit habituel et prétendre imposer la communion dans la main qui ne fut qu’un abus que la faiblesse de la hiérarchie sous Paul VI n’a pas osé faire disparaître[1]. La communion eucharistique dans le rite de Saint Pie V se fait exclusivement sur la langue. Croit-on que des générations précédentes, confrontées à de vraies épidémies autrement plus graves (peste noire de 1347 jusqu’en 1720 en France ; choléra en 1832 ; grippe espagnole en 1918) n’eussent été confrontées à des risques encore plus grands et se fussent claquemurées ainsi ?

 Imposer la communion spirituelle pour ne pas recourir à la communion dans la main est un moindre mal évidemment, mais n’est toutefois pas plus adapté car sur la durée, ce n’est pas tenable. Qu’adviendrait-il pour quelqu’un qui serait mourant, précisément de cette maladie ? Faudrait-il isoler le prêtre qui aurait fait son devoir de lui administrer le viatique ? Faudrait-il priver le mourant des secours de la religion ?

 La communion eucharistique n’est jamais un droit mais une grâce. Chacun est libre de s’abstenir de communier s’il s’estime en état de péché. Toutefois, s’il est du devoir du Chrétien de se confesser au moins une fois par an, c’est uniquement pour pouvoir communier et « faire ses Pâques » (les pascalisants ayant généralement deux semaine avant ou après Pâques pour communier, soit du dimanche de la Passion à celui du Bon Pasteur et jusqu’à la Trinité pour les malades). À part des situations irrégulières pérennes comme les divorcés-remariés, comment tenir canoniquement qu’un fidèle en état de grâce serait privé sur le long terme de la communion alors qu’il aurait assisté dans de bonnes dispositions au sacrifice eucharistique ?

Mgr Schneider écrit : « La communion dans la bouche est certainement moins dangereuse et plus hygiénique que la communion dans la main. En effet, la paume et les doigts de la main, à défaut de lavage intense, contiennent indéniablement une accumulation de virus. L’interdiction de la communion dans la bouche n’est pas fondée par rapport aux grands risques sanitaires de la communion dans la main en temps de pandémie. Une telle interdiction constitue un abus d’autorité. De plus, il semble que certaines autorités ecclésiastiques utilisent la situation d’une épidémie comme prétexte. Il semble également que certaines d’entre elles éprouvent une sorte de joie cynique à propager de plus en plus le processus de banalisation et de désacralisation du très saint et divin Corps du Christ dans le sacrement eucharistique, exposant le Corps du Seigneur lui-même aux dangers réels de l’irrévérence (perte de fragments) et des sacrilèges (vol d’hosties consacrées) ».

 

II)           Le corps du Christ peut-il devenir corps de mort ?

a.     Le Corps du Christ est pain de vie

 Ma foi est peut-être un peu naïve et crédule mais je crois que le Seigneur ne laissera pas la maladie être transmise par le support des saintes espèces eucharistiques, qui ne saurait être un simple vecteur de microbe faisant du pain de vie et pain des anges un pain de mort. Mgr Schneider poursuit « Il y a aussi le fait qu’au cours des 2000 ans d’histoire de l’Église, on ne connaît pas de cas avéré de contagion due à la réception de la Sainte Communion. Dans l’Église byzantine, le prêtre donne même la Communion aux fidèles avec une cuillère, la même cuillère pour tous. Et ensuite, le prêtre ou le diacre boit le vin et l’eau avec lesquels il a purifié la cuillère, qui parfois avait même été touchée par la langue d’un fidèle lors de la réception de la sainte communion. De nombreux fidèles des églises orientales sont scandalisés par le manque de foi qu’ils constatent chez des évêques et des prêtres de rite latin, lorsque ceux-ci mettent en place l’interdiction de recevoir la communion par la bouche, interdiction faite finalement par manque de foi dans le caractère sacré et divin du Corps et du Sang du Christ Eucharistique ».

 De fait, j’ai aussi spontanément pensé à un problème de foi eucharistique. J’ajouterai un exemple personnel. Aux États-Unis, l’usage s’est répandu de communier sous les deux espèces en forme ordinaire. J’ai servi un an comme diacre à la cathédrale St. Matthews de Washington D.C. en 2006-2007. Je purifiais seul après la grand-messe une dizaine ou douzaine de calices où avaient communié en buvant directement dedans près au moins 500 fidèles. Je n’ai jamais rien attrapé de mal durant un an. Je ne peux imaginer que le corps ou le sang du Christ puissent être vecteurs de maladie !

 Par la transsubstantiation, nous savons que la substance du pain et celle du vin sont transformés intégralement en corps et sang du Christ. Or, ce même corps physique de Jésus a été recherché pour guérir les malades comme dans l’épisode de la femme hémorroïsse (Mt 9, 20-22 et surtout Mc 5, 25-34). Le contact physique divin est capable de guérir même s’il n’est pas toujours nécessaire, que ce soit pour le Christ lui-même ou pour ses élus : S. Pierre guérit juste par son ombre portée sur les malades (Ac 5, 15).

 b.     « La charité n’est pas contagieuse »

 Enfants, Zita et ses sœurs devaient rendre visite à des familles pauvres, vivant à proximité des résidences du duc de Parme en Italie et Autriche. Si elles mettaient trop de cœur à se désinfecter à leur retour, leur mère Maria-Antonia leur rétorquait que « la charité n’est pas contagieuse » dans la plus pure tradition des Bourbon.

 En effet, le roi thaumaturge guérissait des malades des écrouelles (adénite tuberculeuse cervicale, forme ganglionnaire de la tuberculose). Ainsi en 1690, vraisemblablement le samedi saint, l’intendant de Saint-Cyr, Manseau, rapporta-t-il qu’exceptionnellement, trois pensionnaires de l’institut des jeunes filles pauvres de Saint-Cyr érigé par la seconde femme du roi, Mme de Maintenon, purent être reçues en privé au lieu d’être avec les foules. La plus malade des trois guérit peu de jours après. On estime que Louis XIV, entre le 9 juin 1654 et le 8 juin 1715 soit 61 ans, toucha au moins 200. 000 scrofuleux (voire 350.000 pour les estimations hautes), avec une moyenne d’environ 1.000 personnes par cérémonie alors que ces fistules étaient purulentes[2] ! Et on pensait que c’était contagieux puisqu’en mai 1683 le même roi prit la première mesure prophylactique antituberculeuse pour la Maison Saint-Marcoul de Reims créée 40 auparavant ! Il formait le signe de la croix en passant sa main sur le visage : du front au menton puis d’une oreille à l’autre, en prononçant cette formule « le roi te touche, Dieu te guérisse ». Puis il recommençait une seconde fois sa bénédiction sans plus toucher. Les foules accouraient à Versailles comme aujourd’hui à Lourdes.

 c.     Les miracles contre tout risque d’empoisonnement

 Le Christ enseigna : « Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants (…) ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien » (Mc 16, 17-18) et la vie des saints témoigne de la vérité de ces paroles. La Légende dorée[3] rapporte pour l’apôtre et évangéliste Saint Jean qu’Aristodème ne s’était pas laissé fléchir par l’ordalie contre les prêtres de Diane (sans doute à Éphèse). Ils avaient invoqué l’idole grecque contre l’église et lui le vrai Dieu contre le temple de Diane qui s’était alors écroulé. Ce pontife païen voulut une seconde épreuve : il fit mourir deux condamnés à mort pour prouver la puissance d’un poison qu’il proposa ensuite à Jean. L’apôtre le but sans dommage après un signe de croix ; puis fit ressusciter par Aristodème auquel il avait donné sa tunique les deux condamnés. C’est pourquoi son attribut est un calice d’où sort un serpent.

 S. Benoît de Nursie est puissant contre le démon grâce à sa médaille. Vers 510, l’organisateur du monachisme occidental fut élu pour la première fois abbé de Vicovaro, communauté qui ne respectait pas rigoureusement la règle de S. Pacôme dont il voulut restaurer l’autorité et la pénitence. Très vite les moines cherchèrent à l’empoisonner en mélangeant des herbes vénéneuses à son vin. Lors du Benedicite, en faisant le signe de la croix, la coupe se brisa. Ensuite, à Subiaco, un prêtre jaloux de la région, Florentius, le calomnia puis lui envoya un pain bénit empoisonné. Benoît, soupçonnant la malveillance, présenta le pain à un corbeau apprivoisé qui emporta au loin le funeste cadeau[4].

 d.     Les risques d’empoisonnement par la communion eucharistique

 L’ancien cérémonial des évêques paraîtrait fournir un contre-argument avec la prégustation des oblats (pain, vin, eau). Le diacre prenait l’une des deux hosties de la patène préparée pour l’évêque par le sacristain. Avec elle, il touchait l’autre hostie, la patène, le calice autour de l’intérieur et de l’extérieur et la donnait au sacristain pour la consommer afin de prouver que les oblats n’étaient pas empoisonnés. Il faisait de même avec le vin et l’eau versés sur une patène spéciale. Peut-être cet usage imita-t-il ceux de la cour où depuis au moins Cléopâtre, figuraient des gouteurs.

 S. Thomas d’Aquin envisagea aussi un empoisonnement lors de la communion eucharistique : « S’il (le prêtre) s’aperçoit qu’on y a mis du poison, il ne doit aucunement le prendre ni le donner à un autre, pour que le calice de vie ne donne pas la mort ; mais il doit le mettre en réserve avec soin dans un vase approprié à cet office, qu’on gardera avec la réserve. Et pour que le sacrement ne demeure pas inachevé, il doit remettre du vin dans le calice, reprendre à partir de la consécration du sang, et achever le sacrifice » (ST III, 83, 2, ad 3).

 Cependant, j’ai voulu vérifier si cette hypothèse était déjà advenue car je pense qu’elle relève plutôt d’un fantasme. « On croit que le rite de la prégustation date du XIe siècle, époque où le pape Victor II faillit être empoisonné par le venin qu’un sous-diacre avait introduit dans le calice de la messe. Des tentatives du même genre eurent depuis un résultat déplorable. Saint Guillaume, archevêque d’York, trouva la mort, en 1154, dans le calice qu’avait empoisonné son archidiacre[5]. On prétend que le même sort échut aux papes Victor III, Clément II, Damase II, Léon IX, Étienne X, Nicolas II, à l’anti-pape Christophe et à bien d’autres[6]. Sans avoir ici à rechercher si toutes ces allégations sont incontestables, nous ferons remarquer que bien des cas d’empoisonnement de ce genre ne reposent que sur de fausses rumeurs populaires ou sur des conjectures hasardées longtemps après l’événement. Ainsi, par exemple, on a souvent répété qu’Henri VII, empereur d’Allemagne, était mort à Bénévent, en 1313, après avoir reçu une hostie saupoudrée de poison, que lui aurait administrée un Dominicain, agissant sous l’impulsion des Florentins. Mais il a été démontré que c’était là une calomnie tardive, dont il n’y a pas même de trace dans les auteurs contemporains[7] »[8].

 Cependant, cet argument n’est pas si probant car adjoindre délibérément un poison diffère considérablement de la présence inopiné d’un microbe ou virus sur les saintes espèces.

 Conclusion :

 Je ne me hasarderai pas à dire que cette maladie serait un fléau de Dieu. Mais rappelons-nous que la foi chrétienne ne promet pas la santé du corps mais le salut de l’âme puis du corps, deux traductions possibles du mot salus qui a donné la salutation !

 Nous devrions plus craindre le mal spirituel du péché que la maladie physique, même celle pouvant conduire à la mort. Car le mal spirituel est plus grand et plus grave et la mort spirituelle de l’enfer sans comparaison avec la mort corporelle. Nous sommes déjà bien branquignoles face aux tentations avec le viatique du combat qu’est l’Eucharistie, qu’adviendrait-il alors dans notre « hôpital de campagne » sans elle ? Il faudrait revenir aux processions dans les villes touchées par l’épidémie ce qui est le propre des Grandes litanies de l’Église ou Rogations du mois d’avril, dire des messes « pro vitanda mortalitate vel tempore pestilentiae » (pour éviter la mort ou en temps de peste). Nous devrions imiter les grands saints pasteurs. Le Pape S. Grégoire le Grand invoqua en 593 durant la peste justinienne la Vierge sous le vocable de Salus populi romani[9]. S. Charles Borromée agit de même avec courage à Milan dont il était l’archevêque en 1576. N’avons-nous pas de nombreux saints patrons ou de saints thaumaturges (S. Roch et S. Sébastien entre autres) à invoquer ?

 Chacun est finalement assez grand pour faire ses propres choix en conscience. Ceux qui préfèrent toutefois s’en tenir à la communion spirituelle devraient dire cette prière rappelée par Mgr Schneider :

« À vos pieds, ô mon Jésus, je me prosterne, et je vous offre le repentir de mon cœur contrit, qui s’abaisse dans son néant et en votre sainte présence. Je vous adore dans le sacrement de votre Amour, l’ineffable Eucharistie.

Je désire vous recevoir dans la pauvre demeure que vous offre mon âme.

En attendant le bonheur de la communion sacramentelle, je veux vous posséder en esprit.

Venez chez moi, ô mon Jésus, puisque moi je viens chez vous !

Que votre Amour embrase tout mon être pour la vie et pour la mort. Je crois en vous, j’espère en vous, je vous aime.

Ainsi soit-il ».

 

 


[1] Mgr Athanasius Schneider, Dominus Est, Artège, Perpignan, 2008.

[2] Alexandre Maral, Le Roi-Soleil et Dieu, Perrin, coll. « Pour l’Histoire », Paris, 2012, p. 99-105 : « le miracle permanent » et Jean-Pierre Bardet, Peurs et terreurs face à la contagion, Fayard, 1988.

[3] Bx. Jacques de Voragine, OP, La légende dorée, Garnier-Flammarion, Paris, 1967, tome 1, p. 85.

[4] Bénédicte Demeulenaere, Saint Benoît, Paris, Éditions du Rocher, coll. « Régine Pernoud », 1996, p. 28 et 39 ; Claude Jean-Nesmy, Saint Benoît et la vie monastique, Paris, Seuil, coll. « Point Sagesses », 2001, p. 20.

[5] Wartonius, Anglia sacra, part. I, p. 72.

[6] Immanuel Proeleus, De hostiis et calice venenatis, Greifswald, 1720. L’Histoire littéraire de la France, tome 18 (suite du XIIIe s. jusqu’en 1255), Paris, 1835, pp. 528-529 évoque aussi le dominicain Rainier d’Isorella (le Lombard), vice-chancelier de l’Église romaine en 1237 par Grégoire IX. Il devint en juillet 1247 sous Innocent IV à Lyon évêque de Maguelonne après avoir prêté serment à Saint-Louis. Il mourut le 13 janvier 1249 après 18 mois d’épiscopat et la cause serait une hostie empoisonnée.

[7] Brovius, Annal., t. XIV, ad ann. 1313; Sponde, Contin. Annal. Baronii, t. I, p. 382.

[8] Abbé Jules Corblet, Histoire liturgique, dogmatique et archéologique du sacrement de l’Eucharistie par Société Générale de Librairie Catholique, Paris, 1885, pp. 230-231 qu’on peut encore citer plus largement: « Article III : De la prégustation des oblations.

Quand le souverain pontife tient chapelle papale, l’échanson, avant de verser l’eau et le vin dans les burettes, en fait la prégustation. Autrefois, le Cérémonial des évêques prescrivait qu’à la messe épiscopale, le pain et le vin fussent goûtés par le crédencier et le sacristain.

Aujourd’hui, la présentation de deux hosties à l’évêque, qui en choisit une pour le Saint-Sacrifice, est un reste de l’ancien rite motivé par le souvenir d’odieux empoisonnements. À Notre-Dame de Paris, un des ministres de l’autel faisait chaque jour l’essai du vin et de l’eau, avant de commencer la messe. A la cathédrale de Narbonne, un grand enfant de chœur, avant l’Offertoire, goûtait de l’hostie, du vin et de l’eau.  La prégustation de l’hostie destinée au roi, dans la messe du sacre, était faite par son aumônier (…).

Il est à remarquer que ces sortes d’empoisonnements ont eu lieu surtout en Italie, où l’on peut encore, de nos jours, en citer quelques exemples. On lit dans la Galette di Catania du 24 septembre 1882 : ‘La ville de Carlentini a été attristée par un crime fort rare. Un jeune prêtre, nommé Failla, célébrait, il y a quelques jours, la messe dans l’église paroissiale. En approchant du palais l’hostie consacrée, il sentit un goût amer. Rentré chez lui, après la messe, il ressentit une soif ardente et fut assailli de douleurs atroces auxquelles il ne tarda pas à succomber. Le sacristain a été arrêté’ ».

[9] Grégoire de Tours, Historiæ Francorum, liber X, 1, in Opera omnia, J.P. Migne, Paris 1849 p. 528.