26e dimanche après la Pentecôte (13 novembre 2016)

 

 

Homélie du 26e dimanche après la Pentecôte (13 novembre 2016)

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De Deo uno (1) : l’existence de Dieu

La théologie dogmatique se penche sur Dieu et l’un de ses grands traités parle de la Trinité, divisé en deux parties : de Deo uno (du Dieu un) et de Deo trino (du Dieu trine). Tâchons de poser quelques bases pour méditer sur l’unité de Dieu, guidés par Ludwig Ott[1].

  1. La connaissance naturelle de l’existence de Dieu
    1. Possibilité de connaître Dieu naturellement (à la lumière de la Révélation)

Le Diable cherche à jeter le trouble partout. Pour cela, il a voulu faire douter les hommes qu’il était possible de connaître Dieu et de dire des choses vraies sur Lui, donc de communiquer intellectuellement sur Lui (au-delà d’une certaine incommunicabilité inhérente à toute expérience mystique subjective).

Le concile de Vatican I définit dogmatiquement dans sa constitution Dei Filius (24 avril 1870) : « La même Sainte Église, notre Mère, tient et enseigne que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine à partir des choses créées » (DH 3004). De là dérive :

  1. Nous pouvons connaître Dieu un et vrai, notre Créateur et maître. Il est Dieu personnel distinct du monde (contre le panthéisme assimilant Dieu et la nature surtout durant les Lumières mais déjà chez Spinoza avec son Deus sive natura. D’où la dérive New Age où vous voyez des gens embrasser des arbres pour capter des énergies cosmiques ou mettre des urnes dans les forêts dans les pays germaniques).
  2. Cela est permis par la raison dans l’état de nature déchue (la restauration du pouvoir de la raison était l’un des chefs de bataille de Benoît XVI : comme quoi, l’Église n’est pas antirationnelle mais le monde au moins depuis Kant doute des capacités qu’elle porte par ailleurs au pinacle de manière contradictoire).
  3. Le moyen est la Création (les choses créées) : donc connaissance indirecte, médiate et pour tous. Ce n’est pas tellement l’idée de Dieu qui serait innée en nous mais bien la capacité de connaître facilement l’existence de Dieu par Ses œuvres (« Sa connaissance est dite innée en nous en tant que, par les principes innés en nous, nous pouvons facilement comprendre que Dieu existe »[2]).
  4. La connaissance naturelle est certaine (dans son genre et sa nature, alors qu’elle est faillible par ailleurs depuis le péché originel).
  5. Connaître Dieu ainsi exposé est possible mais ce n’est pas l’unique voie.

Évidemment, l’Écriture sert de fondement à ce genre d’affirmation que l’homme peut connaître l’existence de Dieu naturellement :

  1. Par la nature : « À travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut contempler, par analogie, leur Auteur » (Sag 13, 5) et « Depuis la création du monde, on peut voir avec l’intelligence, à travers les œuvres de Dieu, ce qui, de Lui, est invisible : Sa puissance éternelle et Sa divinité. Ils n’ont donc pas d’excuse (ceux qui ne connaissent pas Dieu) ». Il est donc trop facile d’excuser toujours ceux qui sont agnostiques ou athées[3].
  2. Par la conscience : « Quand des païens qui n’ont pas la Loi pratiquent spontanément ce que prescrit la Loi (…), ils montrent ainsi que la façon d’agir prescrite par la Loi est inscrite dans leur cœur » (Rm 2, 14-15). La force obligatoire de la conscience renvoie à un législateur suprême. La syndérèse ou habitus intellectuel des premiers principes moraux correspond grosso modo au Décalogue. On ne peut exagérer la conscience invinciblement erronée des moralistes. Même les nazis évacuant (Auschwitz-)Birkenau, en faisant exploser les chambres à gaz, montraient qu’ils avaient bien conscience d’avoir mal agi, malgré l’endoctrinement.
  3. Par l’histoire : la Divine Providence, contemplée, ramène à Dieu : « À partir d’un seul homme, Il a fait tous les peuples pour qu’ils habitent sur toute la surface de la terre, fixant les moments de leur histoire et les limites de leur habitat ; Dieu les a faits pour qu’ils Le cherchent et, si possible, L’atteignent et Le trouvent, Lui qui, en fait, n’est pas loin de chacun de nous. Car c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Ac 17, 26-28). Et cela ne vaut pas que dans l’Histoire avec un grand H mais aussi dans l’histoire de chacune de nos vies.

Les Pères de l’Église vont évidemment dans le même sens. Les Latins insistant plus sur les preuves psychologiques (à partir de l’expérience interne : cf. St. Augustin) et les Grecs de preuves cosmologiques. Ex : St. Théophile d’Antioche : « Dieu a tout tiré du néant, pour que Sa grandeur soit connue et comprise par Ses œuvres. De même que l’âme ne peut être aperçue dans l’homme, car elle est invisible, mais peut être reconnue par le mouvement du corps, de même Dieu ne peut pas être vu par des yeux humains ; mais Il est contemplé et connu par Sa Providence et Ses œuvres. Quand on voit un vaisseau naviguer sur la mer et se diriger vers le port, on a tout de suite l’idée que se trouve à bord un pilote pour le guider. De même il faut admettre que Dieu est le conducteur de l’univers, bien qu’on ne le voit pas avec les yeux de la chair » (Ad Autolycum I, 4-5).

  1. Possibilité de prouver l’existence de Dieu

Non seulement, on peut connaître mais encore on peut prouver cette existence de Dieu, au moyen d’une conclusion tirée de cause à effet (démonstration déductive). C’est St. Pie X dans le serment antimoderniste (1910)[4] qui a précisé que la preuve était dans la causalité. Classiquement, on retient les 5 voies de St. Thomas d’Aquin[5] qui reposent sur la valeur absolue du principe de causalité : tout ce qui est mû, c’est-à-dire passe de la puissance à l’acte, est mû par quelque chose d’autre que soi-même.

Le travail de sape contre la raison a commencé par le doute jeté sur la capacité humaine à saisir la vérité. Parmi les prodromes du scepticisme figurent les nominalistes (dont le plus connu est Guillaume d’Occam) puis Hume l’empiriste et Kant. Alors qu’il reconnut d’abord cette possibilité (1763 : traité La seule preuve possible pour une démonstration de l’existence de Dieu), le philosophe de Königsberg la rejeta finalement dans sa Critique de la raison pure (1781). Il prétend que la raison spéculative n’aurait accès qu’au monde de l’expérience (ou phénomènes) et pas aux choses en elles-mêmes (noumènes). Selon lui, les différentes preuves se ramèneraient à l’argument ontologique, concluant du concept d’Être idéal à son existence réelle (puisque j’ai en moi l’idée d’un être paré de toutes les perfections, alors il ne peut être dénué de celle d’être). Il réduit alors Dieu à un postulat de la raison pratique que n’aurait pas renié un Bonaparte (croire en Dieu permet de mieux contrôler les sociétés humaines par la crainte du jugement dernier).

Il importe de rejeter aussi le traditionalisme philosophique (L. de Bonald, F. de Lammenais) qui pensent que Dieu aurait transmis dans une ample révélation primitive, avec le langage, des vérités religieuses et morales transmises (tradition) par l’humanité. Le sens commun en assurerait la transmission authentique. Il refuse la possibilité de connaître Dieu par la raison mais que par la foi (Deum esse traditur sive creditur : Il est transmis et cru que Dieu existe). C’est une sorte de fidéisme.

  1. La connaissance surnaturelle de l’existence de Dieu
    1. Nécessaire au salut

Bien sûr, on ne connaît pas l’existence de Dieu que par la raison qui est naturelle, mais aussi par la foi qui est surnaturelle (de l’ordre de la grâce : c’est un don de Dieu). Cette affirmation est tout aussi dogmatique (Dei Filius : « la sainte Église catholique apostolique romaine croit et professe qu’il y a un seul Dieu… », DH 3001). Étaient aussi anathématisées, c’est à dire vouées à l’exclusion de l’Église en ce monde et à l’enfer dans l’autre[6] les personnes qui refusaient l’existence de Dieu (qu’importe par quel moyen, naturel ou surnaturel) (« Si quelqu’un refuse d’admettre qu’il y a un seul Dieu vrai, créateur et Seigneur des choses visibles et invisibles, qu’il soit anathème » (DH 3021).

En effet, l’Écriture montre que la foi à l’existence de Dieu est une condition indispensable pour le salut : « Or, sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu ; car, pour s’avancer vers lui, il faut croire qu’Il existe et qu’Il récompense ceux qui Le cherchent » (He 11, 6). Cette vie de foi surnaturelle a seule la force capable d’assurer le salut[7].

  1. Plus aisée et certaine

L’avantage de cette révélation surnaturelle par rapport à la connaissance naturelle de l’existence de Dieu est qu’elle est plus accessible à tous, plus facile (Dei Filius, DH 3004-3005) : « Toutefois, il a plu à Sa sagesse et à Sa bonté de Se révéler Lui-même au genre humain ainsi que les décrets éternels de sa volonté par une autre voie, surnaturelle celle-là : ‘Après avoir à maintes reprises et sous maintes formes parlé jadis à nos Pères par les prophètes, Dieu, tout récemment, nous a parlé par le Fils’ (He 1, 1). C’est bien grâce à cette Révélation divine que tous les hommes doivent de pouvoir, dans la condition présente du genre humain, connaître facilement, avec une ferme certitude et sans aucun mélange d’erreur, ce qui dans les choses divines n’est pas de soi inaccessible à la raison. Ce n’est cependant pas pour cette raison que la Révélation doit être dite absolument nécessaire, mais parce que Dieu, dans son infinie bonté, a ordonné l’homme à une fin surnaturelle, à savoir la participation aux biens divins qui dépassent absolument ce que peut saisir l’esprit humain. Car ‘l’œil n’a pas vu, l’oreille n’a pas entendu et n’est pas monté au coeur de l’homme ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment’ (1 Co 2, 9)[8] ».

Conclusion :

Comment concilier la science qui étudie les choses créées et la foi qui étudie le donné révélé ? Il n’y a bien sûr absolument aucune incompatibilité et même une nécessaire complémentarité : « quelqu’un peut savoir par démonstration qu’il n’y a qu’un Dieu, et croire qu’il y a trois personnes en Dieu » (II-II, 1, 5, ad 4). Mais contre le courant franciscain (Alexandre de Halès, St. Bonaventure) ou jésuite (Suarez), St. Thomas affirme à propos des deux modes de connaissance de l’existence de Dieu : « Il est impossible que, par un même individu, une même chose soit sue et crue. Il peut arriver cependant que ce qui est vu ou su par quelqu’un soit cru par un autre. Ainsi, ce que nous croyons touchant la Trinité, nous espérons que nous le verrons, selon la parole de l’Apôtre (1 Co 10, 12) : ‘Nous voyons maintenant par un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face’. Et cette vision, les anges l’ont déjà, si bien que ce que nous croyons, ils le voient (…). Toutefois, ce qui est proposé communément à tous les hommes comme objet de foi, c’est ce qui ne fait pas communément l’objet du savoir. Et ce sont ces points-là qui sont absolument objet de foi. Voilà pourquoi la foi et la science n’ont pas le même domaine » (ST II-II, 1, 5). La claire vue de la vérité obtenue par la science ne peut s’allier à l’obscurité de la foi. L’objet matériel est donc différent : d’un côté Dieu comme Auteur de l’ordre naturel pour la science et de l’autre côté, Dieu comme Auteur de l’ordre surnaturel pour la foi, qui domine bien sûr puisque la fin naturelle est ordonnée à la fin surnaturelle comme nous le rappelions pour la doctrine du Christ-Roi.

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Appendice : les cinq voies de démonstration de l’existence de Dieu par St. Thomas d’Aquin

ST I, 2, 3 : « Que Dieu existe, on peut prendre cinq voies pour le prouver.

La première et la plus manifeste est celle qui se prend du mouvement. Il est évident, nos sens nous l’attestent, que dans ce monde certaines choses se meuvent. Or, tout ce qui se meut est mû par un autre. En effet, rien ne se meut qu’autant qu’il est en puissance par rapport au terme de son mouvement, tandis qu’au contraire, ce qui meut le fait pour autant qu’il est en acte ; car mouvoir, c’est faire passer de la puissance à l’acte, et rien ne peut être amené à l’acte autrement que par un être en acte, comme un corps chaud en acte, tel le feu, rend chaud en acte le bois qui était auparavant chaud en puissance, et par là il le meut et l’altère. Or il n’est pas possible que le même être, envisagé sous le même rapport, soit à la fois en acte et en puissance ; il ne le peut que sous des rapports divers ; par exemple, ce qui est chaud en acte ne peut pas être en même temps chaud en puissance ; mais il est, en même temps, froid en puissance. Il est donc impossible que sous le même rapport et de la même manière quelque chose soit à la fois mouvant et mû, c’est-à-dire qu’il se meuve lui-même. Il faut donc que tout ce qui se meut soit mû par un autre. Donc, si la chose qui meut est mue elle-même, il faut qu’elle aussi soit mue par une autre, et celle-ci par une autre encore. Or, on ne peut ainsi continuer à l’infini, car dans ce cas il n’y aurait pas de moteur premier, et il s’ensuivrait qu’il n’y aurait pas non plus d’autres moteurs, car les moteurs seconds ne meuvent que selon qu’ils sont mus par le moteur premier, comme le bâton ne meut que s’il est mû par la main. Donc il est nécessaire de parvenir à un moteur premier qui ne soit lui-même mû par aucun autre, et un tel être, tout le monde comprend que c’est Dieu.

La seconde voie part de la notion de cause efficiente. Nous constatons, à observer les choses sensibles, qu’il y a un ordre entre les causes efficientes ; mais ce qui ne se trouve pas et qui n’est pas possible, c’est qu’une chose soit la cause efficiente d’elle-même, ce qui la supposerait antérieure à elle-même, chose impossible. Or, il n’est pas possible non plus qu’on remonte à l’infini dans les causes efficientes ; car, parmi toutes les causes efficientes ordonnées entre elles, la première est cause des intermédiaires et les intermédiaires sont causes du dernier terme, que ces intermédiaires soient nombreux ou qu’il n’y en ait qu’un seul. D’autre part, supprimez la cause, vous supprimez aussi l’effet. Donc, s’il n’y a pas de premier, dans l’ordre des causes efficientes, il n’y aura ni dernier ni intermédiaire. Mais si l’on devait monter à l’infini dans la série des causes efficientes, il n’y aurait pas de cause première ; en conséquence, il n’y aurait ni effet dernier, ni cause efficiente intermédiaire, ce qui est évidemment faux. Il faut donc nécessairement affirmer qu’il existe une cause efficiente première, que tous appellent Dieu.

La troisième voie se prend du possible et du nécessaire, et la voici. Parmi les choses, nous en trouvons qui peuvent être et ne pas être. La preuve, c’est que certaines choses naissent et disparaissent, et par conséquent ont la possibilité d’exister et de ne pas exister. Mais il est impossible que tout ce qui est de telle nature existe toujours ; car ce qui peut ne pas exister n’existe pas à un certain moment. Si donc tout peut ne pas exister, à un moment donné, rien n’a existé. Or, si c’était vrai, maintenant encore rien n’existerait ; car ce qui n’existe pas ne commence à exister que par quelque chose qui existe. Donc, s’il n’y a eu aucun être, il a été impossible que rien commençât d’exister, et ainsi, aujourd’hui, il n’y aurait rien, ce qu’on voit être faux. Donc, tous les êtres ne sont pas seulement possibles, et il y a du nécessaire dans les choses. Or, tout ce qui est nécessaire, ou bien tire sa nécessité d’ailleurs, ou bien non. Et il n’est pas possible d’aller à l’infini dans la série des nécessaires ayant une cause de leur nécessité, pas plus que pour les causes efficientes, comme on vient de le prouver. On est donc contraint d’affirmer l’existence d’un Être nécessaire par lui-même, qui ne tire pas d’ailleurs sa nécessité, mais qui est cause de la nécessité que l’on trouve hors de lui, et que tous appellent Dieu.

La quatrième voie procède des degrés que l’on trouve dans les choses. On voit en effet dans les choses du plus ou moins bon, du plus ou moins vrai, du plus ou moins noble, etc. Or, une qualité est attribuée en plus ou en moins à des choses diverses selon leur proximité différente à l’égard de la chose en laquelle cette qualité est réalisée au suprême degré ; par exemple, on dira plus chaud ce qui se rapproche davantage de ce qui est superlativement chaud. Il y a donc quelque chose qui est souverainement vrai, souverainement bon, souverainement noble, et par conséquent aussi souverainement être, car, comme le fait voir Aristote dans la Métaphysique, le plus haut degré du vrai coïncide avec le plus haut degré de l’être. D’autre part, ce qui est au sommet de la perfection dans un genre donné, est cause de cette même perfection en tous ceux qui appartiennent à ce genre : ainsi le feu, qui est superlativement chaud, est cause de la chaleur de tout ce qui est chaud, comme il est dit au même livre. Il y a donc un être qui est, pour tous les êtres, cause d’être, de bonté et de toute perfection. C’est lui que nous appelons Dieu.

La cinquième voie est tirée du gouvernement des choses. Nous voyons que des êtres privés de connaissance, comme les corps naturels, agissent en vue d’une fin, ce qui nous est manifesté par le fait que, toujours ou le plus souvent, ils agissent de la même manière, de façon à réaliser le meilleur ; il est donc clair que ce n’est pas par hasard, mais en vertu d’une intention qu’ils parviennent à leur fin. Or, ce qui est privé de connaissance ne peut tendre à une fin que dirigé par un être connaissant et intelligent, comme la flèche par l’archer. Il y a donc un être intelligent par lequel toutes choses naturelles sont ordonnées à leur fin, et cet être, c’est lui que nous appelons Dieu ».

 


[1] Précis de théologie dogmatique, 2e éd, Salvator, Paris, 1957, p.27-34.

[2] St. Thomas d’Aquin, In Boethium de Trinitate, 1, 3, ad 6.

[3] Ott, p. 32 : « Une ignorance, non-coupable et insurmontable, de l’existence de Dieu n’est pas possible longtemps chez l’adulte normalement développé, en raison de la facilité, attestée par l’Écriture et la Tradition, qu’a tout homme de connaître Dieu naturellement ».

[4] « Je professe que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être certainement connu, et par conséquent aussi, démontré à la lumière naturelle de la raison ‘par ce qui a été fait’ (Rm 1,20), c’est-à-dire par les œuvres visibles de la création, comme la cause par les effets ».

[5] Cf. appendice où est reproduit ce passage.

[6] Pontifical romain : « Nous l’excluons des limites de la Sainte Mère Église au Ciel et sur la Terre, nous le déclarons excommunié et anathématisé, et nous le jugeons damné avec le diable et ses anges et tous les réprouvés dans le feu éternel, jusqu’à ce qu’il vienne à résipiscence des pièges du démon ».

[7] DH 1526 (concile de Trente, décret sur la justification, 13 janvier 1547 : « Les hommes sont disposés à la justice elle-même lorsque, poussés et aidés par la grâce divine, concevant en eux la foi qu’ils entendent prêcher (Rm 10, 17), ils vont librement vers Dieu, croyant qu’est vrai tout ce qui a été divinement révélé et promis et, avant tout que Dieu justifie l’impie ‘par Sa grâce, au moyen de la Rédemption qui est dans le Christ Jésus’ (Rm 3, 24) ; lorsque, aussi, comprenant qu’ils sont pécheurs et passant de la crainte de la justice divine, qui les frappe fort utilement, à la considération de la miséricorde de Dieu, ils s’élèvent à l’espérance, confiants que Dieu, à cause du Christ, leur sera favorable, commencent à L’aimer comme source de toute justice, et, pour cette raison, se dressent contre les péchés, animés par une sorte de haine et de détestation, c’est-à-dire par cette pénitence que l’on doit faire avant le baptême (Ac 2, 38) ; lorsque, enfin, ils se proposent de recevoir le baptême, de commencer une vie nouvelle et d’observer les commandements divins » et DH 2123 (65 propositions condamnées par le St. Office sous Innocent XI le 2 mars 1679) : est fausse l’affirmation « La foi au sens large du mot qui vient du témoignage des créatures ou d’un motif semblable suffit à la justification ».

[8] Cf. ST, I, 1, ad 1 : « Il est bien vrai qu’il ne faut pas chercher à scruter au moyen de la raison ce qui dépasse la connaissance humaine, mais à la révélation qui nous en est faite par Dieu nous devons accorder notre foi. Aussi, au même endroit, est-il ajouté : ‘Beaucoup de choses te sont montrées qui dépassent la compréhension humaine’. C’est en ces choses que consiste la doctrine sacrée ».