21e dim ap Pentecôte (9 octobre 2016)

Homélie du 21e dimanche après la Pentecôte

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Les deux serviteurs débiteurs

Ce dimanche nous présente comme un triptyque de la vie chrétienne à la lumière du second avènement. Avec au milieu : a) l’amour du prochain (le pardon dans la charité) évoqué dans l’Évangile, entouré du b) combat dans la tentation (l’épître), c) et de la patience dans les souffrances (Job évoqué à l’offertoire) (Dom Pius Parsch, Guide dans l’Année liturgique). Méditons sur l’Évangile de ce dimanche (Mt 18, 23-35) à la lumière du commentaire de St. Thomas[1].

  1. L’attitude divine face à la dette humaine
    1. Les débiteurs et l’ampleur de la dette

Le Royaume des Cieux n’est rien d’autre que Dieu Lui-même, auquel nous avons accès par la seconde Personne de la Trinité, Jésus, ce qui en fait notre Sauveur : « le Christ Jésus, lui qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification, rédemption » (1 Co 1, 30). Il est le roi de la parabole, le maître. Le Royaume est bien sûr la Patrie céleste mais ici-bas, sa figure et anticipation est l’Église de Dieu, l’Église catholique. St. Thomas considère que les serviteurs du maître sont au sens strict les prélats de l’Église, auxquels est confiée la charge d’âmes[2]. Toutefois, au sens plus large, on entend par serviteurs tout un chacun, tout homme à qui la garde de son âme est confiée, afin qu’il opère à son propre salut[3].

Donc tout le monde devra aussi rendre des comptes : « Je vous le dis : toute parole creuse (de verbo otioso) que prononceront les hommes, ils devront en rendre compte au jour du Jugement » (Mt 12, 36). Bien sûr, rendre des comptes se fera de manière éminente au jour du jugement particulier, à la mort de chacun, mais aussi lorsque quelqu’un entre en tribulation, ce doit être un moyen de vérifier notre fidélité car nous pouvons déjà être purifiés ici-bas de nos péchés (1 P 4, 17-19 : « Car voici le temps du jugement : il commence par la famille de Dieu. Or, s’il vient d’abord sur nous, quelle sera la fin de ceux qui refusent d’obéir à l’Évangile de Dieu ? Et, si le juste est sauvé à grand-peine, l’impie, le pécheur, où va-t-il se montrer ? Ainsi, ceux qui souffrent en faisant la volonté de Dieu, qu’ils confient leurs âmes au Créateur fidèle, en faisant le bien »). Chacun doit donc faire régulièrement son examen de conscience pour ne pas la laisser être trop chargée : « Examinons nos chemins, scrutons-les et revenons au Seigneur » (Lam 3, 40).

10.000 talents, soit 60.000.000 de drachmes est une somme énorme, à prendre au sens symbolique pour une multitude de péchés (10 pour les 10 commandements et mille pour la puissance trois) comme il est dit dans la prière de Manassé 1, 11 : « parce que j’ai péché plus que le nombre des grains de sable de la mer, mes iniquités se sont multipliées »[4].

  1. Toujours prêt ?

L’homme doit toujours être prêt à rendre des comptes, à toute heure de sa vie car il en ignore le terme fixé par la Providence Divine. Autrefois, lorsque la mort n’était pas le tabou absolu, on disait que la vie n’était qu’une longue préparation à la mort. On cherchait à être toujours prêt à mourir, c’est-à-dire ne remettant jamais trop loin une confession et en pratiquant l’aumône, réglant ses affaires terrestres par un testament etc… Les prédicateurs n’hésitaient pas à représenter l’enfer pour inciter les gens à se mettre en règle avec Dieu sans trop repousser le temps de la pénitence, de peur que ce temps de résipiscence ne leur échappe à l’improviste. Les Ars moriendi décrivaient la bonne mort chrétienne, dont le saint patron est St. Joseph. Alors qu’aujourd’hui les gens rêvent de mourir d’une « bonne » crise cardiaque dans leur sommeil, pour ne pas souffrir. Auparavant, cela aurait fait frémir. Le culte de St. Christophe n’a pas d’autre but que de protéger contre la mort subite. Si on le priait en regardant chaque jour sa représentation, on en était préservé. Raison pour laquelle, surtout dans les pays d’Europe Centrale, il est souvent représenté en très grand, voire même sur un mur extérieur à l’église, pour qu’on puisse le voir de loin, sans même rentrer dans l’édifice !

La mort n’était pas un tabou comme elle l’est devenue aujourd’hui. On mourrait entouré de ses parents, amis et voisins, muni des derniers sacrements : la dernière confession et absolution, l’extrême-onction pour recevoir la force de lutter contre les ultimes tentations diaboliques durant l’agonie[5] et la dernière communion ou viatique, nourriture spirituelle pour le voyage vers l’au-delà. Une personne qui repousserait trop la réception de ces sacrements risquerait d’exposer son âme à un grand péril, surtout si elle avait commis des péchés mortels non confessés.

L’Impératrice Zita dans son recueil Allerlei und Anderes (De choses et d’autres) donne 2 récits édifiants de ce genre. En Inde, un officier anglais catholique avait sans cesse repoussé le moment de se confesser, malgré l’insistance de la missionnaire qui le soignait pour lui amener un prêtre. Après il fut trop tard : son dernier regard semble clairement indiquer qu’il a vu qu’il irait ainsi en enfer[6].

L’autre récit, très similaire, concerne un capitaine de navire français à Smyrne (Izmir, Turquie) qui refusa, malgré les objurgations du prêtre qu’il connaissait de se convertir car il l’avait solennellement averti : autrement il irait en enfer. Et c’est ce qui advint car lorsqu’il voulut enfin se confesser, le prêtre n’était pas présent sur place mais en tournée de mission[7]. Le commentaire théologique et spirituel de l’Impératrice est intéressant et extensible à tout un chacun au risque de tomber dans la présomption (outrecuidance) du capitaine : « L’heure de la grâce, c’était maintenant, qui pouvait savoir s’il trouverait, à l’heure de sa mort, la main de Dieu qu’il avait si souvent repoussée ? ».

  1. L’exigence de la justice puis la remise de la dette

Le maître veut obtenir réparation. Le texte présente la cause, puis la peine, enfin son fruit. Une personne est punie lorsqu’elle n’a pas de quoi satisfaire par elle-même, c’est à dire que tout ce qu’elle a ne suffirait pas (« Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser », Mt 18, 25). « Qu’offrirai-je de digne au Seigneur ? » (Mi 6, 6[8]). Au fond, nous n’avons toujours que les mains vides. Tout bien que nous faisons étant une grâce divine. La seule chose en propre que nous ayons est notre péché. Il convient donc de l’offrir par notre contrition.

Être vendu pour le serviteur se rapporte à la justice divine. Lorsqu’on est vendu, un prix est fixé et ce prix du péché est donc la peine. « C’est à cause de vos fautes que vous avez été vendus, à cause de vos révoltes que votre mère a été renvoyée » (Is 50, 1). Les fils sont les œuvres. La femme serait la concupiscence, racine du péché. Tout ses biens seraient les dons de Dieu mal utilisés.

La miséricorde divine est provoquée par la prière comme le recommandait Sir 21, 1 : « Mon fils, tu as péché ? Ne recommence plus, mais demande pardon pour le passé ». Trois qualités le recommandent au maître : l’humilité, la discrétion, la justice. Sa position (« tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné », Mt 18, 26) indique l’humilité, or le Seigneur est Celui qui regarde la prière des humbles (Ps 101, 18[9]). Il implore aussi avec discrétion, au sens de discernement : le débiteur mauvais ne réclame pas que lui soit remise toute la dette mais seulement un délai, afin qu’il puisse satisfaire, payer son dû. Enfin, « je te rembourserai tout » indique le désir de justice, le but à atteindre étant de plaire vraiment à Dieu comme dans la finale du fameux psaume où David exprime le mieux son repentir : « alors on offrira des taureaux sur ton autel » (Ps 50, 21).

C’est moins la douleur du pénitent que la miséricorde du maître qui cause la rémission de la dette car toujours ce que fait l’homme est bien peu par rapport à ce que Dieu fait : « Il ne s’agit donc pas du vouloir ni de l’effort humain, mais de Dieu qui fait miséricorde »[10]. La preuve en est que le maître donne plus que l’homme n’osait demander comme le chante l’Église durant le rituel de la messe : « Dieu tout-puissant et éternel, qui dépassez par l’abondance de votre bonté les mérites et les vœux de ceux qui vous prient »[11]. Une grande contrition peut donc effacer tous les péchés.

  1. L’attitude de l’homme face à un débiteur
    1. L’ingratitude humaine

L’ingratitude du débiteur est aggravée par 5 facteurs :

  • Un facteur temporel car il agit exactement au contraire de l’attitude du maître le jour même, n’ayant pas l’excuse de l’oubli des bienfaits du maître ! Comme un pécheur qui retournerait sur les chemins du péché immédiatement après s’être confessé. Il est dans la situation décrite par Jc 1, 13-24 : « si quelqu’un écoute la Parole sans la mettre en pratique, il est comparable à un homme qui observe dans un miroir son visage tel qu’il est, et qui, aussitôt après, s’en va en oubliant comment il était ».
  • Il connaît l’autre serviteur (« un de ses compagnons », son égal), oubliant Sir 28, 3 : « Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut-il demander à Dieu la guérison ? ».
  • La somme qu’il doit est très modeste : 100 deniers, soit moins en quantité (au lieu de 10.000) et en unités (des deniers au lieu des talents), donc 450.000 fois moins ! Autant dire des peccadilles ! En effet, les péchés qui sont commis contre Dieu sont plus graves et plus nombreux que les péchés contre les hommes qui sont plus légers, dus à la faiblesse.
  • Sa cruauté pour obtenir gain de cause : il maltraite son compagnon : « Il se jeta sur lui pour l’étrangler » (Mt 18, 28).
  • Sa dureté qui refuse la remise de la dette alors qu’il est supplié : il se jette à ses pieds comme lui-même l’avait fait auprès du maître pour supplier (‘rogabat’ remplace juste ‘orabat’ car il s’agit ici d’un homme et non plus de Dieu comme dans le cas du maître). Tout est vain car « le méchant n’a que cruauté à la place du cœur ! » (Prov 12, 10).
  1. La peine pour l’ingratitude
  • Les autres compagnons réprouvent ce péché : on constate chez eux une sorte de solidarité naturelle, dévoyée chez le mauvais serviteur : « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance » (1 Co 12, 26). « Soyez joyeux avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent » (Rm 12, 15).
  • Ils implorent donc la justice divine car « Le Seigneur a exaucé le désir des pauvres, Son oreille a entendu les cris de leur cœurs » (Ps 10, 17, Vulgate). « Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses » (Ps 33 (34), 7). Vient ensuite l’objurgation contre le péché de la part de Dieu. Le maître convoque (« celui-ci le fit appeler », Mt 18, 32). Cela implique la mort qui est le rappel à Dieu. Nous sommes jugés pleinement à notre mort. Il lui reproche sa malice, les bienfaits reçus, lui rappelle ce qu’il devait faire. L’opprobre ne vient pas du fait qu’il n’avait pas alors soldé sa colossale dette antérieure mais qu’il n’a pas agi maintenant de manière juste. Transposé : il n’est pas étonnant que l’homme pèche, c’est humain. Mais persévérer dans le péché est diabolique. Toi qui a reçu de si grands bienfaits, ne devais-tu pas te consacrer à faire de simples et petites bonnes actions, à ta portée ?
  • La peine est donc la séparation de Dieu, la peine du dam. Lorsqu’Il avait dit qu’il devait être vendu au verset 25, le maître n’était pas en colère, au contraire du verset 34. Les avertissements sont fruits non pas de la justice divine mais de Sa miséricorde. Alors que là, c’est la colère de Dieu. Après la damnation, peine principale de l’enfer (« son maître le livra ») vient la peine des sens (« aux bourreaux »). Elles sont éternelles (« jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait ») car il n’est pas possible à la personne qui meurt en-dehors de la charité de satisfaire pour ses péchés (St. Thomas : « qui decedit sine caritate, non poterit satisfacere »).
  • L’application de la parabole : le Père est Dieu. Il ne remettra pas les péchés si nous ne les remettons pas. Ce que nous disons d’ailleurs dans le Notre Père : « Remettez-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs » (Mt 6, 12).

Conclusion :

Le 2 novembre, jour de la commémoraison des fidèles défunts, ainsi qu’à chaque messe de Requiem (du moins dans la forme extraordinaire), nous chantons la fameuse et si belle séquence liturgique du Dies iræ (cf. So 1, 15).

Quelle terreur nous saisira

lorsque le Juge apparaîtra

pour tout juger avec rigueur ! (…)

Quantus tremor est futúrus,

quando judex est ventúrus,

cuncta stricte discussúrus !

Lorsque le Juge siégera,

tous les secrets seront révélés

et rien ne restera impuni (…)

Judex ergo cum sedébit,

quidquid latet apparébit,

nihil inúltum remanébit 

Juste Juge de votre vengeance,

faites-moi don de la rémission

avant le jour où j’aurai à rendre des comptes

Juste Judex ultiónis,

donum fac remissiónis

ante diem ratiónis 

Je gémis comme un coupable,

la faute rougit mon visage,

au suppliant, pardonnez Seigneur.

Vous qui avez absous Marie(-Madeleine),

et, au bon larron, exaucé les vœux,

à moi aussi vous rendez l’espoir.

Mes prières ne sont pas dignes (d’être exaucées),

mais vous, si bon, faites par votre bonté

que jamais je ne brûle dans le feu (…).

Je prie suppliant et incliné,

le cœur contrit comme de la cendre,

prenez soin de ma fin

Ingemísco, tamquam reus,

culpa rubet vultus meus,

supplicánti parce Deus.

Qui Maríam absolvísti,

et latrónem exaudísti,

mihi quoque spem dedísti.

Preces meæ non sunt dignæ,

sed tu bonus fac benígne,

ne perénni cremer igne.

Oro supplex et acclínis,

cor contrítum quasi cinis,

gere curam mei finis.

« Tout homme, sans doute, a son frère pour débiteur ; car quel est l’homme qui n’ait jamais été offensé par personne ? Mais quel est l’homme aussi qui ne soit le débiteur de Dieu, puisque tous ont péché ? L’homme est donc à la fois débiteur de Dieu, créancier de son frère. C’est pourquoi le Dieu juste t’a posé cette règle d’en agir avec ton débiteur comme il le fait avec le sien »[12].

Tous les hommes sont pécheurs. N’oublions pas que le juste pèche cette fois par jour ![13] Et ils contractent une dette bien plus grande que celle d’argent. Nous devons prendre l’habitude de ne pas nous coucher sans demander pardon à Dieu par un examen de conscience comme le prescrit d’ailleurs l’Église aux clercs tenus à la récitation de l’Office divin (bréviaire), pour les complies. Ce qui prépare la prochaine confession sacramentelle. Nous ne savons pas si nous vivrons jusqu’à demain ! Oublions donc les rancunes, pardonnons les injustices. Tu appelles Dieu ton Père, et tu gardes mémoire d’une injure ! Ce n’est pas là le fait d’un fils de Dieu ! Nous aurons la même mesure que celle que nous employons[14].

 


[1] Super Ioannem, capitulum 4, lectiones 6-7. Ce passage se divise en trois parties : d’abord la miséricorde divine (v. 23-27), ensuite l’ingratitude humaine (v. 28-31), enfin la peine pour cette ingratitude (v. 31-35).

[2] « L’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? » (Lc 12, 42). En effet, les intendants de Dieu ou prélats « sont là pour veiller sur vos âmes, ce dont ils auront à rendre compte » (He 13, 17)

[3] Job dont l’antienne d’offertoire rapporte le récit, est appelé « servus meus » (Job 1, 8) dans le dialogue entre Dieu et Satan qui voulait l’éprouver.

[4] « quoniam peccavi super numerum arenæ maris, multiplicatæ sunt iniquitates meæ ».

[5] Aujourd’hui, la pratique pastorale tendrait à anticiper l’extrême-onction, du coup appelée plutôt désormais « onction des malades ».

[6] Récit 3.6.6 : « La mort vint et dans la dernière seconde se peignit soudain sur ses traits une terrible épouvante. Les yeux grand-ouverts, il regardait horrifié dans une direction et essayait de faire avec ses mains des mouvements pour se protéger, il retomba le visage décomposé et mourut. La pauvre femme geignit fortement et s’agrippant à la sœur demanda : ‘Qu’a-t-il vu ? Qu’a-t-il vu, ma sœur ?’ »/

[7] Récit 3.6.6 : « Celui-ci faisait toujours appel à sa conscience. Il lui disait qu’il ne pouvait pas prétexter l’ignorance car il savait trop précisément que s’il mourait dans cet état, il irait en enfer : il devrait enfin se mettre en règle (…). La fin arriva : au dernier moment, il se redressa alors qu’il était profondément prostré : avec une expression d’épouvante, il cria : ‘C’est trop tard. C’est l’enfer !’ et il mourut ».

[8] « quid dignum offeram domino ? » malheureusement traduit par « Comment dois-je me présenter devant le Seigneur ? ».

[9] Vulgate : « respexit in orationem humilium et non sprevit precem eorum », traduit aujourd’hui par « Il se tournera vers la prière du spolié, il n'aura pas méprisé sa prière ».

[10] Célèbre phrase de Rm 9, 16 : « non est currentis, sed miserentis Dei » qui fut reprise durant la querelle janséniste.

[11] Collecte du 11e dimanche après la Pentecôte : « Omnípotens sempitérne Deus, qui, abundántia pietátis tuæ, et merita súpplicum excédis et vota : effúnde super nos misericórdiam tuam ; ut dimíttas quæ consciéntia metuit, et adícias quod orátio non præsúmit. Per Dóminum ».

[12] St. Augustin, Sermon 83, 2.

[13] « Car le juste tombe sept fois mais se relève, alors que les méchants s’effondrent dans le malheur » (Prov 24, 16).

[14] « de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera » (Mt 7, 2).