Rosaire (1er octobre)

Homélie de la Solennité du Saint-Rosaire (dimanche 1er octobre 2017)

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La vertu d’humilité

« Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29)

Nous fêtons aujourd’hui une solennité de la Très-Sainte Vierge Marie dont le trait saillant est sans doute l’humilité ainsi qu’elle le proclame dans son Magnificat : Exaltavit humiles : « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles » (Lc 1, 52). Nous sommes aussi dans une configuration angélique forte entre la St. Michel (29 septembre) et la fête des saints anges gardiens (2 octobre). Contrairement à l’orgueil du démon exprimé par son « non serviam » : je ne servirai pas, les anges sont ceux qui ont accepté humblement de servir Dieu, y compris dans l’abaissement de l’Incarnation du Fils (Mt 4, 11 quand ils servaient la nature humaine de Jésus après 40 jours au désert et qu’il eut faim : « Alors le diable Le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils Le servaient »). Méditons donc sur cette vertu si essentielle, telle qu’elle a été vécue si fortement par Ste. Thérèse de Lisieux.

  1. Nature de l’humilité
    1. L’humilité modère l’appétit des choses élevées

L’appétit ou désir humain, est divisé entre concupiscible et irascible. L’irascible a une connotation particulière : c’est un bien ardu. Il attire en tant que bien mais nous répugne parfois en tant que difficile à obtenir. Il suscite donc à la fois l’espoir pour le rejoindre et le découragement quand il semble par moment hors de portée. Le premier mouvement, l’appétit, doit être réglé par une vertu qui le modère et le refrène : c’est le rôle de l’humilité pour qu’il ne tende pas de façon immodérée aux choses élevées[1] : elle est un « certain abaissement louable vers le bas »[2]. L’humilité fait en effet étymologiquement penser à l’humus, ce qui se trouve donc par terre, en bas[3]. Par contre, pour qu’il ne soit pas découragé, l’homme a aussi besoin d’être conforté : c’est la magnanimité qui le pousse à poursuivre ce qui est grand. Les deux vertus ne sont donc pas contradictoires mais complémentaires car elles se rapportent toutes deux à la droite raison[4].

Ste. Bernadette disait qu’il fallait beaucoup d’humiliations pour faire un peu d’humilité[5]. Autant dire qu’il y a un lien entre les deux qu’éclaire St. Thomas : on peut être humble par un principe extrinsèque : lorsque par exemple un homme est abaissé par un autre. Et alors l’humilité a un caractère pénal[6]. Ou on peut être humble par un principe intrinsèque, considérant ce qui nous manque, on s’abaisse selon sa condition, comme Abraham : « J’ose encore parler à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre » (Gn 18, 27).

  1. L’humilité s’abaisse devant Dieu

Finalement, l’humilité est liée à la vérité comme l’enseigne Ste. Thérèse de Jésus : « Je me demandais un jour pour quelle raison Notre-Seigneur était si ami de la vertu d’humilité (…) : c’est parce que Dieu est la suprême Vérité et que l’humilité consiste à marcher selon la vérité »[7]. Qu’est-ce à dire sinon que l’homme doit être dans une attitude de vérité ? Il n’est d’une part métaphysiquement qu’une créature, donc faible par nature ; d’autre part, pécheur, faible par choix. Deux raisons qui font qu’il doit se placer dans un juste rapport avec Celui qui est tout. Cela est clairement exprimé par le Christ à Ste. Catherine de Sienne et ne saurait être oublié sans de grands dommages : « Sait-tu, ma fille, qui tu es et qui je suis ? Tu es celle qui n’est pas. Je suis Celui qui suis »[8]. Jésus se référait là bien sûr à la révélation du nom divin YHWH à Moïse au buisson ardent (Ex 3, 14).

Mais nous pouvons ajouter avec St. Ignace de Loyola : « je suis pécheur mais aimé, pardonné ». En effet, s’il faut ne pas se hausser du col, il ne convient pas non plus de se rabaisser trop bas prévient St. Thomas : « parfois cela peut être mauvais, lorsque, par exemple, l’homme, oubliant sa dignité, se compare aux bêtes stupides, et devient semblable à elles (cf. Ps 48/49, 13) ». Envier le sort d’une vache qui n’a pas les soucis des hommes ne suit pas la droite raison. Il faut donc garder un juste milieu : que l’homme ne s’attribue pas plus qu’il ne lui revient selon le rang qu’il a reçu de Dieu[9]. De la même manière, Dieu étant Dieu, l’humilité ne convient pas à sa nature divine. Par contre, elle lui convient selon la nature humaine qu’Il a assumée en Jésus-Christ[10].

Le disciple n’étant pas plus grand que son maître (Mt 10, 24), le chrétien se doit d’être humble. En réalité, l’humilité est cette vertu spéciale qui concerne principalement la subordination de l’homme à Dieu, à cause duquel il se soumet aussi aux autres lorsqu’il s’humilie.

C’est bien dans l’appétit qu’elle modère que réside cette vertu, même si elle est dirigée par l’estimative puisque c’est en prenant conscience de ce qui nous manque, par la comparaison de ce qui excède nos forces, qu’on devient humble[11]. Par contre, n’oublions jamais le lien avec la magnanimité. Nous devons rechercher de grandes choses sans nous décourager. Et quelle autre grande chose que le Ciel ? Si l’humble sait qu’il faut prendre au pied de la lettre le « en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5), il sait qu’il peut tout par Celui qui agira pour lui. Il n’est pas contraire à l’humilité de tendre à de grandes choses en mettant sa confiance dans le secours divin, surtout qu’on est d’autant plus élevé au regard de Dieu que l’on se soumet davantage à Lui par humilité. S’élever vers Dieu n’est pas s’élever contre Dieu (St. Augustin). C’est exactement la petite voie de l’enfance. L’humilité est un appel d’air à la grâce divine.

  1. L’humilité dans les rapports avec autrui

L’homme est un être complexe, opposé donc à la simplicité qui existe en Dieu. Ce qui vient proprement de lui est défaut, ce qui est salut et perfection vient de Dieu[12]. Tout homme, s’il considère ce qui est de lui, doit se mettre au-dessous du prochain en considérant la part de Dieu dans l’autre, d’où le sens de cette phrase : « ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes » (Ph 2, 3).

Cependant, l’humilité n’exige pas que l’on mette ce qui, en soi-même, est de Dieu, au-dessous de ce qui apparaît être de Dieu chez les autres. Car qui a reçu un don de Dieu ne l’ignore pas[13] alors qu’il ne peut sonder les reins et les cœurs chez l’autre. De même, elle n’exige pas non plus que l’on place ce qui est humain en nous au-dessous de ce qui est humain chez le prochain car l’homme doit se juger en vérité et non pas mentir en prétendant être plus pécheur que tous les autres. Néanmoins, tout homme peut juger qu’il y a dans le prochain quelque chose de bon que lui-même n’a pas, ou qu’il y a en lui-même quelque chose de mauvais qui ne se trouve pas chez l’autre, ce qui lui permet de se mettre par humilité au-dessous du prochain[14]. St. Thomas va même plus loin : il peut y avoir en l’autre quelque chose de caché qui nous soit supérieur, même si notre bien, par quoi nous paraissons lui être supérieur, n’est pas caché[15].

  1. L’humilité et les autres vertus
    1. L’humilité, fille de la tempérance

Les philosophes appellent l’humilité métriotès, c’est-à-dire mesure ou modération. Elle fait partie de la modestie, vertu rattachée à la tempérance qui elle-même freine ou réprime l’emportement d’une passion. De même que la douceur réprime le mouvement de colère, l’humilité réprime le mouvement d’espoir, élan de l’esprit tendant vers de grandes choses. Nous pourrions améliorer la définition d’Aristote. Au lieu d’appeler tempéré (= humble) celui qui tend vers de petites choses, selon ses possibilités[16], nous dirons qu’est véritablement humble celui qui tend vers le salut éternel sachant qu’il n’a aucun mérite préalable et doit tout attendre du secours divin donné par pure miséricorde.

  1. L’humilité est une grande vertu cardinale

Ce qui fait la bonté d’une vertu, c’est son ordination à la fin. Les vertus théologales (en particulier la charité), ordonnant vers la fin ultime qu’est Dieu, sont nécessairement supérieures à toutes les autres. Ensuite viennent les vertus qui concernent les moyens ordonnés à cette fin, d’abord les intellectuelles puis les morales. C’est la raison qui ordonne par la justice, surtout par la justice légale. C’est encore elle qui régule l’appétit par l’humilité qui arrive donc après cette même justice et avant les autres vertus qui régulent l’un ou l’autre aspect particulier[17].

Si l’on compare le bel ordonnancement des vertus à un édifice, ce qui est premier dans l’acquisition des vertus est assimilé aux fondations. Mais les véritables vertus sont infusées par Dieu, c’est pourquoi ce qui est premier dans l’acquisition des vertus s’entend de deux manières.

1) elle enlève un obstacle. L’humilité tient alors la première place en vidant l’enflure de l’orgueil et en rendant l’homme docile et ouvert à l’influx de la grâce divine : « Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce » (Jc 4, 6).

2) elle donne directement accès à Dieu : de ce point de vue, la foi précède l’humilité : « sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu ; car, pour s’avancer vers lui, il faut croire qu’il existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent » (He 11, 6)[18].

St. Jean Chrysostome à partir du pharisien et du publicain, met toutefois en garde, puisqu’en l’homme, rien n’est chimiquement pur : « Prête-moi deux attelages : l’un composé de la justice et de l’orgueil, l’autre du péché et de l’humilité. Tu verras le péché dépasser la justice, non par ses propres forces, mais par les forces de l’humilité qui lui est jointe ; et tu verras l’autre couple vaincu, non par la faiblesse de la justice, mais par le poids et l’enflure de l’orgueil »[19]. Celui qui se fait humble ne reste pas à terre car Dieu veut l’exalter, mais dans le secret du roi : « Ne crois pas que celui qui s’humilie sera toujours à terre, puisqu’il est dit : ‘Il sera exalté’. Mais ne crois pas qu’il le sera aux yeux des hommes par les grandeurs terrestres » (St. Augustin)[20].

  1. Les douze degrés de l’humilité selon St. Benoît

Dans le chapitre 7 de la règle bénédictine, le patriarche fixe pour ses moines douze degrés de l’humilité que commente et classifie St. Thomas d’Aquin :

1) Se montrer toujours humble de cœur et de corps, en tenant les yeux fixés à terre

dans les gestes extérieurs (regards)

2) Parler peu, de choses sérieuses, et sans élever la voix

ne dépasse pas la mesure en parlant

3) ne pas rire avec facilité et promptitude

dans les gestes extérieurs (rire)

4) garder le silence jusqu’à ce que l’on soit interrogé

dans les paroles

5) observer la règle commune du monastère

se rapportant aux signes extérieurs : les faits

6) se croire et se dire le plus méprisable de tous

se rapportant à l’estimation de l’homme reconnaissant ses défauts[21]

7) s’avouer et se croire indigne et inutile en tout

 

8) confesser ses péchés

 

9) embrasser patiemment par obéissance les choses dures et pénibles

appartient à l’appétit : ne pas tendre de façon désordonnée vers sa propre supériorité

10) se soumettre avec obéissance au supérieur

 

11) ne pas prendre plaisir à faire sa volonté propre

 

12) craindre Dieu et se rappeler tous ses commandements

appartient à la racine de l’humilité

 

St. Benoît part d’un commentaire de l’échelle de Jacob où notre corps et notre âme figurent les deux montants de l’échelle, ayant chacun leur rôle dans ces degrés. Nous nous élevons sur l’échelle par l’humilité mais nous en redescendant si nous tombons dans l’orgueil. Par l’évocation du composé humain âme/corps transparaît toute la logique chrétienne de l’Incarnation et donc des sacrements : « de cette humble disposition intérieure procèdent certains signes extérieurs dans les paroles, et dans les faits et gestes, qui manifestent ce qui se cache à l’intérieur ». St. Benoît et St. Thomas ne donnent pas l’ordre de la même manière : l’un plus descendant, l’autre ascendant. Cela fait penser aux deux moyens qu’à l’homme pour parvenir à l’humilité : 1) par la grâce (l’humilité fervente[22]) : ce qui est intérieur précède ce qui est extérieur.

2) par l’effort de l’homme (l’humilité raisonnable) : l’homme commence par réprimer l’extérieur, et il parvient ensuite à extirper la racine intérieure.

Conclusion :

Mais le but de ces degrés est d’atteindre à l’amour filial et non plus la crainte servile[23], aussi concluons dans un esprit thérésien en reprenant en nous jetant dans les bras maternels de la Très-Sainte Vierge Marie qui sera notre ascenseur vers Jésus et en reprenant ces si jolis versets du psaume 130 :

« Seigneur, je n'ai pas le coeur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent.

Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère.

Espère le Seigneur, Israël, maintenant et à jamais ».

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Les litanies de l’humilité du serviteur de Dieu Rafael Cardinal Merry del Val y Zulueta Wilcox (1865-1930, secrétaire d’État du Pape Saint Pie X de 1903 à 1914) :

V. : Ô Jésus, doux et humble de cœur,
R. : Rendez mon cœur semblable au Vôtre.

Du désir d’être estimé, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être affectionné, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être recherché, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être honoré, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être loué, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être préféré, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être consulté, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être approuvé, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être compris, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être visité, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être humilié, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être méprisé, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être rebuté, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être calomnié, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être oublié, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être raillé, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être soupçonné, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être injurié, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être abandonné, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être refusé, délivrez-moi Seigneur,
Que d’autres soient plus aimés que moi, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
Que d’autres soient plus estimés que moi, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
Que d’autres grandissent dans l’opinion et que je diminue, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
Que d’autres soient loués et que je sois oublié, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
Que d’autres soient employés et que je sois mis de côté, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
Que d’autres soient préférés en tout, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
Que d’autres soient plus saints que moi, pourvu que je le soit autant que je puis l’être, accordez-moi, Seigneur, de le désirer.
Ainsi soit-il.

 


[1] ST, II-II, 161, 1.

[2] ad 2.

[3] St. Isidore l’avait noté : « ‘humilis dictur quasi humi acclinis’, idest imis inhærens » in ST, II-II, 161, 1, ad 1.

[4] ad 3.

[5] Deux petites anecdotes montrent qu’elle pratiquait grandement cette vertu. Alors qu’une sœur lui montrait une photographie de la grotte de Lourdes, espérant la faire parler, Bernadette l’interrogea : - que fait-on d'un balai ? ; - quelle question ! on s'en sert pour balayer ! ; - et après ? ; - on le met à sa place, derrière la porte ! ; - eh bien ! c'est mon histoire : la Sainte Vierge s'est servie de moi, puis on m'a mise à ma place. J'en suis heureuse, et j'y reste ! Un autre jour, une sœur se plaint à Ste. Bernadette : - vous, au moins, vous êtes supérieure de l'infirmerie ! - moi, supérieure ? je n'aspire qu'à être supérieure de moi-même et je ne peux y parvenir !

[6] Les moines vont très loin, jusqu’à bafouer la justice : « La conscience embrasse la patience, au point d'obéir silencieusement, quelque durs et contrariants que soient les ordres reçus, et fût-on même victime de toutes sortes d'injustices » (règle St. Benoît c. 7, v. 35-42). Certes, il vaut toujours mieux subir l’injustice que la commettre : mais malheur à ceux qui se font, par leur injustice, instruments peccamineux du plan divin !

[7] Le château intérieur, 6e demeure, c. 10, Paris, Le Seuil (P. Grégoire de St. Joseph), 1949, p. 1016 (10, 7) cité par Bx. Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, Je veux voir Dieu, Éditions du Carmel, Toulouse, p. 467.

[8] Raymond de Capoue, Vie de Sainte Catherine de Sienne (trad. P. Hugueny), I, X, Paris, Lethielleux, 1904, p. 87.

[9] II-II, 161, 2, ad 3.

[10] II-II, 161, 1, ad 4.

[11] II-II, 161, 2, cf. ibidem, art. 6 : « Mais l’humilité a sa règle dans la connaissance, afin que l’homme ne s’estime pas supérieur à ce qu’il est. Et le principe et la racine de cette double conduite, c’est la révérence de l’homme envers Dieu ».

[12] « Ô Israël, ta perte vient de toi-même, ton secours de moi seul » (Os 13, 9, Vulg : « perditio tua Israhel tantummodo in me auxilium tuum » qui aujourd’hui devient : « Te voilà détruit, Israël, alors que ton secours est en moi ! »).

[13] 1 Co 2, 12 : « Or nous, ce n’est pas l’esprit du monde que nous avons reçu, mais l’Esprit qui vient de Dieu, et ainsi nous avons conscience des dons que Dieu nous a accordés ».

[14] II-II, 161, 3.

[15] ad 3.

[16] II-II, 161, 4.

[17] II-II, 161, 5.

[18] II-II, 161, 5.

[19] II-II, 161, 5, ad 2.

[20] II-II, 161, 5, ad 3.

[21] St. Anselme détaille encore plus les 6e et 7e degrés. Ils ont pour but de connaître, exprimer et vouloir sa propre abjection : 1) connaitre ses propres défauts (se savoir méprisable), 2) les détester (en être affligé) ; 3) les confesser, 4) en persuader les autres ; 5) ne pas chercher l’honneur mais l’abjection extérieure (supporter patiemment qu’on dise être méprisable), 6) supporter avec égalité d’âme le mépris, 7) aimer ceux qui nous humilient/font souffrir.

[22] Cf. Jean de Saint-Samson (1571-1636) cité par le P. Marie-Eugène, p. 467ss.

[23] Règle de St. Benoît : « Après avoir gravi tous ces degrés d’humilité, le moine parviendra bientôt à cet amour de Dieu, qui, devenu parfait, bannit la crainte (cf. 1 Jn 4, 18). Grâce à cet amour, il accomplira sans peine, comme naturellement et par habitude, ce qu’auparavant il n’observait qu’avec frayeur. Il n’agira plus sous la menace de l’enfer, mais par amour du Christ, par l’accoutumance même du bien et par l’attrait des vertus ».