20e dimanche Pentecôte (7 octobre)

Homélie du 20e dimanche après la Pentecôte (7 octobre 2018)

Pour écouter l'homélie, cliquez ici

Quand Dieu intervient dans l’Histoire

En ce jour, nous fêtons aussi Notre-Dame du Rosaire qui est aussi la commémoraison d’une grande victoire militaire contre les ennemis de Dieu.

Pour nous qui sommes Français, l’intervention de Dieu dans l’histoire paraît évidente depuis la bataille de Tolbiac menant au baptême de Clovis (496), en passant par sainte Jeanne d’Arc faisant couronner le « gentil dauphin » Charles VII à Reims (17 juillet 1429) jusqu’à l’apparition à Notre-Dame des Victoires réclamant trois neuvaines (8 novembre au 5 décembre 1637) pour « l’enfant que Dieu veut donner à la France », soit la naissance miraculeuse de Louis XIV, le bien-nommé Dieudonné (5 septembre 1638, neuf mois après). Sans même parler de Pontmain (17 janvier 1871) face à l’invasion prussienne et la Commune de Paris ou l’Île-Bouchard (8 décembre 1947) face au danger communiste[1]. Mais nous oublions que le roi très chrétien a parfois fait alliance avec l’ennemi : protestant (Gustave-Adolphe de Suède) et pire encore musulman (l’alliance impie entre François Ier et Soliman le Magnifique en 1536).

Toutefois, nous ne saurions nous limiter à notre seul pays. Pensons à la bataille du Pont Milvius (28 octobre 312) de Constantin contre Maxence et au « in hoc signo vinces » (par ce signe tu vaincras) avec le signe du chrisme (le chi et le grecs de Jésus Christ) imposé sur l’étendard (labarum). La défense de la Chrétienté face au péril musulman passa souvent par l’Europe centrale et les Habsbourg. Dieu ne fut pas avare de ses grâces et celles-ci furent même commémorées par la liturgie de l’Église universelle par des fêtes d’un rang très élevé.

  1. La Fête de la Transfiguration (6 août)
    1. Calliste III et S Jean de Capistran

La fête de la Transfiguration existait depuis un certain temps mais n’était pas fêtée partout en Occident à la même date. À Rome, on fêtait ce jour-là le saint pape martyr, Sixte II et ses compagnons (6 août 258), dont le célèbre saint Laurent (10 août). Il fallut attendre Calliste  III (Alphonse Borgia, 1378-1455-1458) qui imposa par précepte sa célébration avec un office nouveau enrichi d’indulgences. Il voulait ainsi commémorer par la fixation au calendrier universel de l’Église de cette fête au 6 août le triomphe qui arrêta sous les murs de Belgrade, en 1456, l’invasion de Mehmet II qui avait déjà pris Constantinople en 1453. La comète de Halley visible d’Est en Ouest, fut comprise comme mauvais présage d’invasion orientale.

La ville de Belgrade s’appelait alors Nándorfehérvár en hongrois (le château blanc) car elle bordait au Sud les terres de la couronne de Saint-Étienne. Le pape s’était engagé à prêcher la croisade mais les royaumes européens, tout à leurs querelles intestines, ne se pressaient pas pour défendre la Chrétienté contre l’envahisseur musulman. Cependant la prédication