16e dim ap Pentecôte (3 septembre 2016)

Homélie du 16e Dimanche après la Pentecôte (4 septembre 2016)

Format Audio ici

Les mensonges de l’islam (2)

Achevons notre étude des mensonges de et maintenant sur l’islam avec les travaux du P. Édouard-Marie Gallez, mais à partir du thème du dialogue.

  1. Un vision faussée du dialogue islamo-chrétien
    1. L’influence délétère de Louis Massignon en islamologie

À partir du XIXe siècle et la vague de l’orientalisme, citons l’influent Louis Massignon (1883-1962)[1]. Né d’un artiste athée à la mode 3e République et d’une mère très chrétienne mais d’empreinte doloriste. Il fit sa carrière au Collège de France (1926-1954) et à l’École Pratique des Hautes-Études. En 1922, il soutient sa thèse sur un mystique musulman soufi Mansour Al-Hallaj, crucifié à Bagdad comme hérétique en 922 (1.000 ans exactement). Il voulait rapprocher islam et christianisme par la souffrance rédemptrice.

Sa vie est complexe. Sur le bateau vers l’Égypte en 1906, il devint l’amant d’un noble espagnol apostat (converti à l’islam) : Luis de Cuadra (certes, il renoncera à ses pratiques homosexuelles en épousant sa cousine Marcelle Dansaert en 1914). Son expérience fondatrice se situe à Bagdad où, est accusé d’espionnage en 1908, il fut emprisonné et maltraité. Il se retourna vers Dieu et se crut investi d’élaborer une communion de salut englobant chrétiens et musulmans à partir de la paternité abrahamique (encore un mythe musulman[2]).

Al-Hallaj avait été un soufi mystique crucifié, flagellé, amputé de ses mains et pieds, décapité, incinéré par le pouvoir abbasside pour avoir dit : « Ana l-Haqq » (je suis la Vérité (= Dieu »). Le soufisme est considéré comme déviant par la majorité des musulmans. Mais Massignon se construisit sa propre vision, croyant pouvoir rapprocher Al-Hallaj le crucifié de Jésus. Il fit plus tard une autre expérience « mystique » du Dieu d’amour (mais le Christ n’est pas là encore important pour lui) et d’une Église mystico-spirituelle. Certains pensaient que la souffrance expiatrice pouvait être vécue par « substitution ».

On pourrait ainsi sauver des gens même contre leur propre volonté finalement, comme si le salut n’était pas personnel (c’est-à-dire que chacun doit se prononcer pour ou contre le Christ et cette décision l’engage, lui seul). Cette théorie de la « substitution » remontait à un prêtre, l’Abbé Joseph-Antoine Boullan (1824-1893) qui avait fondé une congrégation avec une prétendue voyante de la Vierge Marie, Adèle Chevalier. En réalité, ils concubinaient et auraient même tué leur enfant. Ils pratiquaient des « exorcismes » et ses « messes » mêlaient rite et sexe. L’Abbé Boullan fut excommunié. Ils firent 3 ans de prison mais simplement pour abus de confiance. Il reprit ses activité et croyait se substituer au pécheur pour son salut, dans une espèce de solidarité dans le mal et l’enfer : il se prétendait chargé par le Ciel de combattre l’enfer par la profanation de l’hostie et l’ordure ! Celui qui hérita des Cahiers roses de Boullan fut Joris-Karl Huysmans (1848-1907), le célèbre romancier qui dépeint le combat pour sauver des âmes de Satan mais avec une solidarité dans le mal, voire une familiarité avec Satan. Il transmit ses Cahiers roses à Massignon à sa mort (qui les conserva jusqu’en 1930 !).

Massignon reprend donc la « substitution » (badaliya) : les Chrétiens seraient appelés à s’offrir en « compassion » pour les musulmans : « mise à disposition spirituelle, tout offerte au désir que Jésus a des âmes, pour répondre à leur place à Son Appel »[3]. Or la souffrance humaine n’est rédemptrice qu’unie au Christ par la foi, autrement, on prend la place du Rédempteur et cela est diabolique. À côté de cela, on oublie trop que Massignon n’était pas favorable à prier pour la conversion des musulmans au Christ, contrairement au Bx. Charles de Foucauld dont c’était un des grands soucis et qui tâcha de l’en convaincre dans une correspondance assez abondante. Le seul pour lequel il pria était son ancien amant Luis de Cuadra, suicidé en prison en 1921[4]. Sans doute devint-il prêtre de l’église melkite d’Égypte en 1950 pour cela.

Il est toutefois triste de voir la postérité non négligeable de Massignon. Si Pie XII le qualifia de « chrétien musulman », Paul VI érigea le PISAI, Pontificio Istituto di Studi Arabi e d’Islamistica, juste après la mort de Massignon, confié aux Pères Blancs, ceux-là mêmes qui avaient accepté le diktat de la République de ne pas évangéliser les musulmans dans nos colonies. Le Groupe de Recherche islamo-chrétien se définit comme l’héritier de Massignon[5] et voilà pourquoi une doxa, une opinion qu’il est interdit de critiquer, s’est établie dans le « dialogue islamo-chrétien ».

Or, ce pseudo-dialogue oublie l’essentiel : essayer de tirer vers la vérité les pauvres musulmans prisonniers, des structures de péché islamiques. Ce « dialogue » a remplacé l’ardeur missionnaire par une complaisance coupable. Il considère le Coran comme un livre révélé, à la limite bréviaire suffisant de la Bible[6] et l’islam comme une voie de salut, ce qui est hérétique[7].

  1. Le flou du concept de non-chrétien et de théologie des religions

Une certaine foi en l’avenir fait que le dialoguisme croit pouvoir lever les incompréhensions pour permettre, dans une estime réciproque, une convivialité heureuse[8]. Ceux qui n’y croient pas, puisqu’il s’agit d’une foi indémontrable (on parle de l’avenir), mais qui se fondent sur l’expérience de 14 siècles de persécutions et de dhimmitude, sont accusés de racisme.

Pour le P. Gallez, la théologie occidentale aurait prêté le flanc à ces dérives du dialoguisme par le concept artificiel de non-chrétien. Ce concept réunit effectivement à tort des groupes humains qui n’ont rien en commun (comme l’hindouisme et l’islam). Le concept a donné naissance à une « théologie des religions » (au pluriel !) qui évoque les chrétiens en plus et les athées en moins. La seconde impasse serait que la théologie occidentale, affirmant que des non-chrétiens pourraient être sauvés, il faudrait rechercher les valeurs ou vérités chrétiennes cachées en eux pour leur valoir le salut (conditions de possibilité de salut pour K. Rahner)[9].

On s’est alors mis sur deux travers : soit on élabore une gradation pour le degré de vérités ou valeurs chrétiennes supposé chez les groupes non-chrétiens, soit tous les hommes sont sauvés (l’enfer serait vide). La première option est celle de Paul VI dans Ecclesiam Suam (1964) 100-113, reprise par Vatican II dans Lumen Gentium 16 avec des cercles concentriques (Église catholique < autres églises chrétiennes (et communautés ecclésiales) < juifs < musulmans < autres croyants < non-croyants).

« Si un tel schéma voulait simplement exprimer la conviction selon laquelle l’humanité est ordonnée au peuple de Dieu, il serait à la fois traditionnel et évangélique. Mais il prétend dire comment fonctionne cet ordonnancement, répartissant l’humanité en une série de cercles »[10]. Cela enferme dans des cercles théoriques les personnes (en quoi un agnostique serait-il plus éloigné de la vraie foi que le musulman, ou lui faudrait-il passer par cette case pour se convertir à la vraie foi ?). Cette conception repose aussi sur la reprise des semina Verbi (logoï spermatikoï)[11], ces parcelles de Vérité ou semences du Verbe qui évoquaient la præparatio evangelica[12] permise par la philosophie et poésie antiques (par ex. Aristote). Le problème est que l’on ne peut absolument pas l’appliquer au marxisme ou à l’islam qui éloignent de la Vérité et ne sauraient en rapprocher.

Il faudrait mettre en lumière les semences de Vérité chez l’autre pour l’amener aux 100% des valeurs détenues par le 1er cercle, celui des Catholiques. On aboutirait ainsi à une civilisation de l’amour, nouvelle chrétienté universelle humaniste promue par Maritain (traduit par Montini, futur Paul VI)[13] ou un Teilhard de Chardin prêt à sortir du christianisme[14]. Ce penseur diffusa une idée de dialogue avec des systèmes (marxisme, islam) fondé sur la peur de la guerre avec eux.

Le cardinal Nicolas de Cuse (1401-1477) avait été l’un des premiers penseurs catholiques voyant dans le Coran une possibilité permise par Dieu de faire passer des polythéistes au monothéisme[15]. Autant dire qu’il croit au mythe musulman faisant table rase du passé judéo-chrétien des Arabes. On passe subrepticement de la « permission divine » (d’un mal) à la « volonté positive ». Encore un petit pas de plus, que certains franchirent, et on affirmerait que Dieu voulait une troisième « révélation ». Cuse projeta même un congrès mondial De Pace Fidei (1453) l’année même de la chute de Constantinople ! Cela permettrait de mettre à mal le plan démoniaque et de réaliser celui de Dieu car chacun aurait une parcelle de vérité[16]. Nous sommes arrivés à un islam comme seconde voie de salut ! Pure hérésie.

  1. La collusion entre islam et laïcisme

La pensée de la peur de la guerre s’aligne sur le vieux discours laïciste qui accuse les religions d’être des facteurs de violence. « Les chrétiens auraient donc à se justifier aux yeux du monde et, pour être accepté, elle éliminait les croyances extrémistes qui gênent la convivialité supposée. L’exaltation du système de l’autre (pour éviter toute « islamophobie », concept inventé par l’ayatollah Khomeiny) et la destruction de la foi chrétienne seraient le prix à payer pour aboutir à davantage de paix (et accessoirement, pour préserver son confort) »[17].

Il faudrait soit une conformité à la foi du Prince (le principe de Louis XIV en abrogeant l’édit de Nantes en 1689 : « une foi, une loi, un roi » qui fait écho au protestant Cujus regio, ejus religio (à chaque région, une (seule) foi (celle du prince)) de la paix d’Augsbourg en 1559), soit une soumission aux règles d’un État opposé à toute dimension religieuse (laïcisme). Spinoza (1632-1677) fit croire que, pour assurer la paix, le seul moyen d’assurer le « vivre ensemble » moderne serait d’imposer aux communautés de croyants ne contribuant pas à la paix sociale une soumission aux règles de l’État. Le libéralisme propose que dans un espace neutre contrôlé par l’État, chacun se dépouille de toute identité religieuse. On réduit la foi à la seule sphère privée.

Il y a une véritable collusion entre le laïcisme et l’islam, deux idéologies prétendant à la sortie de l’histoire, opposant l’ignorantisme (jahilyya) d’avant Mahomet ou l’obscurantisme d’avant les Lumières au nouvel âge d’or (monde soumis à Allah ou libéré par la raison). En réalité, l’un comme l’autre sont tournés, par leur commune origine diabolique[18], contre l’Église catholique. Aux trois stades positivistes de l’un (âge magique, âge métaphysique (le Christianisme est censé s’y rattacher) et âge scientifique) correspondent les trois « révélations » de l’autre (judaïsme, christianisme, islam). Les chantres de la laïcité que sont Voltaire[19] et Hugo[20] sont de vrais islamolâtres.

Conclusion

Bon nombre de prélats se sont fourvoyés dans l’illusion d’un communisme à visage humain. Ne commettons pas une nouvelle erreur en croyant à un islam à visage humain alors qu’il est un mal intrinsèque. De plus, dans une religion qui ne reconnaît aucun magistère, avec qui voudrait-on dialoguer de manière « institutionnelle » efficace ? À peine aurait-on trouvé un partenaire honnête qu’il serait déconsidéré, privé de toute légitimité par le premier imam autroproclamé.

On entend régulièrement dire que le vrai islam serait le soufisme, alors qu’au fond, c’est un courant gnostique plus qu’islamique, rejeté d’ailleurs par une majorité de musulmans. Et surtout, comment prétendre que des Occidentaux pourraient dicter aux musulmans dans quelle direction ils devraient aller pour évoluer dans le bon sens ! L’État ne fait-il pas de même avec les Catholiques en cherchant à imposer l’esprit du monde à l’Église (mépris de la vie, idéologie du genre, endoctrinement à l’école) et en cela, il devient totalitaire. Cela ne fonctionne qu’avec les progressistes mais ne croyons pas que l’État aurait à déterminer l’orthodoxie, ni catholique, ni musulmane. C’est se fourvoyer. Seule la Vérité rend libre et c’est notre devoir de la répandre : à la fois sur le véritable islam, ensuite sur la connaissance de Jésus-Christ qui seul peut sauver. Confions à Notre-Dame d’Afrique la conversion des musulmans de France.

 

[1] Cf. chapitre 4, p. 111-124 et Messemaecker, Laure, L’autre visage de Louis Massignon, Versailles, Via Romana, 2011.

[2] P. Gallez, p. 122 et notes 3, 4. En réalité, il a diffusé une idée du pasteur anglican Charles Forster qui, en 1824, dans Mahometism unveiled présenta l’islam comme un intermédiaire entre le christianisme et le paganisme. Mais les Arabes n’ont jamais prétendu être de la descendance d’Ismaël avant l’islam (cf. Dagorn, René, La geste d’Ismaël d’après l’onomastique et la tradition arabes, Genève, Droz, 1981, p. XIV). La première mention est nazaréenne dans le Livre des Jubilés (20, 11-13). C’est d’ailleurs contraire aux affirmations bibliques qui ne présente jamais les descendants d’Ismaël comme Arabes et les situent non en Arabie mais au Sud de l’Euphrate (Jdt 2, 23-24 : « (Holopherne) pilla tous les fils de Rassis et les fils d'Ismaël qui vivaient en bordure du désert, au sud du pays de Khéleône. Il longea l'Euphrate, traversa la Mésopotamie jusqu'aux abords de la mer, en rasant toutes les villes hautes qui surplombaient le torrent d'Abrona ».

[3] Cité par le P. Gallez p. 118 tiré de la Lettre de la Badaliya, n°4 in Keryell, Jacques, Louis Massignon et ses contemporains, Paris, Karthala, 1997, p. 365.

[4] Cela est absolument hérétique et condamné par le Pape Grégoire III : « La Sainte Église tient que chacun peut présenter des oblations pour ses morts véritablement chrétiens, et que les prêtres peuvent faire mémoire d’eux. Et bien que tous nous soyons soumis au péché, il convient que le prêtre face mémoire des catholiques défunts et intercède pour eux. Mais cela, il ne sera pas permis de le faire pour des impies, même s’ils ont été chrétiens » (Denzinger 583). Autant dire qu’est absolument inapproprié l’ajout fait à la prière eucharistique par Mgr. Descubes, archevêque émérite de Rouen, à propos des meurtriers de notre martyre, l’Abbé Jacques Hamel, dans la messe d’enterrement du 2 août : « Seigneur, si Tu le veux, puisque Tu le peux, sauve [les assassins du Père Jacques] ». L’enseignement traditionnel veut qu’on ne prie pas, pour éviter le scandale, publiquement pour des gens morts, autant qu’on puisse en juger à vue humaine, en état de péché mortel qui sont donc destinés à l’enfer.

[5] Cité par le P. Gallez, p. 121 et note 3, GRIC, Ces écritures qui nous questionnent, la Bible et le Coran, Paris, Le Centurion, 1987, p. 95.

[6] Cité par P. Gallez, p. 123. « L’islam constitue une réponse mystérieuse de la grâce à la prière d’Abraham pour Ismaël et les Arabes » auxquels « Dieu a donné le Coran en signe de bénédiction » (Massignon, Louis, Parole donnée, Paris, Seuil, 1983, p. 267). « Le texte traditionnel, celui qui a guidé pendant vingt-quatre siècles la méditation d’Israël et de la chrétienté (…) se retrouve, au fond, sous les resserrements de forme du Qor’ân arabe » (Massignon, Louis, Trois prières d’Abraham, Cerf, 1997, p. 24). Laure Meessemaecker commente : « De toute évidence, Massignon place le Coran au-dessus de la Bible sur le plan de l’expression mystique. D’ailleurs, les ‘condensés’, de la Bible, ‘encapsulés’ dans le Coran, fourniraient à la limite un bréviaire bien suffisant » (in L’autre visage de Louis Massignon, op. cit., p. 123.

[7] Cité par P. Gallez, p. 123-124. Rocalve, Pierre (coauteur avec Hamidullah, Mohammed), Louis Massignon et l’islam, Institut français (coll. « Témoignages et documents », n°2), Damas, 1993, p. 28 et 95 : « Jusqu’à Massignon, le christianisme cherchait à convertir. Lui préconise une attitude de ‘compassion-substitution’ (…). Pour lui, l’islam est non seulement une vraie religion, avec ses saints (Hallaj, Salmân…) mais une religion vraie qui a sa place dans l’histoire de la Révélation ».

[8] p. 16.

[9] Mais c’est s’illusionner sur des valeurs qui seraient universellement reçues : la compassion pour la victime, la coopération au bien commun, l’égalité entre les hommes sont des valeurs chrétiennes qui se sont répandues avec l’extension de l’influence chrétienne mais peuvent régresser avec l’apostasie. L’islam les rejette : la force est exaltée, la soumission et domination empêchent une collaboration, une triple inégalité est brandie contre l’affirmation de St. Paul (Ga 3, 28) : les musulmans ne peuvent être juridiquement égaux à des non-musulmans, les esclaves égaux à leur maître, les femmes aux hommes.

[10] p. 36-37 avec des pourcentages de vérités auxquelles les groupes seraient censés adhérer.

[11] St. Justin, Apologétique 54, 9, repris par Ad Gentes 15 mais appliqué au monde moderne. On en arrive à opposer le Verbe qui sauverait universellement au Christ de l’histoire que les Chrétiens sont seuls à connaître et ne sauverait donc pas. Cela fut condamné par la Doctrine de la Foi dans Dominus Jesus (2000).

[12] Lumen Gentium 16 : « Tout ce que l’on trouve chez eux de bon et de vrai, l’Église le considère comme une préparation à l’Évangile » (mais plutôt que chez eux, en eux pour une dimension plus personnelle, non ?

[13] p. 40, citant en note 1, Maritain, Jacques, L’humanisme intégral, Paris, Cerf, 2006, p. 155 : « Nous pensons que l’idéal historique d’une nouvelle chrétienté, d’un nouveau régime temporel chrétien, tout en se fondant sur les mêmes principes (mais d’application analogique) que celui la chrétienté médiévale, comporterait une conception profane chrétienne et non pas sacrale chrétienne du temporel » (1936).

[14] p. 40, citant en note 1, Teilhard de Chardin, Pierre, Lettres à Léontine Zanta, Paris, DDB, 1965, p. 128 : « ce qui va dominant mon intérêt et mes préoccupations intérieures(…) c’est l’effort pour établir en moi et diffuser autour de moi une religion nouvelle (…) où le Dieu personnel (…) devient l’âme du monde que notre stade culturel et religieux appelle(…). Il s’agit non pas de superposer Jésus-Christ au monde, mais le panchristiser l’univers (…). Jésus-Christ sort de la transformation incroyablement grandi mais est-ce bien encore le Christ de l’Évangile ? Et si c’est plus lui, sur quoi désormais repose ce que nous cherchons à construire ? ».

[15] p. 135 citant la Lettre à Mahomet II du pape Pie II (1461), trad. Anne Duprat, Paris, Payot et Rivages, 2002.

[16] p. 135 : « À des nations différentes, Tu as envoyé des Prophètes (…). (En effet) aucune créature ne peut saisir le concept de ton infinité », chap. 1 cité par Garaudy, Roger, Grandeurs et décadences de l’Islam, p. 139-140.

[17] p. 41.

[18] Lumen Gentium 16 : « Plus souvent malheureusement les hommes, trompés par le démon, se sont égarés dans leurs raisonnements, ils ont délaissé le vrai Dieu pour des êtres de mensonge, servi la créature au lieu du Créateur (Rm 1, 21.25) ou bien, vivant et mourant sans Dieu dans ce monde, ils sont exposés aux extrémités du désespoir ».

[19] p. 53, note 2 « Non, Mahomet ne fit point de ses miracles opérés dans un village et dont on ne parle que cent ans après l’événement prétendu (…). Sa religion est sage, sévère, chaste, et humaine : sage, puisqu’elle ne tombe pas dans la démence de donner à Dieu des associés, et qu’elle n’a pas point de mystères ; sévère, puisqu’elle défend les jeux de hasard, le vin et les liqueurs fortes, et qu’elle ordonne la prière cinq fois par jour ; chaste, puisqu’elle réduit à quatre femmes ce nombre prodigieux d’épouses qui partageaient le lit de tous les princes de l’Orient ; humaine, puisqu’elle nous ordonne l’aumône bien plus rigoureusement que le voyage de la Mecque. Ajoutez à tous ces caractères de vérité la tolérance » (1772) in Voltaire, Œuvres complètes, Paris, Moland, 1875, t. 28, page 547.

[20] Légende des Siècles, 1ère série, livre III, faisant dire à Mahomet : « J'ai complété d'Issa (Jésus) la lumière imparfaite/ Je suis la force, enfants ; Jésus fut la douceur/ Le soleil a toujours l'aube pour précurseur ».