Pèlerinage en Géorgie (22-30 octobre 2019)

Drapeau

Après l’Arménie, nous poursuivrons notre tour du Caucase chrétien. La Géorgie est le troisième état chrétien du monde puisqu’elle a adopté comme religion d’État la foi au Christ en 337 après l’Arménie (301) et l’Éthiopie ou royaume d’Aksoum entre 325 et 328.

La Géorgie est le plus ancien foyer de peuplement hors de l’Afrique (homo erectus georgicus, 1,8 Mio d’années à Dmanissi) connue depuis l’Antiquité et figure dans la mythologie avec les Argonautes, où Jason vola la toison d’or à Éatès, roi de Colchide (littoral de la mer Noire) et père de la sorcière Médée. Plus tard, l’Ibérie (ou Cartvélie) représenta l’Est du pays, avec le roi Pharnabazé (284-234 av. JC) qui prétend descendre du héros éponyme Karthlos (Kartli : Cartvélie), arrière-arrière-petit-fils de Japhet, fils de Noé.

Le pays fut soumis à différentes invasions : Scythes (plus tard khazars : seul peuple converti au judaïsme), Perses, Grecs d’Alexandre le Grand, Romains de Pompée (65 av. JC). La Géorgie se convertit officiellement au christianisme après que la reine mourante Nana eût été guérie miraculeusement. Le samedi 20 juillet 337 se convertit son mari, le roi Mirvan III toujours par sainte Nino de Cappadoce, aussi appelée sainte Chrétienne, apôtre et patronne de la Géorgie (fêtée le 14 janvier). Il fonda la cathédrale de Mtskheta, l’ancienne capitale d’Ibérie, et ainsi le catholicosat ou patriarcat de Géorgie, détenu depuis 1977 par Élie II (88 ans). Bien que perse, Mirvan se réorienta dès lors vers Constantinople. Toutefois la domination persane sassanide s’imposa.

Mais dès 650, le royaume fut soumis au califat musulman omeyyade de Damas mais le roi Artchil Ier finit martyr en 786 plutôt que d’adopter l’islam (fêté le 21 juin). En 1010, le roi Bagrat III acheva l’unification de la Géorgie. Face aux turcs seldjoukides, le roi saint David IV le Reconstructeur donna la plus grande étendue à la Géorgie. Les règnes de Georges III (1156-1184) et de sa fille Tamar (1184-1213) furent l’âge d’or de la Géorgie qui dominait toute la Caucasie vers la Crimée et avait des États vassaux jusqu’au Tigre.

Mais déjà de nouveau les envahisseurs se pressaient : Khorazaniens, Mongols (1226), puis Turcomans (1405), Perses (1501). À la chute de Constantinople (1453), une ambassade géorgienne vint en Europe occidentale chercher aide et soutien contre les musulmans, en vain. En 1800, à la mort de son roi Georges XII, la Russie annexa le royaume de Kartvélie-Kakhétie suite au traité de Gueorguievsk signé en 1783 avec Catherine II. Les autres principautés d’Akhazie, Svanétie, Moukkran furent annexées rapidement par les Russes pour former la vice-royauté du Caucase, dont la capitale était Tbilissi, comme pour le nouvel état indépendant en 1917, la très éphémère république fédérative de Transcaucasie. En février 1921, la Géorgie fut réannexée par les Bolchéviques. Elle proclama son indépendance le 9 avril 1991. Mais les crises avec la Russie se répètent car elle soutient les mouvements séparatistes à sa frontière, reconnaissant unilatéralement l’indépendance de l’Akhazie et de l’Ossétie du Sud (partie nord de la province de Cartvélie inférieure).

En novembre 2018 fut élue comme présidente, Salomé Zourabichvili, de citoyenneté française. Parmi les autres géorgiens célèbrent figurent Mme Hélène Carrère d'Encausse (aussi née Zourabichvili), secrétaire perpétuel de l'Académie Française ou l'orfèvre Goudji.

Les catholiques en Géorgie sont divisés entre quatre groupes. Un quasi-diocèse appelé vicariat apostolique du Caucase, couvre Arménie et Géorgie avec 50.000 fidèles de rite latin. Il coexiste avec l’ordinariat d’Europe orientale de rite arménien (siège à Gumri, Arménie) pour 420.000 fidèles dans les deux pays ; les melkites ou gréco-catholiques de rite byzantin siègent à Gori et les Assyro-chaldéens de rite araméen. L’Église orthodoxe de Géorgie figure parmi les durs de l’Orthodoxie, y compris contre Constantinople. Tout orthodoxe assistant à une messe catholique est excommunié. Le baptême n’est pas reconnu. Cinq églises catholiques volées par les communistes furent restituées aux orthodoxes. Le patriarcat empêcha en 2003 la signature d’un accord avec le Vatican qui aurait donné le statut d’église aux catholiques. Ils doivent rester une ONG. Les régions les plus catholique sont dans le Sud du pays (Akhaltsikhé) et à l'Ouest (Iméréthie et Adjarie). Une vingtaine de prêtres couvrent les 16 paroisses et sont aidés par 27 religieuses (dont des Françaises, sœurs de S. Chrétienne).