Homélie du 12e dimanche après la Pentecôte (16 août 2026)
Que le disciple imite son maître et ose dire la Vérité de Jésus
En ce jour de saint Étienne, roi de Hongrie, méditons l’Évangile, peu cité du 2nd formulaire des martyrs non pontifes (hors temps pascal) (Mt. 10, 25-33) : « Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son seigneur. Si les gens ont traité de Béelzéboul le maître de maison, ce sera bien pire pour ceux de sa maison. Ne craignez donc pas ces gens-là ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux ».
Parler ouvertement au monde
La Révélation est accessible à tous car Jésus a prêché ouvertement
En Jn 18, 20, Jésus affirme : « Moi, j’ai parlé au monde ouvertement. J’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n’ai jamais parlé en cachette » qui évoque ce même thème de parler ouvertement. L’Église catholique n’est pas une secte gnostique comme la franc-maçonnerie. Elle ne garde aucun secret ni ne réserve ses rites à quelques initiés. Elle diffuse à tous la vérité révélée, dogmatique et morale.
Nous devons imiter notre maître, Jésus Christ, envoyé par Dieu le Père. Dieu ne se révèle plus par par des hommes : patriarches, juges, rois, prophètes (He 1, 1-2 : « À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes ») mais se révèle lui-même par le Fils. Cette mission n’est plus ‘sous-traitée’. Qui, mieux que Dieu peut dire qui est Dieu ? Toute la doctrine nécessaire au salut recueille les enseignements de Jésus. Le Fils a manifesté Dieu en assumant notre humanité, continuée par l’Église dont sont membres tous les baptisés en état de grâce qui doivent annoncer la bonne nouvelle.
Chacun ici-bas peut rencontrer le Christ et doit se prononcer
Dans le monde actuel si interconnecté, personne ne peut prétendre n’avoir jamais entendu parler de Jésus Christ. Dieu ne permet pas à qui le cherche de le faire vainement : « Quand j’ai parlé, je ne me cachais pas quelque part dans l’obscurité de la terre ; je n’ai pas dit aux descendants de Jacob : cherchez-moi dans le vide ! Je suis le Seigneur qui profère la justice, qui proclame ce qui est droit ! » (Is 45, 19). Cela passe par des rencontres, des lectures, des rêves pour les musulmans, des révélations ou expérience foudroyantes comme pour Claudel derrière son pilier de Notre-Dame aux vêpres de Noël 1886. Cela implique de notre côté une obligation d’évangéliser en famille, dans notre milieu professionnel et notre cercle amical. N’ayons pas de respect humain, cette pudeur peccamineuse qui nous fait parler de la pluie et du beau temps plutôt que des vrais sujets. Nous serons jugés plus sévèrement que les païens car nous avons accès à l’intégrité de la foi nécessaire au salut : « En effet, annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! Certes, si je le fais de moi-même, je mérite une récompense. Mais je ne le fais pas de moi-même, c’est une mission qui m’est confiée » (1 Co 9, 16-17). C’est tout notre intérêt puisque cela nous sera compté comme mérite ! « Sachez-le : celui qui ramène un pécheur du chemin où il s’égarait sauvera son âme de la mort et couvrira une multitude de péchés » (Jc 5, 20).
Faut-il craindre Dieu ?
Craindre Dieu est juste et vertueux !
On biaise la vérité en ne présentant aujourd’hui qu’un des attributs de Dieu, la miséricorde. Or, elle ne peut être séparé de la justice. Tenons ensemble au risque sinon de l’hérésie qui choisis [aireô] ce qui me convient, séparant un point des vérités connexes. L’intégralité est la marque de la vraie foi. On est pas sauvé parce qu’on est gentil mais parce qu’on croit et vit de Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme, mort pour nos péchés et nous invitant à la conversion et pénitence. Il faut changer de vie et expier comme le rappelle sans cesse la Très Sainte Vierge Marie partout où elle apparaît. Pendant des siècles, on a prêché la conversion à partir des fins dernières, non pour faire peur mais en assumant les paroles de Jésus qui sans cesse met en garde contre le risque de la perdition. Aujourd’hui, l’Église moderne s’appuie sur des élucubrations de théologiens (Hans Urs von Balthasar, Rahner) qui mentent en affirmant que l’enfer serait vide, voire qu’il n’existerait pas !
« Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu ». Alors, oui, il faut aussi craindre Dieu. L’aimer d’abord et le craindre car c’est un des dons de l’Esprit Saint ? Crainte filiale certes et non pas servile mais crainte tout de même qui respecte sa divine majesté qui nous jugera en toute justice : « craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps ».
Craindre l’enfer, jugement particulier – jugement dernier
À notre mort, nous serons jugés suivant que nous avons choisi pour ou contre Jésus. Ou nous croyons et avons essayé même imparfaitement de le suivre (le Purgatoire purifie nos scories non encore expiées) ou nous l’avons rejeté et irons en enfer. Ce jugement particulier se distingue du retour glorieux du Christ ou Parousie. La Très Sainte Vierge Marie intercède aussi pour tempérer la sévérité de son Fils envers ceux qui ont une vraie dévotion mariale. Le cax le plus fréquent est le Purgatoire où Dieu s’abaisse encore à faire œuvre de pédagogie pour emporter l’adhésion de l’âme qui accepte de souffrir au Purgatoire. L’enfer immédiat à la mort est la destination finale de ceux qui refusé jusqu’au bout le Christ, seul nom qui puisse sauver (Ac 4, 11-12).
Le jugement dernier a deux fonctions : il sert d’unique jugement aux vivants lors de la Parousie qui mourront alors et confirme publiquement le jugement particulier connu jusqu’ici uniquement des seuls morts. Tout sera proclamé : nos péchés seront connus de tous. Une vraie confession générale publique, un chapitre universel des coulpes ! Là, fini le secret absolu de la confession : nous aurons à rougir de nos péchés car toutes nos turpitudes seront dévoilées. Notre seul espoir est que nous nous savons tous pécheurs et que chacun aura trop honte des siens pour chercher à épier ceux des autres ! Comme l’écrivait saint Augustin : Les hommes sans espérance, moins ils font attention à leurs propres péchés, plus ils sont curieux des péchés d'autrui. Ils ne cherchent pas ce qu'ils vont corriger, mais ce qu'ils vont critiquer. Et puisqu'ils ne peuvent pas s'excuser, ils sont prêts à accuser les autres.
Conclusion
Le Chrétien a reçu la grâce de l’unique vraie foi et a le devoir moral d’évangéliser, proportionnellement à ce qui est reçu. Tous les confirmés doivent y travailler mais les consacrés ont un devoir plus impérieux encore, comme ceux qui ont reçu des grâces particulières ou charismes. Ne cherchons pas à plaire aux hommes mais à Dieu (1 Th 2, 4 et Ga 1, 10). Les prophètes de malheur ont toujours été rejetés, depuis l’ancienne alliance à la naïveté confondante des modernistes (Jean XXIII au dernier concile) toute empreinte d’un rousseauisme de l’homme bon comme si la chute n’avait pas eu lieu. Celui qui est fidèle au message évangélique risque la persécution mais nous avons la garantie d’être secondés par l’Esprit-Saint pour confondre nos juges (Mt 10, 20). Nul n’est plus grand que le maître qui fut aussi persécuté. Mais tôt ou tard, Jésus triomphera. Nous n’avons pas d’obligation de résultats mais nous ne pouvons nous taire : « Et toi, fils d’homme, je fais de toi un guetteur pour la maison d’Israël. Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part. Si je dis au méchant : ‘Tu vas mourir’, et que tu ne l’avertis pas, si tu ne lui dis pas d’abandonner sa conduite mauvaise, lui, le méchant, mourra de son péché, mais à toi, je demanderai compte de son sang. Au contraire, si tu avertis le méchant d’abandonner sa conduite, et qu’il ne s’en détourne pas, lui mourra de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie » (Ez 33, 8-9).