Homélie du 20e dimanche après la Pentecôte (11 octobre 2026)
Critiques sur Chemins d’espérance du dicastère pour la doctrine de la foi
1 - Dangers du relativisme
Dans le continuel encensement autour de Vatican II, le saint-père vient de signer et publier le 16 septembre une note du (DDF) pour célébrer le soixantième anniversaire de Nostra Ætate, très controversée déclaration conciliaire sur la relation avec les religions non chrétiennes. [Le dialogue inter-religieux est à distinguer de l’œcuménisme avec les autres confessions chrétiennes]. Ce triste texte fut ironiquement signé le 16 septembre 2026, mémoire des saints martyrs Corneille et Cyprien dont le second, évêque de Carthage est pourtant l’auteur du salus extra Ecclesiam non est : en dehors de l’Église, point de salut. et du personne ne peut avoir Dieu comme père qui n’eût l’Église comme mère (Habere non potest Deum patrem qui Ecclesiam non habet matrem, De unitate Ecclesiæ, 6). Pourtant semble niée cette vérité de foi, par ceux-là même qui devraient la défendre. À quatre jours de la fête du Saint-Nom de Marie commémorant la victoire à Vienne contre l’islam envahisseur en 1683, on nous fait croire que le danger serait l’islamophobie !
Haro sur le principe de non-contradiction, base de la logique
Comme toujours le modernisme tord le cou au principe de non-contradiction en parlant de « continuité enrichie » pour une révolution. Nostra Ætate est effectivement célébrée comme un changement profond, radical (n. 1, 67) dans le rapport aux fausses religions, passant d’une attitude réservée et distante à un chemin de dialogue, qui transformerait les personnes et jusqu’aux structures ecclésiales (n. 51), soit le contraire d’un développement homogène tel que le conçoit la Tradition. Pourtant, l’Église ne peut comprendre diversement ce qui a été fixé par la révélation divine. Vatican I enseigne infailliblement que le sens des dogmes définis par l’Église est pour toujours : « on ne doit jamais s’en éloigner en aucun sens sous le prétexte ou l’apparence d’une meilleure compréhension » (nec umquam ab eo sensu, altioris intelligentiæ specie et nomine, recedendum, Dei Filius, chap. 4). Le serment antimoderniste de saint Pie X, qu’on devait prêter jusqu’en 1967 disait : « je refuse absolument la fiction hérétique de l’évolution des dogmes qui passeraient d’une signification à une autre, différente de ce que l’Église professait avant » (prorsus rejicio hæreticum commentum evolutionis dogmatum, ab uno in alium sensum transeuntium diversum ab eo, quem prius habebat Ecclesia).
L’indifférentisme ou relativisme religieux
Le coeur doctrinal est l’affirmation que les fausses religions seraient, d’une certaine manière, des voies d’accès à Dieu. « Loin d’être un thème marginal, [le dialogue interreligieux] est un lieu théologique où le Saint-Esprit veut se faire entendre, à travers la rencontre avec autrui » (n. 51). Déjà ce concept de ‘lieu théologique’ (locus theologicus) est protestant, développé par Melanchton, bras droit de Luther, dès 1519-1521 même s’il fut repris par le Dominicain Melchior Cano plus tard (De locis theologicis publié à Salamanque en 1563). Naturellement, nul ne niera que des fragments de vérité (logoi spermatikoi) puissent se rencontrer parmi les erreurs païennes. Il n’y a pas de mal absolu en philosophie chrétienne, même pour le diable et les démons qui furent créés bons ! Mais il y a un pas d’attribuer à ce système une valeur salvifique (être sauvé dans une fausse religion) et la présence de l’Esprit-Saint qui y opérerait (n. 59). Pourtant, bx Pie X dans le Syllabus, condamna ces propositions :
« Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion » (Homines in cujusvis religionis cultu viam æternæ salutis reperire æternamque salutem assequi possunt). (prop. 16).
« Tout au moins doit-on avoir bonne confiance dans le salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Église du Christ » (Saltem bene sperandum est de æterna illorum omnium salute, qui in vera Christi Ecclesia nequaquam versantur) (prop. 17).
Pie XI, dans l’encyclique Mortalium Animos (1928), décrivit assez prophétiquement nos congrès interreligieux en en condamnant le principe selon lequel toutes les religions seraient plus ou moins bonnes et dignes de louanges (plus minusve bonas ac laudabiles), avertissant que celui qui adhérerait à une telle opinion s’éloignerait de notre vraie religion.
Saint Pie X dans l’encyclique Pascendi, a démasqué la racine théologique de cette hérésie, l’immanentisme moderniste (opposé à la révélation transcendante donnée par Dieu, c’est un bricolage humain). Si la religion naît de l’expérience du divin dans le sentiment humain, toute religion pourra se dire vraie. La note en rappelle les relents avec la « recherche religieuse sincère » et le « dialogue de l’expérience religieuse » (n. 39). Au-delà de la sincérité, adhérons à la Vérité ! L’Esprit divin de Vérité ne peut habiter chez qui nie la divinité du Fils envoyé par le Père. L’Écriture Sainte n’est pas dans la demi-mesure un peu mièvrement iréniste, même si elle est aussi censurée : la Vulgate et la Septante lisent : « Car tous les dieux des Gentils sont des démons » (Ps 95, 5 : Quoniam omnes dii gentium dæmonia) mais voilà qu’on évite de dévoiler la source des fausses religions, le diable en édulcorant dans la traduction AELF : « Néant, tous les dieux des nations ! ».
« En nul autre que lui [le Christ Jésus], il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver » (Ac 4, 12).
Pour mémoire, voilà la vraie tradition : commonitorium de saint Vincent de Lérins
« Ne peut-il y avoir, dans l’Église du Christ, aucun progrès de la religion ? Si, assurément, et un très grand. Car qui serait assez jaloux des hommes et ennemi de Dieu pour essayer d’empêcher ce progrès ? À condition du moins qu’il s’agisse d’un véritable progrès dans la foi, et non d’un changement. Car il y a progrès, si une réalité s’amplifie en demeurant elle-même ; mais il y a changement si elle se transforme en une autre réalité. Il faut donc qu’en chacun et en tous, en chaque homme aussi bien qu’en l’Église entière au cours des âges et des générations, l’intelligence, la science et la sagesse croissent et progressent fortement, mais selon leur genre propre, c’est-à-dire dans le même sens, selon les mêmes dogmes et la même pensée [in eodem scilicet dogmate, eodem sensu, eademque sententia, 23, 3] ».
« Je conteste en effet à toute personne écoutant ces paroles de prophéties de ce livre : si quelqu’un y ajoute quelque chose, Dieu lui ajoutera les plaies qui y sont écrites. Et si quelqu’un retranche quelque chose de ces paroles du livre de prophéties, Dieu lui enlèvera sa part du livre de vie » (Ap 22, 18-19, Vulg., cf. Dt 4, 2 ; 12, 32).