Homélie du 21e dimanche après la Pentecôte (18 octobre 2026)
Critiques sur Chemins d’espérance du dicastère pour la doctrine de la foi
2 - Les rapports au judaïsme
L’antique alliance et la synagogue
Si l’antisémitisme est un péché toujours condamné par l’Église mais bien trop répandu dans le milieu de la Tradition, la charité envers eux implique de prier pour leur conversion pour qu’ils reconnaissent le Seigneur Jésus Christ comme LE Messie. Ils ont manqué le rendez-vous il y a deux mille ans et ils attendent vainement un messie conforme à leurs préjugés.
Le n. 10 fait croire que les premiers chrétiens auraient adopté des principes du judaïsme d’alors, mais adaptés à la Résurrection de Pâques. Comme si le judaïsme rabbinique et le christianisme avaient été deux rameaux puisant à la même racine. C’est une erreur rationaliste du XIXe s. La classique théologie de la substitution du peuple élu est rejetée car elle aurait légitimé leur persécution. Mais dans l’Église, véritable Israël de Dieu (Gal 6, 16), s’accomplissent les promesses.
Les rabbins du judaïsme actuel ne sont pas nos frères aînés, ni pères dans la foi comme le pensait Jean-Paul II (n. 20 et 12). Ils ne professent pas la religion d’Abraham, Moïse et des prophètes parvenue intacte jusqu’à nous jours ! L’antique alliance était ordonnée au Temple, au sacerdoce lévitique, au sacrifice rituel. Cette économie s’acheva lorsque le rideau du Temple se déchira le Vendredi Saint car les figures étaient abolies. Cela fut confirmé par la destruction du Temple reconstruit à partir de 516 av. JC jusqu’en 70 ap. JC (cf. livre d’Esdras). Né seulement après la destruction du Temple en 70, il provient de cette partie des Juifs n’ayant pas reconnu le moment où Dieu te visitait (Lc 19, 44). Après la chute de Jérusalem, le courant pharisien ennemi du Christ comme le prouvait saint Paul avant sa conversion, se réfugia à Yabneh ou Jamnia et Yohanan ben Zakkaï y réunit un synode (déjà !) ou assemblée vers 80-85 qui fixa le canon des écritures juives (22 ou 24 livres) contre le christianisme. Ce coup de force pharisien rabbinique usurpa ainsi l’autorité du grand-prêtre, du sacerdoce lévitique et du sanhédrin qui avaient collaboré avec l’occupant romain. Pourtant ben Zakkaï requit l’autorisation romaine ! Ils exclurent vers 85-100 les juifs messianiques ou chrétiens d’origine juive (nazôréens) par une malédiction des hérétiques (malgré le faux-nom de ‘bénédiction’ Birkat haMinim). Le rabbinisme élimina les courants concurrents et se constitua autour du Talmud, codifié entre le IInd et VIe s. Ce rameau n’est pas antique mais nouveau, postérieur au Golgotha et opposé à la Croix du Christ. Nos pères dans la foi sont les patriarches, prophètes qui attendirent Jésus qu’ils avaient entrevus (Jn 8, 56-58) et qui furent libérés des limbes le samedi saint. Le Christ, la Vierge, les apôtres et les premiers martyrs furent les Juifs et Ecclesia ex circumcisione est notre mère. Mais le rabbinisme est né contre eux.
L’ex-Saint Office se réfère à Karl Barth, théologien protestant pour illustrer l’incarnation du Verbe qui se fit chair hébraïque (n. 5). Quelle référence d’autorité ! Depuis Vatican II, on prétend que l’ancienne alliance serait irrévocable (n. 13) et aurait une signification théologique. Même le judaïsme d’aujourd’hui participerait de la Révélation pour les Chrétiens et nous enrichirait ! Si la note prétend refuser les deux voies de salut, en réalité, elle attribue au judaïsme une valeur salvifique. Or, c’est inconciliable avec la Sainte Écriture : « en parlant d’Alliance nouvelle, Dieu a rendu ancienne la première ; or ce qui devient ancien et qui vieillit est près de disparaître » (He 8, 13). D’après la bulle Cantate Domino du concile de Florence (4 février 1442), les prescriptions de la loi dans l’Ancien Testament ont cessé avec la venue du Christ. Après les Évangiles, les observer serait perdre le salut éternel. « Elle croit fermement, professe et prêche qu’aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l’Église catholique, non seulement païens mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, mais iront ‘dans le feu éternel qui est préparé par le diable et ses anges’ [Mt 25, 41] à moins qu’avant la fin de leur vie ils ne lui aient été agrégés » (Firmiter credit, profitetur et prædicat, nullos extra catholicam Ecclesiam existentes, non solum paganos, sed nec Judæos aut hæreticos atque schismaticos, æternæ vitæ fieri posse participes). Saint Thomas enseigne à la suite des Pères de l’Église que les lois cérémonielles antiques sont mortes et même mortifères (I-II, 103, 4). Suivant Mystici Corporis de Pie XII (en plein holocauste en 1943), avec la mort du Rédempteur la loi antique est abrogée et remplacée par le Nouveau Testament.
Prions pour que se lève le voile de la synagogue
Le DDF est de pure mauvaise foi (n. 14) quand il mentionne un décret du Saint Office du 25 mars 1928 (AAS 20 [1928], 103-104) qui condamne certes l’antisémitisme, mais A pourtant pour objet principal de supprimer l’association Amici Israël qui voulait modifier la liturgie du Vendredi Saint car contraire à l’Église ! Pourtant Benoît XVI modifia le rituel traditionnel de l’office de la Passion le Vendredi Saint.
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Prions aussi pour les perfides juifs, afin que le Seigneur notre Dieu lève le voile de dessus leurs cœurs et qu’ils reconnaissent avec nous NSJC.
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Prions aussi pour les Juifs, afin que le Seigneur notre Dieu éclaire leur cœur, de manière qu’ils reconnaissent Jésus-Christ comme le sauveur de tous les hommes
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Dieu tout-puissant et éternel, qui ne refusez pas votre miséricorde aux juifs perfides, exaucez les prières que nous vous adressons au sujet de l’aveuglement de ce peuple ; afin que reconnaissant la lumière de votre vérité, qui est le Christ, ils soient enfin tirés de leurs ténèbres.
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Dieu éternel et tout-puissant, qui veux que tous les hommes soient sauvés et viennent à reconnaître la vérité, accorde que tout Israël soit sauvé par la foule des nations entrant dans ton Église
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Mais la perfidie, en bas-latin (sacramentaire de Gélase vers 750) signifie ‘sans foi, infidèle, incrédule, incroyant, païen’. Peut-on censurer la Sainte Écriture ? « Aujourd’hui encore, quand les fils d’Israël lisent les livres de Moïse, un voile couvre leur cœur. Quand on se convertit au Seigneur, le voile est enlevé » (2 Cor 3, 15-16). Et ce voile nous enrichirait ? Saint Paul disait : « Moi-même, pour les Juifs, mes frères de race, je souhaiterais être anathème, séparé du Christ » (Rm 9, 3) et il parle des Juifs comme des « branches ont été coupées pour que moi, je sois greffé ! (…) C’est à cause de leur manque de foi qu’elles ont été coupées (…). Quant à eux, s’ils ne demeurent pas dans leur manque de foi, ils seront greffés car Dieu est capable de leur redonner leur place en les greffant » (Rm 11, 19-23). Dieu voudrait qu’ils viennent à résipiscence mais ils doivent avoir la foi en Christ. Son critère ne concerne pas un peuple, une race ou nation, mais une doctrine : « Le menteur n’est-il pas celui qui refuse que Jésus soit le Christ ? Celui-là est l’anti-Christ : il refuse à la fois le Père et le Fils » (1 Jn 2, 22). Personne qui nie le Christ Messie, Fils qui partage la même substance divine que le Père éternel, ne peut être sauvé. Mais nous espérons que les Juifs se convertissent et sortent de leur erreur. Ce serait même un signe du retour glorieux de Jésus (CEC 674). « C’est ainsi qu’Israël tout entier sera sauvé, comme dit l'Écriture : De Sion viendra le libérateur, il fera disparaître les impiétés du milieu de Jacob » (Rm 11, 26).
L’influence protestante pour judaïser sous couvert d’une religion mondiale ?
Ne retournons-nous pas à ce que critiquait saint Paul chez saint Pierrre, un catholicisme qui nous contraindrait à judaïser (quomodo gentes cogis judaizare ? Gal 2, 14). Saint Paul a passé sa vie à combattre ceux qui, à côté de la croix, voulaient maintenir une économie (voie de salut) parallèle. Pourquoi oublie-t-on ses avertissements ? « Moi, Paul, je vous le déclare : si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous sera plus d’aucun secours » (Ga 5, 2). Or, aux États-Unis, suite au tropisme protestant envers le judaïsme, 75% des garçons des non-juifs ni musulmans sont circoncis ! Le judaïsant ne nie pas le Christ, il lui met à ses côtés autre chose. La croix n’est plus leur unique espérance.
Les modes catholiques inspirées du protestantisme (adventisme, pentecôtisme), d’un retour à la loi juive sont incompréhensibles. La communauté des Béatitudes place l’héritage d’Israël au cœur même de son ‘charisme’ tout comme le chemin néo-catéchuménal célèbre la messe le samedi soir et a des yeshivot dans ses séminaires ! Pourquoi oublie-t-on le Père Ratisbonne qui fonda Notre-Dame de Sion pour prier pour la conversion de ses anciens coreligionnaires ? Ou du Père Liberman qui refonda les Spiritains que dirigea Mgr Lefebvre ? Voilà les vraies figures de sainteté mais leur cause n’avance pas car ce n’est plus politiquement correct ! Le Père Dehon devait être béatifié par Jean-Paul II en avril 2005 qui mourut entretemps. Benoît XVI a bloqué la béatification sous l’influence du cardinal Lustiger pour son prétendu antisémitisme. François voulut relancer la cause car il faut bien sûr contextualiser. Dom Guéranger parle aussi souvent du ‘peuple déicide’. L’expression malheureuse est contraire au catéchisme du concile de Trente (première partie, ch. 5, section 3 : « Et il faut le reconnaître, notre crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs. Car eux, au témoignage de l’Apôtre, s’ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne L’auraient jamais crucifié. Nous, au contraire, nous faisons profession de Le connaître. Et lorsque nous Le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains déicides ».
Une hérésie protestante de Darby et Scofield, le dispensationalisme, croyait à « une vision particulière des rôles et des destinées parallèles mais distinctes d’Israël et de l’Église [chrétienne] » et explique partiellement l’alignement des États-Unis sur Israël. Mais cela ne saurait être de foi catholique, sinon un fourre-tout mondial, le noachisme que le congrès américain l’a reconnu en 1991 (Public Law 102-14) comme fondement de la civilisation. En effet, suivant la tradition rabbinique, aux goyim (les païens dont nous serions) seraient simplement données les sept lois noahides, code moral minimum pour non-juifs, excluant toute prétention surnaturelle (Sanhedrin 56a). Cela nous donne une religion universelle sans Trinité, ni Incarnation, sans Croix, sans sacerdoce, sans Église, sans grâce et sans sacrement. Si la note (n. 53) écarte l’idée de fonder une religion mondiale, en disant que les religions seraient appelées à transformer le monde pour exprimer la fraternité voulue par Dieu, cela ne revient-il pas au même ? Un monothéisme générique, une morale commune, une fraternité sans le Fils de Dieu. L’Église ne peut pas proposer ce que la Synagogue réservait aux Gentils sans trahir sa mission.