16e Pentecôte (13/09 - s. Nom Marie suiv. S. Bernard

Homélie du 16e dimanche après la Pentecôte (13 septembre 2026)

Respice stellam, voca Mariam

Le saint Nom de Marie : ‘Regarde l’étoile, invoque Marie’

D’un sermon de saint Bernard, abbé de Clairvaux

(Super « Missus est » II,17; PL CLXXXIII,70-71)

« ‘Et le nom de la Vierge était Marie’. Disons aussi quelques mots sur ce nom qu’on dit signifier étoile de la mer, et qui convient si bien à la Vierge Mère. Elle est en effet comparée avec beaucoup d’à-propos à une étoile. Tout comme l’astre émet son rayon sans diminution, ainsi la Vierge met son Fils au monde sans altération. Ni le rayon n’amoindrit l’éclat de l’astre, ni le Fils l’intégrité de la Vierge. Oui, c’est elle, cette ‘noble étoile issue de Jacob’ dont le rayon éclaire le monde entier, dont la splendeur éclate jusque dans les cieux, pénètre les enfers, se répand jusque sur la terre, réchauffe les âmes plutôt que les corps, fait éclore les vertus, brûle les vices. Oui, c’est elle, cette étoile brillante et magnifique que rien n’empêche de s’élever au-dessus de ‘cette mer vaste et immense’, étincelante de mérites, éclairante en ses exemples.

O, qui que tu sois qui te vois, dans les fluctuations de ce monde, ballotté au milieu des bourrasques et des tempêtes plutôt que marcher sur la terre ferme, ne détourne pas les yeux de l’éclat de cet astre si tu ne veux pas être submergé par les flots. Si se lèvent les vents des tentations, si tu cours aux écueils des épreuves, regarde l’étoile, appelle Marie. Si tu es secoué par les vagues de l’orgueil, ou de l’ambition, ou de la détraction, ou de la jalousie, regarde l’étoile, appelle Marie. Si la colère, ou l’avarice, ou les attraits de la chair ébranlent la nacelle de ton âme, regarde vers Marie. Si, troublé par l’énormité de tes fautes, accablé par la souillure de ta conscience, épouvanté par l’horreur du jugement, tu commences à sombrer dans le gouffre de la tristesse, dans l’abîme du désespoir, pense à Marie. Dans les dangers, les angoisses, les doutes, pense à Marie, invoque Marie. Qu’elle ne quitte pas ta bouche, qu’elle ne quitte pas ton cœur.

Et pour obtenir le secours de ses prières, ne t’écarte pas de l’exemple de sa vie. En la suivant, impossible de t’égarer; en la priant, de te décourager; en pensant à elle, d’errer. Ta main dans la sienne, pas de chute ; sous sa protection, pas de crainte ; sous sa conduite, pas de fatigue ; avec son appui, tu touches au but. Et ainsi en toi-même tu expérimenteras comme est juste cette parole : ‘Et le nom de la Vierge était Marie’ ».

Au-delà de la dévotion personnelle à celle que le Christ nous a donnée comme mère céleste sur sa croix, à travers la figure du seul apôtre qui n’avait pas fui, saint Jean, la Mère de Dieu a aussi un rôle ecclésial de protectrice. La fête du saint nom de Marie fut inscrite au calendrier liturgique pour célébrer la grande victoire du Kahlenberg lorsque le roi de Pologne Jean III Sobieski sauva l’empire des Habsbourg en libérant Vienne du second siège des Turcs, le 12 septembre 1683. Plus que jamais, notre Occident a besoin de l’intercession de la Vierge Mère pour nous sauver de l’invasion musulmane.

Date de dernière mise à jour : 27/09/2026